samedi, 12 avril 2008

Coucher de soleil et instants de grâce.

Une odeur d'automne. Les journées raccourcissent, la fraîcheur s'installe aussitôt que le soleil fléchit, et le temps s'étire comme pour repousser l'hiver inexorable. Je suis rentrée mardi, et le tourbillon de la multitude de tâches à effectuer m'emporte encore. Je quitte Nelson le 25 avril, et la suite des aventures est complètement incertaine. Je ne sais pas encore quand je rentre en France (je n'ai pas encore changé mon billet d'avion), je ne sais pas si je vais en Australie une semaine, je ne sais pas où je dors à Paris. Je ne sais pas où je vais travailler cet été. France, Espagne, Irlande ? Je ne sais pas, je ne sais pas. Je ne sais pas.

En fait, je repousse toutes ces décisions parce que je ne veux pas partir d'ici. Je m'en suis rendue compte avec une acuité cruelle lorsque j'ai posé le pied à l'aéroport d'Auckland. J'ai eu le sentiment de rentrer à la maison. Home sweet home. Un peu amère comme impression lorsqu'on sait que je n'ai que plus que deux semaines à faire ici, non ?

Je ne veux pas partir, parce que je me sens bien en Nouvelle-Zélande. Je l'ai parcouru en long, en large et en travers, et pourtant je sais qu'il me reste énormément d'endroits à découvrir, et de surprises à expérimenter. Je ne veux pas partir, parce que la Nouvelle-Zélande me convient mieux que la France. Je ne peux pas trop expliquer pourquoi, c'est une conviction viscérale et pas forcément raisonnée. Mais je dois partir, non seulement parce que mes études ne sont pas finies et que je ne suis pas ahurie au point de sacrifier tous mes efforts sur l'autel du merveilleux, mais également pour une autre raison fondamentale. Je sais que si je trouve le moyen de m'installer en Nouvelle-Zélande, je n'en partirais plus. Ce qui serait bien dommage, vous en conviendrez. Il y a tellement de choses à découvrir dans le monde.

Quoiqu'il en soit, je contemple le soleil couchant avec un désarroi mi-résigné mi-révolté. Je suis partagée entre l'excitation d'un nouveau départ, encore, et la tristesse véritablement douloureuse de partir. Parfois je me demande si je pourrais revenir un jour. Et si la vie en décidait autrement ? Et s'il m'arrivait un malheur quelconque ? Et si je ne trouvais jamais l'opportunité professionnelle pour être acceptée comme résidente ? L'immigration en Nouvelle-Zélande n'est pas chose facile. Mais je ne parviens pas (plus) à concevoir ma vie sans remettre les pieds ici.

Vaines élucubrations. J'ai fait mon choix, je tiens à rentrer à Toulouse pour obtenir mon diplôme. Le reste appartient à la nébuleuse de l'avenir. Seulement je sais qu'une partie de moi va rester ancrée en Aotearoa. C'est marrant : en général, on tombe amoureuse d'un homme, pas d'un pays.

Il est néanmoins temps que je me réveille. D'incertitude en regret je laisse filer les jours, alors qu'il me faut préparer la suite de ma vie. Tout ne tombe pas cuit dans l'assiette, malheureusement. Mais pour l'instant, je perpétue l'illusion, je fais un câlin au chat et je travaille comme si rien n'allait changer. Cela ne durera pas. Je ne m'accorde un répit que jusqu'à lundi. Les rêves, c'est bien, mais la réalité, c'est mieux.

Le point positif dans toute cette affaire, c'est que j'ai désormais un but dans la vie : m'installer en Nouvelle-Zélande, dans dix, quinze, vingt ans. C'est un objectif plaisant, non ? J'obtiendrai de beaux diplômes et je rassemblerai un capital conséquent, suffisant en tout cas pour que les services de l'immigration m'accueillent les bras grands ouverts. D'ici là, ça me laisse une bonne marge pour aller mettre mon nez ailleurs.

Post Scriptouille : le compte-rendu de mes aventures en Nouvelle-Calédonie est en cours de réalisation. Vous l'aurez incessament sous peu (dès que j'aurais deux minutes).
 
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Ce que l'on peut voir depuis la route de Tahunanui, tout près du centre-ville de Nelson.
Autrement plus seyant que les barreaux aux fenêtres d'une école lugubre.
Cela réconcilie avec le Monde, je trouve.  
 

dimanche, 02 mars 2008

Le trajet jusqu'à Westport - dernier jour

La pluie cesse durant la nuit, mais quelques gouttes commencent à tomber sur le pare-brise de Titine au moment même où nous posons nos fesses dans la voiture. Foutue West Coast. Nous quittons Fox Glacier sans regret, si ce n'est celui de n'avoir pu profiter des splendides walks de la région. Aujourd'hui est notre dernier jour de voyage proprement dit avant le retour à Nelson. Notre destination est Westport, un bled que m'avait vivement déconseillé Antoine, un Français qui fait le tour du pays dans son campervan. Je veux bien le croire, mais la route Fox Glacier - Nelson est trop longue pour être faite en une journée. Westport est une bonne étape pour dormir, et nous prévoyons de prendre notre temps sur la route pour arriver dans la soirée à Westport.

La pluie devient drue et incessante peu de temps après notre départ de Fox Glacier. Nous cheminons en silence, ma mère désespérée par la pluie qui n'arrête pas de tomber, et moi le regard rivé droit devant, tentant difficilement de deviner la route en lacets à travers les trombes d'eau. Le paysage autour de nous est une sorte de jungle montagneuse, avec d'épaisses fougères arborescentes (omniprésentes tout le long de la West Coast) et des grands arbres touffus qui s'accrochent aux falaises. La brume pèse sur les frondaisons, nous empêchant d'y voir grand chose.

Notre réservoir est bien près d'être vide, mais je roule sans m'arrêter jusqu'à Hokitika, car toutes les stations précédentes sont à ciel ouvert, et je n'ai aucune envie de me tremper jusqu'aux os pour remettre de l'essence. De plus cette pluie intense me rend grognon, et je désire par-dessus tout m'en échapper. J'ai une petite pensée émue pour tous les cyclistes de l'extrême qui peinent en ce moment sur les routes néo-zélandaises humides. On en croise beaucoup sur les routes mêmes montagneuses, à ahaner sur leur vélo lourdement chargé. Ce pays attire vraiment les doux foldingues du monde entier.

Il est presque midi, mais je ne m'arrête pas à Hokitika pour manger. Il pleut toujours, et ça m'énerve. Et la ville en elle-même ne m'inspire pas plus que ça. Je décide de pousser jusqu'à Greymouth, trente kilomètres plus loin. La pluie s'arrête et je me gare avec soulagement, dans la seule rue un peu animée de la ville en ce dimanche pluvieux. Nous mangeons rapidement, et allons nous promener sur la digue.
 
 
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L'une des rues principales de Greymouth, un dimanche midi. Le retour à Paris et aux embouteillages risque d'être violent. 
 
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Une fresque sympathique sur le papelard local. 
 
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Il ne manque plus qu'une brume lourde pour que la ville ait un petit air de Silent Hill... 
 
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Au royaume de la ferraille, la rouille est reine.  
 
Puis nous tentons un détour par Shantytown, une ancienne ville minière réhabilitée pour les touristes, mais le nombre de voitures garées sur le parking, et la nécessité de payer quinze dollars avant d'entrer, me démotivent. On dirait un parc d'attraction, et je déteste ça. Aucune envie de déambuler, l'appareil photo à la main, dans des rues faussement d'origine au milieu d'autres touristes ébaubis, même pour vivre l'espace d'un instant "le mode de vie pionnier". Les mines, je connais, il y en avait une dans la région où je suis née.

Nous repartons donc vers d'autres cieux, fuyant la pluie qui recommence à tomber. On dirait qu'elle nous rattrape à chaque fois que nous nous arrêtons un peu trop longtemps. Le climat devient dramatiquement changeant et bordélique : la pluie tombe à grosses gouttes sur mon pare-brise sous un soleil éclatant qui m'éblouit. Le vent souffle à grandes bourrasques qui font vaciller la voiture sur la route étroite et sinueuse qui longe la côte. Parfois la pluie se met à tomber avec une violence qui m'oblige à rouler au radar sur une route devenue invisible. Puis deux minutes plus tard, le soleil fait son apparition, et les nuages sont dispersés avec une rapidité surprenante. Et ainsi de suite pendant tout le trajet. La West Coast est la région la moins peuplée du pays, et on comprend pourquoi. En hiver, il n'est pas rare que les routes soient coupées à cause de la neige. Et le reste de l'année, il pleut énormément : 170 jours de pluie à Fox Glacier, par exemple.
 
