jeudi, 07 février 2008
"Des nouvelles du sexe : on enregistre un net durcissement de la situation."
[Coluche, naturellement]
Trop de culture tue la culture, et comme l'univers ne tourne pas autour de mon nombril (mais en général autour de celui des autres - vous n'avez pas remarqué ?), aujourd'hui je vais m'extirper du sujet premier de ce blog et devenir bassement libidineuse et scabreuse : let's talk about sex. Je préviens tout de suite, amis mormons, bienséants de tous poils, jeunes voisins prépubères et âmes innocentes, ce n'est pas pour vous. Vous devriez quitter ce blog immédiatement, sous peine de subir un choc traumatique qui rejaillira sur votre progéniture pendant au moins dix générations. C'est la petite croix blanche dans le carré rouge en haut à droite de l'écran. Merci.
Maintenant que nous sommes entre adultes de bonne compagnie, je me dois de préciser que je n'ai pas pu m'empêcher d'introduire une thématique chiante à ce sujet pourtant alléchant. En effet, malgré toute ma bonne volonté et des efforts conséquents pour paraître humaine, je n'en reste pas moins foncièrement une intello à lunettes qui se délecte de sujets indigestes. En plus, je suis une étudiante du Pôtage. Oui, j'ai toutes les tares. Ainsi, aujourd'hui, nous allons mêler sexe et droit pénal.
Mais non, restez, ça va être sympa quand même. Qui n'a jamais rêvé de subir une action en justice menée par un procureur général des plus sévères (i.e. un menottage en règle aux barreaux du lit) ? Comment ça, je m'égare ? Pardon.
Un furetage improductif sur le net m'a permis de découvrir le blog d'Agnès Giard (dans le cadre du site web de Libération), une dame qui parle de sexe à longueur de journée, et qui en plus écrit des livres sur le sujet, comme l'appétissant L'imaginaire érotique au Japon (mon anniversaire c'est le 9 avril. Je dis ça, je dis rien). Je précise tout de suite, ce n'est pas un blog porno, hein. Certaines personnes arrivent à parler de sexe d'une manière intelligente, ça mérite d'être souligné.
Cette gente dame s'est amusée à compiler un étonnant florilège des procès les plus insensés. Je vous invite à lire la note en question, mais je ne peux résister au plaisir de vous présenter mon best-of.
Commençons en douceur : Le 7 novembre 2006, la police italienne retire d’une exposition d’art des WC qui produisent l’hymne national quand on tire la chasse. Le procureur de la République exige que ces toilettes sacrilèges changent de disque.
La symbolique était pourtant très amusante. Quel dommage...
Poursuivons, dans la série "le ridicule ne tue pas" : En mars 1997, Benny Subo intente un procès à la Marina de Los Angeles parce qu'un pélican lui a déféqué sur la tête alors qu'il demandait sa main à la femme de sa vie.
Certaines personnes n'ont vraiment pas d'humour. C'était pourtant une demande en mariage d'une originalité rare !
On peut atteindre un âge vénérable et rester une jeune pousse pleine de vigueur : Le 17 mars 2006, à Bergame (Italie), un retraité de 70 ans, tout juste marié, est condamné pour avoir fait l’amour avec sa toute nouvelle épouse (59 ans) sur le siège conducteur… alors qu’il conduisait.
Le 10 février 2006, en Roumanie, une jeune femme condamnée à 4 ans de prison gagne un procès contre son petit copain parce qu’il lui offre des cadeaux débiles quand il vient la voir au parloir. «Il m’offre des photos de lui en train de s’amuser dans des bars», se plaint-elle. Le juge lui donne raison. Constantin (le petit copain) est condamné à faire des cadeaux, des vrais.
A quand une décision de justice pour condamner les petits amis, amants et maris qui offrent des cadeaux merdiques (au choix : électroménager de type mixeur à cinq vitesses, gode ceinture de taille siffredienne labellisé "c'est pour l'arrière-cour ma chérie", ou pire, week-end chez les beaux-parents) ?
Y'en a qu'ont vraiment pas de cul : En novembre 1998, un jeune Egyptien découvre le soir de ses noces qu’il a épousé un laideron de 45 ans et non pas la jeune fille de 18 ans qu’il courtisait. Il porte plainte contre son beau-père pour faux et usage de faux.
Mieux que Michael Scoffield : En septembre 2004, les détenus du centre pénitentiaire d’Anamosa (USA), chargés de fabriquer les plaques d’immatriculation, sont punis pour avoir «oublié» de mettre la lettre C sur celles de Cass County. Sans le C, les plaques se lisent “Comté du cul” (Ass County).
Et enfin, concluons sur une anecdote bien de chez nous : La fille encore mineure d’un vitrier avait été mise enceinte. L’avocat de l’accusé : «La cour doit savoir que la vertu de cette jeune femme est l’article le moins fragile du magasin de son père» (bon mot recueilli par Emmanuel Pierrat dans ses Brèves de Prétoire).
