mercredi, 23 janvier 2008

Je suis sur un tapis roulant, et je ne m'en rends même pas compte.

Paraît que la Terre a bougé, il y a deux-trois jours. Attends, la Terre bouge et je m'en rends même pas compte ? Certes, j'ai la tête dans les nuages les trois quarts de la journée, mais j'ai les pieds au sol, quand même.

Alors j'y crois moyen, à leur histoire de tremblement de terre. C'est comme le yéti ou la nocivité des ondes wifi, je dois le voir pour y croire.

Et pourtant.
Tout à l'heure, je tape compulsivement sur mon clavier - comme pendant les trois quarts de mes journées, quand soudain, mon regard va se perdre sur l'horizon (le mur d'en face, s'entend). Et là, je comprends.
Y'a plus un seul tableau de droit.
On dirait qu'ils sortent tous de biture.

Ca fait quelque chose de voir concrètement que la Terre a bougé sans que je m'en sois rendue compte. Comme une impression d'avoir perdu le contact avec la réalité et le monde qui m'entoure, juste un instant, celui où la plaque a décidé de s'ébrouer.

C'est fou, quand même, une secousse de cette amplitude, et je n'ai rien senti.

Peut-être que j'ai été enlevée par les extra-terrestres.

Ca expliquerait beaucoup de choses.

 

Excusez-moi, j'ai mon nez qui clignote, c'est l'heure d'aller faire pipi.  

vendredi, 11 janvier 2008

"Nécessairement, le hasard a beaucoup de pouvoir sur nous, puisque c'est par hasard que nous vivons."

[Sénèque. Pourtant il m'énerve d'habitude, ce gugus.] 

 

Parfois, la vie a de l'humour et nous concocte une petite coïncidence amusante.

Comme je laisse pousser mes cheveux depuis de longs mois maintenant, ceux-ci commencent à atteindre une longueur respectacle, et je passe mon temps à les attacher et à les détacher. J'ai emporté deux élastiques avec moi en Nouvelle-Zélande, un beige et un rouge. A force de les utiliser, ils commencent à s'effilocher, surtout le rouge. Les petits fils blancs qui forment l'élastique se barrent et s'entortillent en vrac. Ce matin, j'enlève machinalement mon élastique, et le pose (jette) sur la table. Quelques heures plus tard, mon regard se pose dessus par hasard, et ce que j'y vois me fait sourire. J'en ai profité pour faire une photo (la vitre est sale, mais j'aime bien le reflet du soleil dans le coin gauche).

 

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Il est tellement bien entortillé qu'il ne perd pas sa forme, même quand je le déplace.

C'est mignon, non ? Et puis c'est marrant que ce soit tombé sur l'élastique rouge... 

dimanche, 07 octobre 2007

De la difficulté de sourire en toutes circonstances...

André Breton : Le surréalisme est un "automatisme psychique pur, par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale."

Le surréalisme au quotidien, ce sont toutes les scènes drôles, ridicules ou carrément saisissantes qui se révèlent à nous chaque jour, à la faveur d'un échange avec un autre membre de l'espèce humaine, fabuleuse s'il en est (même si parfois l'on doute de la réelle intégrité du patrimoine génétique dudit individu).

 

*****

 

 

-         Bonjour madame, qu’est-ce que je vous sers ?

-         La formule à 2 euros 90, là, c’est quoi ?

-       Hé bien, vous avez droit à un sandwich au jambon blanc ou au saucisson et une canette. Je n’ai plus que des jambon-fromage en vitrine, mais je peux vous faire tout de suite un jambon blanc ou un saucisson si vous voulez.

-         Ah. Je peux avoir un jambon-fromage ?

-         Ah ben, il ne fait pas partie de la formule à 2 euros 90.

-        Ah. Je vais prendre un sandwich au jambon blanc avec une canette de coca, alors. Et vous pouvez me le chauffer un peu ? C’est pour la petite vous comprenez.

-         [soupir] Bien sûr…. Un petit tour par la machine à panini, et voilà.

 

[Une minute plus tard, le sandwich est chaud.]

 

-         Vous n’avez pas mis de fromage dedans ?!

-        

-         Je veux du fromage dedans !

-         Ca va vous coûter 50 cents de plus, vous savez.

-         C’est pas grave, je veux du fromage, je vous l’ai dit !

-         Très bien… Donnez-moi le sandwich, je vais rajouter de l’emmental… [c’est pas comme si tu m’avais fait perdre dix minutes pour 2 euros 90 alors qu’en plus j’avais un sandwich jambon-fromage tout prêt dans ma vitrine…]