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Notre arrêt suivant est Punakaiki, une ville de... vingt-six habitants. En réalité, il s'agit simplement de la porte d'accès au Paparoa National Park, célèbre pour ses Pancakes Rocks, une curiosité géologique. Nous empruntons sous la pluie un petit circuit très touristique qui permet de les admirer. Il y a foule, ça m'énerve, et j'arpente le circuit au pas de course. Les Pancakes Rocks sont des blocs rocheux érodés par la mer, qui présentent la particularité d'être formés de strates fines et régulières. Nul ne sait comment ces strates ont pu se former à cet endroit. Une autre spécificité est le Blowhole (Docteur Dreuf, retiens-toi s'il te plaît), un grand trou dans les Pancakes Rocks où les vagues s'engouffrent violemment, jaillissant contre la falaise. Nous bénéficions de la première éclaircie de la journée pendant notre promenade, ce qui permet quelques jolies photos.
 
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Les Pancakes Rocks.
La particularité géologique est cet empilement de strates régulières et très fines, que vous pouvez observer sur la photo suivante.
 
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Instant comique : une brave dame se débat de longues minutes durant avec la capote en plastique qui lui sert de protection anti-pluie (en vain, visiblement). Je me marre plus ou moins ouvertement, et pique un bon fou rire pendant tout le circuit, d'autant plus que ce couple de vieux avance au même rythme que nous. J'adopte également la quiche attitude, qui consiste à faire remarquer très peu discrètement à ma mère les déboires de ma voisine, lorsque celle-ci se met à parler en français à son mari. Je ne sais toujours pas si elle m'a entendue.
 
 
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Quelques mètres plus loin, le mari subit à son tour les facéties du plastique-c'est-fantastique. Contrairement à sa femme qui a opté pour la manière énergique (moulinets de bras et lutte au corps-à-corps avec l'objet séditieux jusqu'à soumission dudit objet), le mari préfère conserver sa nonchalante dignité et faire comme si un plastique transparent merdique ne lui couvrait pas le visage, et donc, la vue sur les Pancakes Rocks.
Pendant ce temps, je pouffe comme une truie.  
 
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 Splich. 
 
 
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Un(e) inconnu(e) s'est amusé(e) à tresser une longue feuille de flax. Le flax est une plante endémique qui pousse un peu partout de manière anarchique en buissons bordéliques pouvant atteindre un à deux mètres de hauteur.


La pluie se remet à tomber, plus forte que jamais, juste au moment où nous rejoignons la voiture. Jusqu'à maintenant, nous avons été plutôt chanceuses. Nous renonçons à arpenter les quelques tracks de la région, qui doivent être complètement spongieux avec la pluie de ces derniers jours. Je me dirige tout droit vers le Cape Foulwind Seal Colony, à quelques kilomètres de Westport.
 
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Certaines personnes espèrent encore croiser le chemin d'un pingouin géant (plus d'un mètre cinquante de haut). C'est le yéti local. L'ennui, c'est que la bestiole a disparu depuis des millions d'années.
 
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Le panneau indique la présence de weka, un oiseau sans aile. Il existe en Kiwiland beaucoup d'espèces d'oiseaux ne pouvant pas voler (le plus connu étant le kiwi). Leur absence d'ailes résulte de l'inexistence de prédateurs. Ils ont développé en compensation des longues et puissantes papattes leur permettant de courir vite et bien.
J'ai effectivement croisé un weka quelque mètres plus loin. 
 
 
Une colonie de phoques y est observable depuis la falaise. Moins dérangés par l'homme que ceux de Kaikoura, les phoques sont plus dynamiques. On peut même voir plusieurs petits qui jouent ensemble et pataugent dans l'eau. La pluie cesse au moment même où je gare le voiture sur le parking, et le soleil fait une apparition miraculeuse tandis que nous observons les phoques.
 
 
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Les phoques sont difficile à distinguer. Ils font ton sur ton sur les rochers. Dès que je peux, je mets une vidéo en ligne pour que vous ayez le son et lumière en sus. 
 
En quelques minutes, les nuages lourds sont repoussés au loin, laissant apparaître le bleu du ciel. La côte est vraiment magnifique, avec les vagues qui viennent frapper les récifs et le soleil qui illumine la surface et fait miroiter les nuages (je sais, d'habitude on dit l'inverse, mais je fais ce que je veux). Enthousiaste, je motive ma mère à poursuivre la promenade le long de la côte, pour profiter de cet endroit si peu fréquenté, et pourtant tellement magnifique. Au loin se profile un phare blanc, et la végétation rase de cette hauteur ventée confère au paysage un petit air de Bretagne (que je n'ai jamais vu de ma vie, je précise - mais si la ressemblance est réelle, j'espère me faire inviter par un certain photographe de ma connaissance).
 
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Tapie dans les fourrés, tel le lion chassant la frêle gazelle le tigre de salon cherchant un coin tranquille pour digérer son Whiskas. 
 
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La Bretagne telle que je l'imagine. Me trompé-je ? (On distingue le phare au fond).  
 
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Ciel ! Mon mari Que c'est beau !   
 
 
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Méga splouch !  
 
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Madame Mouette à l'aile ébouriffée,
Sur son toit solidement perchée,
Surveillait une touriste attablée. 


Nous passons trois quarts d'heure délicieux à contempler le ressac de la mer Tasman contre la falaise, puis nous rentrons avant que le temps ne change encore. Et effectivement, le soleil se cache derrière de gros nuages alors que nous empruntons le chemin du retour. L'esprit de la Nouvelle-Zélande est avec nous aujourd'hui, nous offrant quelques beaux moments d'éclaircies lorsque nous en avons besoin, et nous replongeant sous la pluie tandis que nous roulons.
 
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Quand je vous dis qu'ils adorent ce genre de panneaux... 
 
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La découpe lumineuse d'un nuage, image que j'ai trouvée très poétique.  
Nous étions en train de rouler sur un chemin de terre battue lorsque j'ai aperçu cette illumination éphémère. Ni une ni deux je freine, et tente de photographier sans bouger de ma voiture (feignasserie oblige), mais "maman pousse-toi ta tête est au milieu".
Je suis très agréable à vivre, aimable au quotidien, tout ça, faut pas croire. 


Il est presque sept heures, il est temps de rejoindre Westport, à une douzaine de kilomètres de là. Je suis soulagée de n'être pas arrivée plus tôt, parce que Westport est effectivement une ville fantôme qui donne envie de fuir, surtout en ce dimanche merdique. C'est avec surprise que je capte pour la première fois du voyage une radio country. Pas un rat dans les rues (hormis un cow-boy cradeux - d'où la musique country sans doute), pas un restaurant d'ouvert, seul le New World nous sauve du désespoir. Nous achetons de quoi nous sustenter ce soir, et retournons nous réfugier dare-dare dans le petit chalet humide qui nous abritera ce soir. La pluie ne tarde pas à reprendre, peu après notre arrivée au motel. Nous ne ressortirons pas ce soir.

Notre motel comprend un ensemble de petits chalets de bois, et c'est bien marrant quand il pleut parce que les douches et toilettes sont dans un autre bâtiment. La pluie tombe toute la soirée. C'est un plaisir unique d'enfiler son manteau à capuche (celui-là même qui donne un air d'ovule périmé lorsqu'on serre les ficelles de la capuche) pour aller se brosser les dents. Sur le chemin, je croise une énorme araignée noire et grasse ; je glapis et disparais aussitôt dans le bâtiment commun. Notre chalet de deux mètres carrés, sûrement construit en contreplaqué vu l'épaisseur du bois, laisse complètement pénétrer l'humidité qui coule littéralement contre la vitre. Même les draps sont poites et moisseux. Vu les circonstances, nous nous dépêchons le lendemain matin de quitter ces marécages pour reprendre la route. La route jusqu'à Nelson passe rapidement. Je mets trois heures et quart pour arriver à bon port, malgré la pluie, alors que les guides indiquent une durée de quatre heures. Je ne comprends pas, je n'ai pas (trop) dépassé les limites autorisées. Mais ce n'est pas plus mal, car nous avons ainsi le temps de déposer nos affaires, de déjeuner puis d'aller à Nelson tranquillement pour rendre la voiture. Après plus de 2600 kilomètres, je retrouve mon statut de piéton avec un certain pincement au coeur. Non pas que je n'aime pas marcher, mais conduire reste un plaisir sans égal.