Ben quoi ?
samedi, 02 février 2008
J'adore...
...marcher pieds nus dans les magasins et dans la rue, et que tout le monde trouve ça absolument normal.

C'est étrange comme le seul fait d'ôter un vêtement (en l'occurrence trois fois rien, des chaussures - être en tongs ou pieds nus, c'est presque pareil en plus) suffit pour mettre mal à l'aise. Ca montre le poids des conventions sociales. En France, jamais l'idée de marcher pieds nus ne m'aurait traversé l'esprit, car ce n'est socialement pas admis. J'aurais sans doute été chassée sans ménagement par les vigiles à l'entrée du supermarché, et j'aurais d'ailleurs ressenti une certaine honte à me promener ainsi. L'impression d'être une va-nu-pied (j'accepte les jets de tomate pour l'orthographe approximative de cette expression), une clocharde.
Autrefois je ne me serais même pas posée la question, en réalité. J'aurais mis des chaussures, point. Si on m'avait demandé pourquoi je mettais des chaussures dès que je sortais de chez moi, j'aurais regardé la personne d'un air bizarre. Mais en fait, il ne s'agit pas d'une question de propreté (bien que je déconseille les pieds nus dans Paris ou Toulouse - terrain miné) ou de je ne sais quoi, mais bien d'une question d'habitude sociale. Une contrainte intériorisée depuis tout petit.
Ben du coup, marcher pieds nus en devient sacrément jouissif. J'ai eu l'impression de transgresser un interdit (je suis trop une ouf), alors qu'en fait, ce n'est pas quelque chose que les gens regardent. Tu marches pieds nus dans la rue ? C'est normal. Et ce n'est pas qu'un truc de "campagnards", je l'ai vu de nombreuses fois à Auckland.
C'est le kiwi style.
Et j'adore.
Très bientôt sur vos écrans, une expérience extrême, d'une violence inouïe : Nim' en short.
Non, je déconne.
Faut pas abuser non plus.
jeudi, 17 janvier 2008
"Un optimiste, c'est un homme qui plante deux glands et qui s'achète un hamac."
Cependant, après plusieurs heures à relire d'un oeil globuleux (car trop attentif) un texte d'une centaine de pages, je n'ai pas le courage de disserter comme prévu sur mes aventures de la saturday night fever. Mais, vu que j'ai décidé de me tenir à un rythme régulier sur ce blog, je suis donc contrainte et forcée de vous livrer un petit quelque chose pour vous faire patienter. Or, je n'ai rien à raconter d'intéressant sur mon quotidien très quotidien (par essence), alors je vais piocher dans mon stock d'insolite.
La dernière fois, je vous parlais de la vegemite (que je devrais adopter comme aliment principal, vu la férocité soudaine des moustiques avec l'arrivée de la canicule. En arrosant le jardin, un soir, je me suis retrouvée avec la main droite couverte d'une quinzaine de boutons. En dix minutes, ladite main était atrocement boursouflée. Et qu'est-ce que ça démange ! Heureusement, un bon coup de crème apaisante m'a sauvée d'une agonie lente et terrible. Cela dit, le problème des moustiques est de taille, désormais. Chaque soir, je me calfeutre, et bombarde ma chambre de Baygon - quitte à m'asphyxier moi-même dans mon sommeil.)
Tout d'abord, il paraît qu'il y a un certain nombre de conducteurs néo-zélandistes qui roulent en corbillards, bien plus que le nombre réel de croque-morts. En effet, pour aider cette profession, le gouvernement avait exonéré les croque-morts de la taxe annuelle de leur corbillard. Du coup, des kiwis pas le moins du monde croque-morts, ont joué aux petits malins et ont acheté des corbillards pour bénéficier de l'avantage. D'où un nombre assez important (relativement) de corbillards en circulation, à l'image de Claire dans Six Feet Under. Je ne sais pas si l'exonération est toujours d'actualité, mais c'est une anecdote assez drôle, je trouve, et très symbolique de l'esprit pratique des kiwis. Personnellement, ça m'amuserait beaucoup de rouler en corbillard. Pas facile à garer, mais ce n'est pas pire qu'un pick-up.
Mon deuxième insolite reste dans le domaine du véhicule. De plus en plus de kiwis rachètent des camions qu'ils aménagent avec tout le confort possible pour y vivre dedans. Ainsi, ils voyagent dans tout le pays, et même en Australie pendant la froidure de l'hiver néo-zélandais. De vrais nomades, en somme (les néo-zélandais sont le peuple le plus nomade de la planète, il est très fréquent de voir les kiwis changer plusieurs fois de villes au cours de leur vie, et même de partir à l'étranger. En gros, le kiwi a la bougeotte, et ça vaut également pour leur travail. Beaucoup ont plusieurs casquettes, et ont connu ou connaissent des expériences professionnelles très diverses, bien que plus que d'autres populations).
