mardi, 16 octobre 2007
Le poupon, instrument d'éducation ?
(J'avais écrit cette note, mais une fausse manip', à savoir un défaut de connexion à HautetFort, m'a fait tout perdre... rhââ la technologie ! )
Ce week-end, j'ai eu l'insigne honneur de recevoir ma famille maternelle. Pour vous planter le décor : mes grands-parents étaient là, ainsi que mon oncle, sa femme et leur petite fille de trois ans et demi, sans oublier deux caniches absolument infects qui ont passés leur temps à aboyer dans le vide et à pisser partout pour couvrir l'odeur de mon pauvre chat.
A un moment, ma mère s'en va fouiller dans les tréfonds de l'appart', et ressurgit avec un petit berceau et le poupon qui va avec, tous deux des cadeaux que l'on m'avait fait autrefois.
- Regardez ce que j'ai trouvé pour la petite !
- Ooooh !
Oui, tout le monde s'extasie, surtout quand la petite semble ravie par ce nouveau jouet, et fait le tour du salon avec son roadster de futur maman. Et soudain, c'est le drame, lorsque mon oncle, ma grand-mère ou ma mère (en tout cas les trois étaient d'accord) s'exclame à mon intention, avec un air de reproche :
- Au moins, elle, elle s'amuse avec ! Ca lui plaît ! Toi tu n'as jamais voulu jouer avec !
J'en suis restée coite.
Mais merde, quoi. Un petit garçon qui joue aux petites voitures ou à la guerre, c'est bien, mais s'il joue avec les petits Poneys de sa soeur, alors c'est un futur homo ? Et une petite fille qui préfère les Lego et les circuits de voiture aux poupons à l'odeur envahissante de plastique bon marché, c'est une future lesbienne ou pire, une potentielle féministe aigrie ?
On fait de grands discours sur l'éducation de nos enfants, comme quoi la pédagogie est reine, qu'il faut être à l'écoute des désirs et des besoins de nos enfants, mais en réalité, aujourd'hui le clivage traditionnel entre les femmes et les hommes n'est jamais aussi vivace que dans notre manière d'éduquer nos gosses. A croire que la plupart des parents sont persuadés que leur petit garçon ne sera un homme viril, un mâle alpha, qu'à la condition d'avoir craché sur les poupées Barbie dans son enfance. Et une petite fille qui refuse de singer la mère au foyer parfaite (parce que c'est bel et bien l'image que nous renvoie l'assortiment de dinettes, d'aspirateurs et de berceaux qui pullule dans les catalogues de Noël), préfigure t-elle forcément dans l'inconscient collectif une mauvaise cuisinière et une mauvaise mère, c'est à dire une mauvaise femme ?
Loin de moi l'idée de critiquer l'éducation de tous les petits garçons qui jouent aux Lego et de toutes les petites filles qui s'éclatent avec leur poupon. Il serait simplement temps d'arrêter de dévaloriser ceux qui, par malchance peut-être, par inadvertance sans doute, ne marchent pas sur les rails à la suite de la locomotive de la tradition.
20:20 Publié dans La Terre tourne, et nous ? | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