Nous rentrons chez Sylvie en bus, ma mère et moi, après quelques achats de dernière minute dans le centre-ville. Ma mère reprend l'avion le lendemain matin, et s'illustre à la douane en tentant (involontairement) de faire passer une bouteille de vin dans son bagage à main. La quiche attitude est sans doute une caractéristique héréditaire.

samedi, 01 mars 2008

Fox Glacier, deuxième jour

Hier, je concluais ma note en espérant que le ciel serait clément. J'aurais mieux fait de me taire, car des trombes d'eau s'abattent sur nous sans trève depuis le milieu de la nuit. A l'heure où je vous écris, il n'est que quatre heures de l'après-midi, mais je ne pense pas trop m'avancer en disant que je ne ferai rien de plus d'ici ce soir. C'est dommage, car nous comptions visiter Franz Josef Glacier, le village d'à-côté situé lui aussi près d'un glacier. Franz Josef est un peu plus touristique que Fox Glacier, c'est pourquoi j'ai préféré venir à Fox Glacier. Evidemment, c'est le jour où il pleut des chiens et des chats que nous sommes coincées dans un coin qui ne propose que des activités d'extérieur. Par exemple, j'aurais bien aimé faire un petit horse trek cet après-midi. A la place, nous sommes réfugiées dans notre chambre, à lire National Geographic et The Guardian. Je vais également trier mes photos, ça sera fait au moins.

Donc voilà, aucune photo à vous montrer, et rien à vous raconter, si ce n'est une tentative courageuse de conduite jusqu'à Franz Josef, à travers des torrents d'eau et sur une route étroite et sinueuse. Nous n'avons pas vu grand chose du paysage qui doit être assez beau, à cause d'une brume épaisse qui repose sur la forêt et les montagnes. Cependant, la vue sur la rivière tourbillonnante et tumultueuse est assez impressionnante. Son lit est large (probablement le lit du glacier à l'époque), mais la rivière n'occupe qu'un tiers du passage en temps normal. Aujourd'hui, elle a au moins doublé de volume. Les cascades déversent leurs flots à qui mieux mieux, parfois jusqu'à la route, qui est heureusement bien entretenue et bordée de canaux de déversement.
 
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Une carte d'une grande utilité (j'aime les gadgets). Faut dire qu'il y a tellement de routes, on s'y perd. 


La Nouvelle-Zélande est ainsi, belle et accueillante mais également sauvage et imprévisible. Le climat est changeant et il ne faut jamais oublier qu'un éboulement, une inondation, ou un quelconque évènement naturel sont toujours possibles, notamment dans les coins moins domestiqués de l'île du Sud. Et la pluie peut être aussi violente que le soleil est dangereux, depuis ce bout du monde où la couche d'ozone est réduite. On aime ou on déteste, mais dans ces cas-là il n'y a rien d'autre à faire que regarder la pluie tomber.
Ce samedi est peut-être le seul jour depuis un bon moment où je ne cours pas après le temps qui file.
Et c'est un moment précieux, malgré les apparences.

vendredi, 29 février 2008

Fox Glacier, premier jour

Nous quittons Wanaka sous une fine pluie continue qui ne nous lâchera pas de tout le trajet. Avant de partir, nous faisons un détour rapide par l'office de tourisme pour réserver nos trois dernières nuits : deux nuits à Fox Glacier, une autre à Westport. C'est une bonne chose de faite. La route jusqu'à Fox Glacier est longue, mais nous partons un peu après dix heures du matin, ce qui est amplement suffisant pour arriver pas trop tard. Du coup, je ne me presse pas, ce qui n'est pas plus mal au vu de la pluie incessante qui rend la chaussée glissante. Nous nous enfonçons rapidement dans la forêt du Mount Aspiring National Park, le troisième du pays en terme de taille. J'ai envie de m'arrêter à chaque instant pour profiter d'un paysage aussi extraordinaire, mais la pluie et le froid sont là, et je sais que le manque de lumière ne donnerait que des photos merdiques. Tant pis, nous profitons de la vue depuis l'abri de notre voiture.
 
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Fox Glacier n'apparaît sur la carte, tellement c'est petit. La ville de Franz Josef est à une vingtaine de kilomètres. 


La traversée du parc dure deux bonnes heures, mais c'est un enchantement à chaque instant. La forêt sombre et épaisse qui encercle la route est composée de grands arbres noueux et moussus. Le sous-bois est touffu, entremêlé de fougères arborescentes de toutes tailles.Tout autour se profile les montagnes, qui s'amusent à coincer les nuages à leur sommet. Des chapes de brume s'effilochent sur leurs flancs, comme des langues de brouillard léchant les pentes boisées. Le ciel est bas et la pluie continue, plongeant la forêt dans un silence que seul rompt le cri strident d'un oiseau. On dirait une sorte de forêt de Fangorn, aussi vénérable et mystérieuse que son alter ego tolkiennien. Une multitude de cascades dégringole le long des montagnes, complétant cet extraordinaire tableau.

Je regrette vraiment de ne pouvoir profiter de cette forêt exceptionnelle à cause de la pluie. Nous ne sommes pas équipées pour randonner, et les petits sentiers mouillés et glissants ne feraient pas bon ménage avec nos baskets de citadines. Une nouvelle fois, tant pis. A part ça, tout à mon observation du paysage, je racle un peu les bords du virage, les roues dans le gravier. Curiosité et conduite ne sont pas un bon mélange. Rien de bien grave cela dit, mais ma mère a eu bien peur.

La forêt s'éclaircit, annonçant l'approche de la côte Ouest et de notre étape-déjeuner. Nous nous arrêtons en effet à Haast, bourgade de trois cents habitants, dans l'un des deux petits restaurants routiers du bled. La bouffe n'est pas terrible mais reste mangeable. La pluie ne s'est toujours pas arrêtée, et nous ne traînons pas longtemps dans Haast. La route serpente désormais le long de la West Coast, nous permettant de découvrir la mer de Tasmanie. La mer est agitée, me donnant l'occasion de prendre quelques jolies photos malgré le ciel gris. Je ne multiplie pas les arrêts, à cause des cars entiers de touristes et des campervans qui squattent la route et le moindre lookout disponible. C'est pas que je supporte pas la foule, mais presque. En plus nous ne croisons quasiment que des vieux. Des vieux en couple, des vieux en groupe, des vieux par cars entiers.
 
 
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Nous recevons la compagnie d'une vieille amie que ma mère découvre avec horreur : la sandfly. C'est une espèce de toute petite mouche qui se faufile partout. La femelle a besoin de sang humain pour pondre ses oeufs, et les piqûres démangent pendant plusieurs jours, voire des semaines si on n'y prend pas garde. J'y avais déjà eu affaire à Nelson, mais sur la West Coast, la sandfly est omniprésente. A peine nous ouvrons la fenêtre de la voiture pour regarder les vagues qu'elles s'engouffrent par dizaines dans l'habitacle. Je ne m'en sors pas trop mal avec une piqûre, mais ma mère se fait dévorer. Hé oui, la Nouvelle-Zélande, c'est aussi des bestioles pas toujours amicales.

La route entre Haast et Fox Glacier est agréable aussi, mais moins impressionnante que la première partie du trajet. Je commence à fatiguer un peu, d'autant plus que la pluie est incessante, mais nous atteignons enfin Fox Glacier à trois heures de l'après-midi. Nous nous dirigeons aussitôt vers l'hôtel que nous avons réservé, bien moins cher et luxueux que le précédent. Mais l'important est d'avoir un lit où se pieuter, pas de pouvoir se contempler dans un miroir aussi grand que le lit. Le check-in est rapide, et nous déchargeons nos affaires. Nous ne traînons pas, sous peine de subir un gros coup de barre, comme après chaque long trajet en voiture. Nous allons directement voir l'attraction principale de la région (laquelle est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO) : le glacier. Il descend près de 2100 mètres le long de la montagne, jusqu'à 200 mètres au-dessus du niveau de la mer. Contrairement aux glaciers alpins, celui de Fox Glacier est très pur, d'une blancheur incandescente vu du dessus (naturellement, les couches inférieures du glacier, celles qui sont visibles depuis le sol, sont plus grises parce qu'elles charrient des roches et des cailloux). L'autre particularité du Fox Glacier est sa vitesse : il avance d'un mètre à un mètre cinquante chaque jour, ce qui est énorme.

Le soleil fait preuve de générosité en décidant de surgir d'entre les nuages au moment où nous approchons du glacier. En un quart d'heure, le ciel est entièrement dégagé.
 
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Les petits points oranges et noirs sont des gens; c'est juste pour que vous vous rendiez compte de la hauteur de l'à-pic du glacier.
 
 
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Vue sur le parking et la fuite des nuages. 


L'accès au glacier n'est pas si aisé, car il faut franchir deux torrents à gué. Rien de bien difficile cependant une fois que l'on a trouvé le chemin le plus sécuritaire. Comme à mon habitude charitable et serviable (le premier qui rigole, je le mords), je tends la main à ma mère pour l'aider à traverser, et cette traîtresse trouve le moyen de sauter sur mon pied à l'arrivée, m'arrachant un cri qui a dû faire avancer le glacier d'un mètre supplémentaire. Aïe.