Ce qui est sympa, c'est que ce phénomène des camions aménagés n'est pas nouveau, et qu'aujourd'hui il n'est pas rare de croiser des familles entières voyageant à la file dans leurs camions, un par membre de la famille. Et ils sont vachement bien aménagés, les camions en question.

Enfin, je concluerais sur une petite perle entendue il y a quelques jours. Bien évidemment, je tairais le nom de la personne. Certaines paroles méritent d'appartenir immédiatement au domaine public ; breveter serait une ignominie pure et simple.
"Quand tu flatules, ça fait un earthquake* dans le bas-ventre".
Amen.
*Un earthquake est un tremblement de terre.
10:42 Publié dans L'insolite est un art de vivre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : L'insolite à portée de z'yeux, la vegemite est peut-être une solution miracle, mais j'ai pas envie d'en bouffer tous les jours, quand j'y pense j'aimais vraiment beaucoup Six Feet Under, comment ça mes tags sont pourris ?
jeudi, 10 janvier 2008
Pschitt !!
En raison d'un temps proprement merdique (on ressort les pulls et les chaussettes - mais j'ai pas osé l'écharpe encore), ces derniers jours ont été consacrés au travail. Comme ça je pourrais profiter des futurs (potentiels) beaux jours sans (trop) culpabiliser.
Je n'ai donc rien à vous raconter, mais comme j'ai envie de fêter l'anniversaire de mes deux mois (le genre de truc que je trouve débile dans une relation de couple, mais là c'est un procédé facile pour meubler un blog - et puis de tout manière il ne s'agit ici que de mes fesses, donc j'ai le droit d'être incohérente), je vous ai concocté des petites brèves insolites. Oui, parce que la Néo-Zélandie est intrinsèquement insolite.
Tout d'abord, je ne peux pas ne pas vous parler (pam ! double négation dans tes dents) de la vegemite. Mais qu'est-ce donc, vous exclamez-vous dans une débauche de curiosité ? Mais non, pas des légumes (veges en anglais) aux mites, voyons ! (J'autorise la lapidation sur ma personne pour cette blague stupide.)
C'est une pâte à tartiner collante et compacte, très salée, de couleur presque noire, et fabriquée à base de levure de bière, d'épices et d'extraits de fruits. Les Néo-zélandais et les Australiens en raffolent complètement. D'après une bretonne de ma connaissance, la vegemite (prononcez [védjémaïte] ) couplée à du beurre rappelle très fortement le goût du beurre salé (je confirme, mais pour moi l'information n'est pas capitale, n'étant pas bretonne - et par corollaire, n'étant pas une folle furieuse du beurre salé. Cela dit, ça peut servir à nos amis bretons qui voudraient se perdre en pays anglo-saxon tout en retrouvant le goût du beurre de leur Breizh adorée).
Dixit Wikipédia, "elle a été inventée en Australie par le technologue de nourriture (NDLA : Il faut avoir beaucoup d'humour pour supporter un tel dénominatif sur sa fiche de salaire) Dr. Cyril P. Calliste en 1923. C'est une proche cousine de la marmite anglaise (NDLA : [marmaïte] hein, pas la casserole. Les Kiwis sont bêtes, mais pas au point de remplacer une casserole par de la pâte à tartiner.). Elle a en effet été inventée par le Dr Callister à la demande de l'industriel Fred Walker pour remplacer la marmite devenue introuvable pendant la première guerre mondiale. Mais c'est pendant la seconde guerre que cette pâte à tartiner, qui faisait partie de la ration des soldats, est vraiment devenue populaire auprès de la population de l'Australie. On trouve un équivalent en Suisse sous le nom de Cenovis."
Merci, ô Wikipédia.

Il faut savoir que l'odeur de la vegemite concentrée est très forte, et rebute le nez novice. Mais, ma foi, tartinée sur un bon toast beurré, ce n'est pas mauvais, au contraire. J'ai juste du mal à comprendre l'engouement quasi-hystérique qu'il y a autour, parce que ce n'est pas extraordinaire non plus. Je lui préfère, et de loin, une bonne cuillère d'Hazelnut (le Nutella local - d'ailleurs, petit conseil : n'achetez jamais la marque Nutella en Nouvelle-Zélande, vous seriez déçus) !
Selon la légende, il paraîtrait que manger un toast de vegemite chaque jour éloigne les moustiques (comme les pommes avec le docteur. Mais si : an apple a day keeps the doctor away). J'ai voulu tester, et puis j'ai arrêté au bout de deux jours. Je ne suis pas une dingue de la védjémaïte, en fait. Mais bon, les moustiques ne sont pas dingues de moi non plus, donc tout va bien.
Et puis en fait, ça sera tout pour aujourd'hui. Voui, j'en garde pour plus tard.
08:00 Publié dans L'insolite est un art de vivre | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