Fuyant les cars de japonais qui se déversent sur le glacier, nous nous réfugions sur un petit track en pleine forêt, le Minnehaha walk. Je suis contente, c'est comme un ersatz plutôt bien imité de la grande forêt du Mount Aspiring National Park.
 
 
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Je vous ai déjà dit que j'adore les forêts, en plus des océans ?  
  
Puis nous nous rendons sur les bords du Lake Matheson, où soit-disant le Mount Tasman et le Mount Cook se reflètent quand le soleil brille. Malheureusement, à cette heure tardive, le soleil a de nouveau cédé face aux nuages, et nous ne distinguons pas grand chose.
 
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Un aperçu de l'hiver en plein été. Cette photo gagne à être vue en grande taille, dommage. 
 
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Des milliers de gros cocons s'accrochent aux branches épineuses des buissons, tout le long du chemin menant au lac. J'aime la complexité unique de ces constructions animales.


Assez crevées (nous en sommes bientôt à 2000 kilomètres dans les pattes), nous rentrons à l'hôtel. Avec un peu de chance, demain, il fera beau.

jeudi, 28 février 2008

Wanaka, deuxième jour

Gros coup de mou généralisé en ce jeudi ensoleillé et venteux. Mal de dos et fatigue pour ma mère, baisse de moral de mon côté. Nous traînons jusqu'à midi dans l'hôtel, partons nous promener le long du lac tant que le soleil est encore là, puis nous rentrons après quatre courses au New World. Apparemment je dois avoir l'air d'être chez moi dans les rayons du supermarché, car une kiwi me demande si le petit pain que je m'apprête à glisser dans un sac plastique est bon, et si son goût est doux (la question paraît d'importance pour elle). Elle semble à la fois surprise par mon accent d'étrangère et déçue que je ne puisse pas lui répondre, vu que je goûte ce pain pour la première fois. Cela dit, le test est concluant, le pain est très bon et fond sur la langue.

A part ça, rien de spécial à raconter, si ce n'est que le lac Wanaka est vraiment d'une beauté exceptionnelle. Je vous laisse profiter des photos.
 
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mercredi, 27 février 2008

Wanaka, premier jour

Aujourd'hui encore nous nous réveillons de bonne heure, même si je traîne une heure avant de m'arracher du lit. Je sais, je sais, c'est pathétique, mais c'est comme ça. J'ai un amour immodéré pour la position allongée dans un lit frais. Enfin bref. Nous rangeons nos affaires dans Titine sous une petite pluie battante. Invercargill n'est pas à proprement parler le lieu idéal pour bronzer. Je suis contente d'avoir pu profiter d'un temps clément la veille pour notre promenade à Bluff, même si du coup je n'ai pas l'occasion de prendre des photos d'Invercargill. Tant pis. Après un café latte que j'ai du mal à commander vu que mon accent doit être particulièrement déplorable en ce matin pluvieux (y'a des jours comme ça, où je suis infichue de prononcer trois mots. C'est énervant ! ), nous reprenons la route.

J'aime le moment où je prends le volant pour la première fois de la journée, cet instant où je vais découvrir une route encore inconnue. C'est un instant qui m'énergise, je ne sais pas pourquoi. J'ai l'impression dans ces moments-là que rien ne pourrait ébranler ma curiosité et mon assurance. Enfin bon, ce sentiment s'évanouit vite après trois heures de route, lorsque je n'ai qu'une envie, garer cette putain de bagnole et sortir prendre l'air. Parce que les voitures automatiques, c'est bien pratique (comme les antibiotiques, ahah, hem), mais ce n'est pas très subtil (à l'instar de mon humour). Parfois, lors d'une montée un peu raide, la voiture ne cesse de sauter entre deux vitesses, et donc d'accélérer et de décélérer sans que je le lui demande. Et c'est particulièrement pénible.
 
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Le tour complet de l'île est impossible, pour la simple raison qu'un parc national immense, le Fiordland, occupe toute la partie de l'extrême sud-ouest. De plus, la route menant à Milford Sound ne continue pas plus loin, à cause d'un autre parc national. Le seul moyen de remonter est donc de passer par Queenstown. 


Quoiqu'il en soit, nous démarrons sous la pluie. La route est sans grand intérêt, surtout sous ce plafond de nuages bas qui obscurcit tout, et le trajet passe rapidement. Nous prévoyons un arrêt déjeuner à Queenstown, LA ville du sport extrême en Nouvelle-Zélande. Queenstown est une ville de montagne, avec des chalets juchés sur les flancs à mi-hauteur. C'est une ville très touristique, et nous préférons nous rendre à Wanaka, quelques kilomètres plus loin. Mais pour l'instant, nous sommes toujours sur la route, et la pluie diminue enfin. La route s'étire entre deux rangées de montagnes, les nuages s'accrochent à flanc de montagne, et autour de nous s'étale une pampa à peine défrichée, où paissent parfois des troupeaux énormes de moutons. C'est une région rude et peu peuplée, où le soleil ne doit pas percer souvent.
 
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On the road again. Before Queenstown. 
 
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Le lac Wakatipu. 


Puis nous atteignons l'immense lac Wakatipu, près de Queenstown, qui signe notre retour dans la région de l'Otago. La vue est magnifique depuis la route qui surplombe la côte. Les nuages laissent passer quelques furtifs rayons de soleil, et la nature sauvage est absolument superbe. Je m'arrête deux ou trois fois pour faire des photos, puis nous nous engouffrons dans Queenstown. La ville ne faillit pas à sa réputation : les touristes sont nombreux, les voitures bouchonnent, et je tourne un peu avant de trouver une place, bien située et gratuite. C'est déjà ça de gagné. Il est midi, l'heure de passer à table. Nous errons un peu dans les rues principales, ça papillonne de partout. Tout ce monde me fatigue déjà. Nous récupérons une brochure sur les restaurants de la ville, et je me plante en lisant le plan, nous conduisant à l'opposé de là où je voulais aller. Finalement, nous trouvons le restaurant que j'avais repéré, très sympathique.
 
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Les rues centrales de Queenstown. 
 
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Tout seul dans le ciel uniforme. 
 

Je ne sais pas pourquoi, je suis prise d'une frénésie compulsive de consommation, moi qui n'achète jamais rien d'habitude. Me voilà en train de faire chauffer la carte bleue pour deux shorts et une robe-tunique. On va dire que c'est pour m'harmoniser à la population kiwi, vu que les filles ne portent que des robes et des shorts. Ahem. Je m'arrache en courant aux rayons de prêt-à-porter pour éviter le massacre de mon compte en banque, et nous retournons à la voiture sous une petite bruine. Pressées que nous sommes d'arriver à Wanaka, nous omettons de remettre de l'essence. Sauf que le plein approche de sa fin, et que la prochaine station est à soixante-dix bons kilomètres, dont une bonne vingtaine se fait en grimpant la montagne. J'essaie de dégoter une station dans la petite ville voisine, Arrowtown (au demeurant très jolie, avec une rue centrale dans le plus pur style pionnier), mais ils ne proposent que le GPL. Argh. Je suis obligée de retourner à Queenstown pour faire le plein. Au total, une heure et demie de perdue.
 
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Un troupeau de Japonais chevauchant un turbo jet, sur une rivière mignonne après Queenstown. Ils avaient l'air super content.


Le plein est fait, et nous repartons dans le bon sens. Nous repassons Arrowtown et entamons la grimpette jusqu'à Cardrona, une toute petite ville qui a des airs fantômes. J'ai très envie de faire pipi, mais impossible de s'arrêter nulle part sur cette terre sèche aux herbes rases et bordée de clôtures. Faudrait pas qu'un paysan mal embouché me colle une fourche dans le fondement alors que je suis en train d'irriguer sa terre. Je dois me retenir jusqu'à Wanaka, et c'est une torture. Sachez-le. Bref. La route vers Wanaka est belle également dans le genre rustique, notamment le point de vue depuis la route qui monte le long de la montagne.
 
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Panorama depuis la montagne. 


Wanaka se profile enfin devant nous. Il fait nuageux mais il ne pleut pas, c'est le principal. Wanaka est une très jolie petite ville au bord du lac éponyme. Elle propose comme Queenstown beaucoup d'activités "extrêmes", notamment des sauts en chute libre, des promenades en hélico avec lâcher sur le glacier, etc. Mais contrairement à sa grande voisine, Wanaka a su se protéger du tourisme de masse. Aucune foule ici, l'office de tourisme n'est pas pris d'assaut et il est facile de se garer où on veut.

Nous tentons dans un premier temps de trouver une chambre dans un backpackers, mais tout est plein. La demande supplante largement l'offre en pleine saison touristique. A l'office, nous apprenons que la côte ouest est prise d'assaut, et on nous conseille de réserver dès demain pour les nuits prochaines. Pour ce soir et demain soir, nous n'avons pas d'autre choix que d'accepter une chambre de motel à 130 dollars néo-zélandais. C'est un peu cher, mais tant pis, au moins nous dormirons dans le luxe et la volupté, ce qui est toujours mieux que dans le froid et l'humidité du bord du lac. La chambre est en effet super belle, design et confortable. J'ai même un grand lit pour moi toute seule, et la baie vitrée fait tout le mur du fond.

Après nous être extasiées, je presse ma mère pour retourner sur les bords du lac. J'ai envie de me promener un peu avant la nuit. La lumière du soleil couchant est magnifique à travers les nuages, je mitraille le lac de photos. Nous allons jusqu'à la marina de la ville, où je fais copain-copain avec une bande de canards locaux. Les mouettes me manquent, il faut bien que je trouve une compensation. Le vent s'engouffre entre les montagnes et vient frapper la ville de plein fouet, mais l'air est frais et pur, c'est agréable. Ca me change de la pollution toulousaine.
 
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Une rafale immortalisée. 
 
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 J'aime bien tenter des photos "risquées", à la nuit tombante ou avec un soleil mal placé. Parfois, les réglages automatiques de mon compact donnent des résultats intéressants. Sur-contrastés, mais intéressants.
 
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Deux couillons qui se sont dit qui c'était une chouette idée d'aller se peler les miches le soir, dans une eau à trois degrés et sous des rafales à 100 km/h. Notez leur élégance naturelle.
 
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 Vue sur Wanaka depuis la marina toute proche. 
 
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La marina en question. 
 
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Les petits points noirs sur l'eau sont des oiseaux noirs qui flottent dans une immobilité absolue.
 
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Coin-coin ! Le bout d'aile bleu que vous apercevez sur ce spécimen canardien prouve son appartenance à une espèce endémique. 


Nous retournons en ville pour dénicher un restaurant. Ce soir, c'est restaurant italien, et penne aux fruits de la mer pour moi, tandis que ma mère opte pour le saumon aux fines herbes. Miam. C'est journée grand luxe ! Lorsque nous sortons, le vent est tombé et l'air est doux, nous en profitons pour promener un peu de nuit. Wanaka est calme en ce mercredi soir, seuls quelques bars attirent les noctambules (je précise qu'il n'est que 21h... Les kiwis sont des couche-tôt en semaine). Nous croisons le chemin de trois gugus en train de se péter la tronche à grand renfort de joints. L'un d'eux, une tronche de con déjà bien attaqué, m'appelle "sweetheart" et me baragouine quelque chose que je comprends être une invitation à partager le joint. Je m'échappe en répondant un "No thanx" rapide, et il me demande si je suis sûre. Ben tiens, mon coco, un peu que je suis sûre. Les kiwis sont des braves gars en général, tellement prudes qu'ils sont pas fichus de soutenir le regard d'une fille plus de deux secondes, mais ils perdent tout inhibition dès qu'ils sont bourrés ou shootés.

Après toutes ces émotions, et après avoir tenté en vain de trouver le cinéma local pour me renseigner sur les horaires, nous rentrons dans notre chambre toute de luxe et de volupté, parce que hein, fait sommeil quand même.
 
 
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Autoportrait en ombre majeur, depuis le ponton où je me suis installée pour observer la marina et les canards. 

mardi, 26 février 2008

Invercargill

Nous nous réveillons sans trop d'appétit, et nous préparons en silence. Vu que nous zappons le petit-déjeuner, le départ est lancé pour 9h30, ce qui est bien tôt comparé aux journées précédentes. Aujourd'hui, notre destination est Invercargill, dans le Southland, qui est la ville la plus au sud de la Nouvelle-Zélande. Avant de partir, je m'arrête pour mettre de l'essence, cette fois-ci avec nettement plus de facilité que la première fois. Puis nous nous jetons sur la Main South Road, la Route numéro 1 qui nous porte depuis le début de ce voyage, pour trois nouvelles heures de conduite. Les routes néo-zélandaises sont les principales voies de transport des particuliers et des professionnels, elles demandent donc un entretien régulier. C'est pourquoi il est très fréquent, et même systématique, de tomber sur un chantier de rénovation de la route. Il faut en tenir compte, parce que les durées de trajet annoncées par les guides n'intègrent pas les minutes perdues à attendre au pied d'un chantier...
 
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Quoiqu'il en soit, le trajet se passe plutôt bien, les automobilistes sont de moins en moins nombreux. On finit même par être les seules sur la route, ou presque. Le paysage est intéressant, collineux et agricole, avec un taux de population au mètre carré très bas. J'en profite pour regarder les panneaux qui longent la route, et ils en valent la peine. Les kiwis ont vraiment un drôle d'humour. Par exemple, je croise un panneau, entre les villes nommées Gore et Clinton, qui précise que la route où je suis est la "Presidential Road"... à cause du nom des villes. Ou encore, hier ou avant-hier, je ne sais plus, j'ai vu deux panneaux assez spéciaux. Le premier disait "Seatbelts are like hugs; kids need them" (les ceintures de sécurité sont comme les câlins ; les enfants en ont besoin). Mignon, non ? Le second était un peu plus grinçant : "You're a long time dead, so what's the hurry ?" .

Nous atteignons Invercargill à midi et quelques. Je me dirige directement vers l'office de tourisme pour y réserver une chambre. Nous héritons d'un dortoir en backpackers pour nous toutes seules. Au moins c'est moins cher qu'un motel. En attendant, nous profitons d'être sur place pour visiter le Southland Museum, qui rassemble quelques pièces d'art maori et des objets ayant appartenu aux colons britanniques. Intéressant, mais il fait bien pâle figure à côté des musées de Wellington ou de Dunedin.
 
Après un sandwich, une salade de fruit et quelques courses à Pak 'n Save (le Leader Price national, en gros), je motive ma mère à aller à Bluff, à vingt-sept kilomètres d'Invercargill. Bluff, qui veut littéralement dire "monticule de terre", est le port d'Invercargill. C'est également le point de départ des ferries pour les Stewart Islands, que l'on peut distinguer depuis la pointe de Bluff. Cette petite ville portuaire, la première colonie britannique réellement établie en sol néo-zélandais (fondée en 1824), est réputée pour ses jolis sentiers de promenade. Ma mère n'est pas très chaude pour marcher, mais je la rassure en lui montrant le panneau qui limite la balade à une petite heure. Ce que je ne lui dis pas, c'est que les panneaux indiquent généralement la durée moyenne pour un kiwi lambda. Or, le kiwi lambda a l'étonnante particularité de marcher très vite. Même les obèses font preuve d'une célérité surprenante lorsqu'ils sont lâchés dans la nature. Il faut donc compter quelques minutes de plus pour avoir une estimation valable du temps de marche pour une quidam européenne.
 
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Je suis allée au bout, là, de la petite péninsule arrondie, après l'East End. 
 
 
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Le port de Bluff 
 
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Certaines aiment les poules, moi j'aime les mouettes, qui symbolisent ce qui m'émerveille.
Donnez-moi un océan, je serai heureuse. 
 
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Les kiwis adorent ce genre de panneaux qui prouvent qu'ils sont loin de tout.


Cela dit, ce n'est que le début de l'après-midi, nous avons tout notre temps. Il fait beau mais nuageux, et le vent souffle fort sur la côte de Bluff où s'étire le sentier, à flanc de falaise. Je respire l'air de l'océan à plein poumon. Je crois bien que je ne m'en lasserai jamais. La marche est facile, et le paysage superbe. Les vagues viennent frapper les rochers avec violence, et j'essaie d'imaginer la vie des chasseurs de baleine qui oeuvraient depuis la pointe de Bluff. Aussi critiquable qu'ait pu être leur travail, on ne peut pas nier qu'ils avaient un courage certain pour affronter les monstres marins et les récifs dangereux. Au loin, on distingue un phare bleu et blanc, le phare le plus vieux et le plus haut de Nouvelle-Zélande, qui fonctionne automatiquement depuis 1989. Notre marche s'éternise, car ma mère s'essoufle, mais nous finissons par arriver au point de vue final. Perchées sur un promontoire rocheux, nous voyons l'océan s'éteindre à nos pieds, et les îles Stewart à l'horizon. C'est vraiment magnifique, mais à cet endroit le vent nous fouette violemment, et nous n'y restons pas longtemps.
 
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Jeu d'ombres sur fougères. 
 
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Le chemin qui se perd dans l'inconnu est grillagé à l'image d'une ruche de métal. Cage en fer pour oiseau récalcitrant ou tapis rouge pour humain civilisé ? 
 
 
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Splash.


Le ciel se couvre pendant notre marche de retour, et le vent fraîchit. Nous accélérons un peu le pas pour nous réchauffer. Titine nous attend sagement au bord de la falaise, prête à nous ramener au chaud dans notre backpackers du jour. Nous rentrons en ville, un peu cassées par notre séance sportive, et je dois m'y reprendre à deux fois avant de pouvoir me garer près du backpackers, situé en plein centre-ville. Nous débarrassons les valises et je m'occupe rapidement du check-in avant d'aller ranger la voiture au parking de l'hôtel. Là encore, je fais preuve d'un étonnant sens de l'orientation et me plante tout droit dans le mauvais parking. La guichetière m'explique plus ou moins aimablement, et avec un accent kiwi terrible que j'ai du mal à suivre, que c'est pas là mais à côté. Oui d'accord, mais où ça à côté ? Finalement, après deux tours supplémentaires du pâté de maisons, je trouve la petite entrée menant à la petite placette réservée à l'hôtel. Ouf. Nous nous réfugions enfin dans notre dortoir privé. Je regrette un peu de ne pas pouvoir faire plus de choses aujourd'hui, mais mine de rien je commence à être épuisée par ce marathon de visites, et un peu de tranquilité me fera du bien. De toute manière, il est impossible de voir toute l'île du Sud en dix jours, et en plus, demain sera une longue journée de conduite, car nous allons à Wanaka, et apparemment la route n'est pas de tout repos. Je vais en chier. Sur ce, je vais me reposer un peu, les amis.
 
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Fausse manipulation assumée. 
 

lundi, 25 février 2008

Dunedin, deuxième jour

En cette saison, Dunedin semble comme enchanté : des milliers de petites graines emplumées volent dans l'air en permanence, vous savez, les graines de jesaisplus quel arbre qui permettent de faire un voeu lorsqu'on les attrape dans la main. Ca donne à la ville un air surréaliste et fantaisiste.

Aujourd'hui, le soleil brille, mais moins fort que la veille : les nuages sont de la partie. Ce n'est pas plus mal, le soleil néo-zélandais tape très fort, à cause du trou dans la couche d'ozone qui n'est pas très loin au-dessus de nos têtes. Nous partons petit-déjeuner à 10h30, avant de nous rendre en voiture jusqu'à l'Otago Museum. Encore une fois, ce musée rassemble des collections très diverses. Les principales attractions sont les étages consacrés à l'histoire des Maoris et des peuples polynésiens et mélanésiens. Ces peuples, d'origine commune et pas si lointaine, ont développé, de par leur isolement, des cultures, des langages et des traditions profondément différents. Ces différences se remarquent dans l'art du tissage, de la gravure sur bois et sur os, de la fabrication des armes et des marquages du corps. Ces peuples ont en effet développé toute une symbolique propre à chaque population, ethnie et tribu, autour des tatouages corporels. Ainsi, les mélanésiens des îles Marquises se tatouent tout le corps, tandis que les Maoris se tatouent principalement le visage (en entier pour les guerriers et les chefs, le menton pour les femmes). Chez les Maoris, le visage est en effet le siège du tapu, une sorte de pouvoir sacré dont sont dotés les hommes charismatiques. Pour la petite histoire, pendant le tatouage du visage, qui est une opération très douloureuse, longue et sanglante, un petit récipient spécifique est placé sous le visage du tatoué pendant qu'il mange pour éviter que la nourriture ne soit souillée, car le contact avec le sang pourrait réduire le tapu du tatoué, donc diminuer son leadership.

Le reste du musée est consacré à l'histoire des espèces animales disparues, avec une présentation de squelettes variés (ichtyosaure, moa, etc), ainsi qu'à l'histoire des explorateurs britanniques, des maillots de bain (???), et même une partie sur la Grèce et l'Egypte antiques. Ou comment faire feu de tout bois. Cela dit, c'est un musée très intéressant, comme la majorité des musées que j'ai visité en Nouvelle-Zélande.

Ensuite, nous allons nous promener dans le jardin botanique de Dunedin. C'est un jardin magnifique, avec des fleurs de toute beauté et toute une partie de forêt quasiment sauvage. On peut presque se perdre sur les petits sentiers qui grimpent au coeur des arbres. Une serre ancienne contenant des plantes tropicales trône au milieu du parc.
 
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Famille coin-coin s'en va t'en guerre. 
 
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Kniphofia uvaria.
Cette plante au nom à coucher dehors pousse partout dans l'île du Sud. 
 
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 Hibiscus "Black Beauty"  
 
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Nous rentrons une petite heure à l'hôtel, avant de nous rendre, en voiture toujours, au Larnach Castle, le seul château de Nouvelle-Zélande. Il a été construit à la fin du XIXème siècle par un riche Baron pour sa femme bien-aimée, une descendante de la noblesse française. Le château est toujours habité, et héberge même des touristes. Les deux étages croulent sous les boiseries bien cirées et les meubles de grande qualité en kauri et en rimu (deux arbres de Nouvelle-Zélande aujourd'hui protégés). Un petit escalier en colimaçon mène au toit, qui offre une vue imprenable sur le jardin en contrebas et sur Dunedin, 320 mètres plus bas. Le jardin en lui-même est un trésor de botanique bien entretenue, établi sur plusieurs niveaux.
 
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J'aime bien celle-là, la symétrie des diagonales. 
 
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Petits bourdons bourdonnent. 
 
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They call me the wild rose... 


Le Larnach Castle est à une vingtaine de minutes de Dunedin, sur une hauteur de l'Otago Peninsula. Dunedin est nichée le long d'une baie tortueuse, et une route côtière absolument merveilleuse mène au Château ainsi qu'à l'observatoire des albatros. Des petites jetées privées, quelques bateaux et des virages incessants rythment le trajet jusqu'au bout de la péninsule. Le paysage est magnifique, à l'image d'une Côte d'Azur plus fraîche et nettement plus sauvage.
 
 
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Après la visite du Château, je pousse jusqu'à l'observatoire des albatros, d'où on découvre une vue superbe sur la falaise plongeant dans l'océan tumultueux. Un petit phare rouge et blanc surplombe les vagues. De nombreux cormorans nichent dans les creux de la falaise. Le vent souffle très fort, il est déjà tard et la température a sérieusement baissé, mais je pourrais rester des heures à contempler les mouvements d'humeur de l'océan. La pluie commence à tomber, mais je continue à photographier quelques minutes avant de retourner à l'abri dans la voiture.
 
 
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Avec le manque de luminosité et la force du vent, difficile de rendre correctement l'ambiance très sauvage de l'endroit. 
 
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Les cormorans se font une toilette, accrochés à la falaise. 
 
 
Sur le chemin du retour, le soleil joue à transpercer les nuages et à illuminer la baie d'une lumière douce et intense à la fois. Je m'arrête une fois pour prendre des photos, mais si je m'écoutais, je m'arrêterais tous les dix mètres. Il y a tellement de belles choses à voir pour qui sait ouvrir les yeux. J'ai un peu de mal à détacher mon regard de la vision sublime que m'offre la nature à cet instant précédant le crépuscule, et je flirte avec les bas-côtés de la route déjà très étroite. Le mélange de l'océan domestiqué par la baie et ondulant doucement sous les derniers rayons du soleil couchant m'arracherait des larmes, si j'étais toute seule.
 
 
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Ma préférée. Cette photo finira sans aucun doute en grand format sur mon mur. 
 
La Nouvelle-Zélande est un pays sauvage, soumis comme toutes les îles à une nature imprévisible. L'humain est sans cesse menacé par les tremblements de terre, les coups de vent qui remuent les mers et les changements brusques de climat. On aime cette imprévisibilité profonde du pays, ou on la déteste, mais on n'y reste pas indifférent. Dans mon cas, cela fait longtemps maintenant que la Nouvelle-Zélande me bouleverse, au détour d'un virage ou au coin d'un ruisseau.

Si cela ne tenait qu'à moi, je m'arrêterais au bord de la route pour regarder la disparition du soleil. Mais ma mère est bien fatiguée par toutes ces heures de tribulations, ce qui se comprend. Pour ma part, je commence à prendre le rythme, et l'immersion dans la nature même domestiquée m'énergise. Je me sens un peu chez moi dans ce pays, même dans des villes inconnues. C'est agréable, et triste à la fois. Je vais sans aucun doute regretter ce pays à mon départ, dans deux mois.

Toutes à mes pensées un brin mélancoliques, je finis quand même par regagner le centre-ville. Je me gare près d'un restaurant sur la demande expresse de ma mère, qui ne veut plus marcher aujourd'hui. Le retour à notre chambre se fait à la nuit tombée, et comme d'habitude je m'attelle aussitôt au classement des photos.

Le téléphone de ma mère sonne alors. Nous apprenons que notre chat va mourir. Poussée d'urée. C'était un chat que nous avions recueilli il y a une dizaine d'années. Nous ne connaissions pas son âge, mais nous le pensions tout jeune à l'époque. En réalité, ce chat avait quinze ans au jour d'aujourd'hui. Les problèmes de rein sont monnaie courante chez les chats âgés. Nous ne pouvions pas savoir, puisque nous le pensions plus jeune. C'est un gros coup au moral. L'an dernier, mon autre chat mourait d'une maladie à la vésicule. Exactement un an plus tard, c'est le tour du petit dernier. Une nouvelle fois, comme l'an dernier, je ne suis pas là pour lui dire au-revoir. Il va être piqué tout à l'heure, parce qu'il souffre trop.
 
C'est comme ça.
C'est la vie.
C'est la mort.
 
Mais c'est triste.

dimanche, 24 février 2008

Dunedin, premier jour

Comme prévu, réveil de bonne heure, douche, rangement du bordel, et chargement dans Titine. Nous retournons sur la place de la Cathédrale pour petit-déjeuner. Un grand verre de jus d'orange pour moi, un café au lait et un muffin pour ma mère. Cherchez la gourmande... Puis nous nous arrêtons à l'office du tourisme pour booker une chambre à Dunedin, notre prochaine destination. Vu l'affluence à Christchurch, je pressens les mêmes difficultés à Dunedin, et effectivement, il apparaît rapidement que tous les backpackers sont plein. Nous nous rabattons donc sur une chambre de motel, qui a l'avantage d'être en centre-ville et d'avoir un parking pour Titine.
 
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Après une heure d'attente (je hais les périodes touristiques, je hais les périodes touristiques, je hais...), nous obtenons notre petit coupon de booking, et nous pouvons enfin quitter Christchurch. Il est déjà plus de 11h du matin, et la route jusqu'à Dunedin est longue. Au terme du trajet, j'atteins d'ailleurs presque les 1000 km parcourus avec Titine. Heureusement, c'est l'amour fusionnel entre elle et moi. Elle ronronne dès que je lui caresse la pédale, c'est très excitant. Seulement, Titine est une voiture pour débiles. Titine émet un bip bip de camion poubelle lorsque j'enclenche la marche arrière (genre le conducteur est trop con pour se rendre compte qu'il a mis la marche arrière), et elle refuse que je lui retire la clé de son orifice tant que le levier de vitesse n'est pas au point mort et le frein à main tiré à fond. En bref, Titine est casse-couille, mais je l'aime bien quand même.
 
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Mickey en tête de fleurs. Ou des fleurs en tête de Mickey, au choix. 


Les premiers kilomètres sont sans intérêt. Beaucoup de trafic, de grandes lignes droites, et d'immenses plaines recouvertes, au choix, de moutons, de vaches, de chevaux, ou même de biches. Seule la musique de l'auto-radio me tient réveillée. Décidée à en finir rapidement, je choisis Timaru comme étape déjeuner. Timaru est à égale distance de Christchurch et Dunedin, et il faut deux bonnes heures pour l'atteindre.

Je ne regrette pas mon choix. Le soleil rayonne autant qu'il peut, il fait une chaleur d'enfer, et Timaru est une charmante petite ville. Rien de bien extraordinaire cela dit, mais le restaurant où nous mangeons est très bon, avec vue directe sur la mer en contrebas. Nous tentons d'ailleurs une approche de l'océan, et nous devons alors traverser un attroupement genre fête foraine, avec plein de gamins faisant une course à vélo, d'autres pataugeant dans une mini-piscine, et d'autres encore se délectant des glaces de Mr Whippy. Mr Whippy est LE marchand de glaces en camion de Nouvelle-Zélande. Sa petite musique est reconnaissable entre mille, et tous les enfants se précipitent dans la rue lorsqu'ils l'entendent.
 
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La plage de Timaru donne envie d'y poser ses fesses. Il n'y a pas beaucoup de monde, et l'air est très chaud. Mais il nous reste encore la moitié du trajet avant d'atteindre Dunedin, alors nous repartons. Le paysage devient un peu plus intéressant. Nous longeons la côte, et l'océan sauvage est toujours aussi magnifique. Je finis par m'arrêter pour prendre des photos et manger une pomme, quelques temps après Oamaru.
 
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Cinq heures de l'après-midi passées, nous découvrons enfin Dunedin, depuis le sommet d'une colline qui offre une vue imparable sur la ville nichée au bord de l'eau. Je me gare près de l'office du tourisme pour attraper un plan de la ville, et nous trouvons le chemin de notre hôtel. C'est un ancien bâtiment, un peu miteux mais très cosy. Il est un peu tard pour visiter quoi que ce soit, alors nous flânons dans les rues. L'architecture de Dunedin est très belle, notamment les églises et la gare routière, encore en fonctionnement (dans un but touristique uniquement).
 
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St Paul's Church, juste à côté de l'i-site. La photo a été prise depuis l'octagon, une place circulaire qui est le centre de Dunedin. 
 
 
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Photo prise au même endroit, mais après une rotation de 180° sur moi-même. 
 
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Les toilettes de la gare routière.
Il faisait presque nuit donc aucune photo du lieu n'est potable, hormis celle-ci, et encore. Pourtant la gare est vraiment très belle, dans un style coloré et pompeux. Des faïences recouvrent tout, du sol au plafond, formant des motifs abstraits et des mots. Plutôt original, pour une gare.
 
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Une photo que j'aime bien, prise dans l'une des rues principales un peu avant le coucher du soleil (d'où l'absence de piétons ou de voitures). 
 

Dunedin est la ville universitaire la plus ancienne du pays. Le taux de concentration de jeunes vingtenaires est donc assez élevé. Il y a de tout, et pas mal de beaux gosses. Je repère notamment quelques beaux et grands bruns, dont l'un avec de très beaux yeux bleus que j'ai bien eu le temps d'observer après deux passages (non, ce n'était pas voulu, j'étais juste un peu perdue. Mais si, c'est vrai !). Graou ! Enfin bon, mon sex appeal n'était pas au top aujourd'hui, sans doute à cause du look débardeur-pantacourt-baskets. Tant pis. Quoiqu'il en soit, je vous conseille Dunedin pour pécho en Nouvelle-Zélande.
 
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Une inscription sur un mur. 


Voilà tout pour aujourd'hui. Je suis assez fatiguée par mes heures de conduite et la marche dans la ville, alors je ne vais pas m'attarder.
 
EDIT : Vraiment désolée pour la qualité merdique des photos. Je crois que j'ai compris d'où ça vient. Dans un souci de gain de temps, je réduis la taille de mes images avant de les poster. Avant je les mettais directement, mais en résolution maximale ça mettait parfois jusqu'à cinq minutes avant d'être downloadé. Je pouvais passer une heure pour poster une note, ce qui n'est pas envisageable. L'ennui, c'est que la compression et le format .jpg sont purement destructeurs pour les photos.
Donc toutes mes excuses, mais je n'ai pas le temps de vous donner de la qualité. De toute manière, la taille des photos sur le blog ne change pas, et ce n'est pas un blog prévu pour les photos à l'origine, plutôt un blog textuel.  Donc profitez de ma prose et venez pas râler. C'est dit. 

samedi, 23 février 2008

Christchurch, deuxième jour

Ce matin, le soleil semble être de bonne humeur. Le vent souffle fort également, mais on ne va pas se plaindre, si cela permet de chasser les nuages.

Avant toute chose, je dois absolument vous parler de la chambre cosmique où nous dormons. Comme je disais hier, c'est un hôtel quasiment neuf (ouvert en novembre dernier) et résolument design. D'entrée un bar lounge avec de la musique hype accueille le touriste ébaubi. Les hôtesses sont jeunes, mignonnes et dynamiques, les ascenseurs propres et silencieux. Les couloirs des étages n'ouvrent sur aucune fenêtre ; des décorations épurées laissent filtrer une lumière douce et claire à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. La chambre elle-même, qui s'ouvre grâce à un passe magnétique, ne dispose que d'une petite fenêtre sans ouverture. L'aération est assurée par l'air conditionné ; la seule compréhension du bouton de réglage demande un bac+8. La décoration est blanche et sobre, avec un panneau marron strié de vert. Le lit est collé dans un coin, à un mètre de hauteur ; gare à la chute en cas de cauchemar. Une télé plasma trône juste en face. Cette télé, parlons-en : en plus des chaînes locales, de CNN et compagnie, elle diffuse des chaînes spécifiques à l'hôtel. En réalité, ces chaînes sont des enchaînements d'images d'îles paradisiaques, de montagnes reposantes, et de palmiers bruissant doucement. A l'allumage, on tombe sur des images de montagnes néo-zélandaises, agrémentées d'une charmante musique d'ambiance à se taper la tête contre le mur. On peut même afficher un feu de cheminée à l'écran ! C'est merveilleux, la technologie. Mais il y a mieux ! Une console près du lit offre d'autres fonctionnalités. Ainsi, la lumière centrale (censée de surcroît réduire les effets du jet lag) s'éteint progressivement à l'heure de sommeil programmée. J'ai donc passé un quart d'heure à compulser le manuel d'utilisation pour comprendre comment éteindre cette foutue lumière qui ne s'actionne par aucun interrupteur. De même, il est possible de programmer un réveil tout en douceur et volupté. Cinq minutes avant l'heure enregistrée, la lumière prétendûment solaire s'allume petit à petit, de manière à réveiller le dormeur sans le brusquer. Si cela ne suffit pas, la télé s'allume toute seule, direct sur la chaîne des montagnes et de la petite musique atroce. Et n'oublions pas la salle de bain de verre poli, construite comme un demi-cercle dans un coin de la chambre, et qui ressemble à une cabine spatiale une fois la vitre fermée. Ils ont même poussé le vice jusqu'à prévoir une lumière bleue sous le lit, sous prétexte que certaines études ont prouvé qu'on s'endort mieux avec une lumière bleue.

...

Et mon cul, c'est du poulet ?!
Je déteste évoluer dans un environnement aseptisé, j'ai toujours l'impression de vivre une histoire d'Orwell ou d'être dans le Meilleur des Mondes. C'est quoi, la suite ? Des pastilles roses dans un petit sachet hermétique à ingurgiter pour que nos pets sentent la rose ? Un robot essuyeur de cul, pour s'éviter l'effort de l'essuyage au papier-cul ? Un massage de pieds pour se réveiller en douceur, et puis une petite branlette robotisée pour mettre le client de bonne humeur ?
On peut aller très loin dans le délire. Il serait peut-être temps de se réveiller, cela dit.
 
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Sur ce coup de gueule, revenons à nos moutons. Après une petite douche dans l'espace, j'emmène ma mère découvrir la culture américaine dans un Starbucks. Je suis généralement contre les fast-food et autres chaînes américaines, mais je dois avouer que les muffins et les chocolats chauds de Starbucks sont à tomber. Puis nous allons visiter la cathédrale, embellie pour une semaine par le Festival of Flowers. Une allée de fleurs précède la porte, et un tapis de fleurs de toutes les couleurs accueille le chaland dès son entrée dans le lieu de culte. Des petits bocaux où s'ébattent des poissons rouges sont même disposés entre les fleurs. Des oeuvres florales créées par des artistes sont exposées de chaque côté, pendant que trois musiciens jouent une petite musique jazzy. J'ai rarement vu autant de personnes dans une cathédrale ; la promo est réussie.
 
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La place de la cathédrale, où se tenait le Wizard de Christchurch la veille. Au fond se distingue le Starbucks. 
 
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La rue en face du Canterbury Museum. 
 

La visite terminée, nous retournons près du Jardin Botanique pour visiter le Canterbury Museum. A l'image des autres musées que j'ai visité en Nouvelle-Zélande, c'est un véritable fourre-tout. Toute une partie est consacrée aux moas, ces espèces d'autruches plus ou moins grandes (jusqu'à trois mètres de hauteur pour certaines espèces) qui vivaient en Nouvelle-Zélande jusqu'au XVème siècle environ. On peut également apprendre des informations sur toutes les espèces d'oiseaux du pays (et il y en a un paquet), comme le kea, le tui, le kiwi, le pukeko, le weka... Une autre partie du musée est consacrée aux diverses expéditions dans l'Antarctique menée depuis plus de cinquante ans. Il y a également une exposition sur l'Egypte Ancienne, les dinosaures, la géologie en Nouvelle-Zélande et dans le reste du monde, les cultures asiatiques anciennes, les meubles des colons britanniques, les Maoris et les Moriori (un autre peuple installé sur les îles Chatham), des squelettes d'éléphant de mer et d'un cerf d'au moins 2m50 de haut... J'en oublie sûrement. Je suis toujours amusée par l'éclectisme sans prétention des musées néo-zélandais. L'avantage est qu'on est surpris à chaque fois que l'on entre dans une nouvelle salle du musée. Toute cette avalanche d'informations nous pousse ensuite à nous réfugier dans le parc botanique. Il fait beau mais frais, et je m'endors presque sur un banc au soleil.
 
 
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 L'ancienne université de Christchurch, aujourd'hui reconvertie en Arts Centre. 
 
 
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Finalement ma mère me motive à continuer notre visite. Nous optons pour un petit tour du centre-ville en tram, dont j'ai mis une photo sur la note précédente. C'est sympa, un peu désuet, et le guide explique ce que l'on voit avec beaucoup d'humour. Les kiwis ont beaucoup d'humour en général, mais un humour un peu spécial, british mais pas trop.
 
 
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Le tramway passe par l'intérieur de la galerie marchande... 
 
 
Après un en-cas rapide (quiche et scone), nous embrayons sur la visite de l'aquarium enfoui près du visitor information (l'office de tourisme). Rien d'extraordinaire, si ce n'est quelques jolis spécimens d'hippocampes, de lézards verts, de geckos, de requins, et surtout, surtout, deux kiwis (l'oiseau). Vous me direz, que foutait un kiwi dans un aquarium. Effectivement. Comme dit précédemment, les néo-zélandais aiment bien l'éclectisme. Donc l'aquarium réserve un petit coin pour deux kiwis. C'est assez marrant comme expérience, car la partie réservée aux kiwis est plongée dans la pénombre (ces bestioles ne vivent que la nuit, impossible donc de les observer à la lumière du jour). Le gardien ne fait rentrer qu'un petit groupe de visiteurs à la fois, en leur demandant d'être très silencieux pour ne pas effrayer les locataires. Tout le monde entre dans une sorte de silence presque religieux, les yeux grands écarquillés pour essayer de percer la pénombre, et reste ébahi devant les mouvements furtifs de la bestiole que l'on devine plus que l'on ne voit derrière la vitre. C'est à peu près aussi gros qu'un poulet, et tout maladroit. Le kiwi est dépourvu d'ailes, ce qui lui donne une drôle de démarche. Il a un long bec, et une de ses particularités réside dans la taille de ses oeufs, qui sont les troisième plus gros oeufs existants, après ceux de l'autruche et de l'émeu. En effet, le petit se développe entièrement dans l'oeuf, et il est parfaitement autonome à sa naissance. Les parents passent beaucoup de temps à s'occuper de l'incubation, puis s'en désintéressent à la naissance.
 
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Photo prise dans le parc botanique, le nez dans les nuages.


Bien contentes d'avoir pu observer un kiwi en chair et en os (et très en chair d'ailleurs, c'est une vraie boule de plumes), nous retournons à l'hôtel nous reposer une petite heure. Ensuite, nous récupérons la voiture dans le parking, avec la bonne surprise de trouver sur le pare-brise une contravention. Nous n'avions pas vu que le stationnement à l'étage numéro 2 était limité à deux heures. Enfin bon, ce sont les aléas des voyages en terre inconnue. Je propose d'aller nous égarer du côté de Lyttelton, le port de Christchurch. En réalité, Lyttelton est le premier point d'achoppement des colons, qui ne se sont installés à Christchurch qu'après avoir fondé Lyttelton. Cette ville se résume ainsi à un port, au demeurant fort joli pour qui aime les ports, comme moi. Ma mère est moins enthousiaste, alors nous ne nous arrêtons pas. Je tente des choix hasardeux, atterris dans d'autres bleds complètement anesthésiés de la banlieue de Christchurch, et finis par retrouver la bonne route pour revenir en ville. Christchurch n'est pas très complexe, et je retrouve facilement mon chemin vers l'hôtel. Je déniche même une place à une centaine de mètres, parfait.
 
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Nous finissons notre journée dans un bar restaurant bien kiwi, devant une pizza et deux bières délicieuses (la Mac's Gold, produite à Nelson), les yeux fixés sur l'écran diffusant un match de cricket. J'essaie de deviner les règles, mais même une heure d'observation me laisse aussi peu renseignée qu'au départ. Le cricket est le jeu le plus abscons que j'ai jamais vu. Et les kiwis semblent adorer ça. Le restaurant n'est pas très rempli mais il y a une bonne ambiance. J'ai bien envie d'aller faire la fête ce soir, mais demain nous partons pour Dunedin de bonne heure, et la pluie qui se met à tomber me refroidit. Nous rentrons vite nous abriter au chaud.

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