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mercredi, 16 avril 2008
Dimanche 23 mars : l'équipée sauvage à la calédonienne
Comme promis, je débute enfin le récit des mes aventures trépidantes en Nouvelle-Calédonie. J'ai été méga palpitée dès le premier jour, donc le premier compte-rendu sera scindé en plusieurs notes de manière à ne pas provoquer d'intoxication alimentaire blogosphaire chez le lecteur. Et ne criez pas à l'injustice par manque de photographies, il n'y avait pas grand chose à immortaliser le premier jour, hormis le plateau repas de l'avion ou le sourire la grimace des douaniers. Z'allez voir pourquoi.
Pré Scriptouille : Han, c'est trop joli le orange. Ca jure grave avec le vert de la présentation générale, j'adore.
Pré Scriptouille deuxième : Le récit est écrit au jour le jour, donc faites comme si nous étions le dimanche 23 mars. Un peu d'imagination, diantre foutre fichtre.
(Ouvrez les guillemets :) Somme toute, l'angoisse qui m'étreignait hier était justifiée. Je crois n'avoir jamais vécu une journée de voyage aussi rocambolesque et, même, n'ayons pas peur des mots, merdique.
A 6h30, en ce dimanche matin de week-end de Pâques, je suis douchée, habillée, valise faite et ordinateur rangé. Normal, j'ai fait nuit blanche, donc je suis loin d'être à la bourre. En revanche, ce n'est pas le cas des autres protagonistes. A 4h30, Sylvie est allée se coucher "une petite demie heure" (sic). Deux heures plus tard, je me résous à aller la réveiller, sous peine d'être contraintes de gagner Nouméa à la nage, les cartons de livres sur la tête. A 7h, (après un câlin au chat - les enfants dorment encore) nous décollons en voiture avec Hervé et Liivi (l'amie d'origine estonienne avec qui j'avais bossé sur la traduction d'un livre). Hervé est clairement dans le pâté, s'étant arraché du lit cinq minutes avant de partir. Et après ça fait son malin comme quoi "l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt"... Et la feignasse n'est pas celle que l'on croit. En plus, pour la peine, j'ai pu admirer la magnifique pleine lune dans le ciel du petit matin, tout frais nimbé d'une douce lumière bleutée.
L'aéroport de Nelson n'est pas très loin, Hervé nous dépose rapidement pour retourner auprès des enfants livrés à eux-mêmes, et nous entamons les formalités d'enregistrement des bagages en compagnie de Liivi. Je n'ai qu'une petite valise (la même que celle que j'ai utilisé pour mon tour de l'île du Sud), et Sylvie n'a pas beaucoup d'affaires personnelles non plus. En revanche, nous sommes chargées comme des mules avec cinq cartons de bouquins, et quelques bouquins glissés dans la valise de Sylvie. Au total, quatre-vingt-dix kilos de bagages. Je vous dis pas les frais de supplément que Sylvie a dû payer. Normalement les livres auraient dû être envoyés aux librairies par cargo bien avant que nous n'arrivions, mais les délais d'impression du petit dernier, L'envol, et le temps de voyage moyen d'un colis jusqu'à Nouméa (plus de trois semaines...), ne nous ont pas laissé le choix. Mais c'était une très mauvaise idée. Vraiment très mauvaise.
Quoiqu'il en soit, pour l'instant, hormis les frais de supplément qui font toujours mal au cul, les choses démarrent bien. Nous profitons d'une heure et demi de battement avant l'embarquement pour discuter avec Liivi autour d'un café. Dans la lumière blafarde du matin et l'atmosphère morne du petit aéroport, je sens de mon côté un gros coup de barre s'annoncer, et m'affale sur la table pour quêter un brin de sommeil. Je grapille quelques minutes, les yeux fermés et la tête sur mes bras, puis tente tant bien que mal de faire acte de présence. C'est la dernière fois que je vois Liivi avant longtemps, alors c'est la moindre des choses.
L'embarquement est annoncé, nous montons dans l'avion. Je suis d'ailleurs étonnée par la tranquilité de cet aéroport où personne ne contrôle les bagages à main avant de monter dans la bête. Assez surprenant quand on compare avec les précautions presque hystériques des aéroports internationaux. Le vol jusqu'à Auckland est rapide dans le petit avion, seulement une heure et demi. A peine le temps de m'endormir une petite demi-heure, et encore. J'arrive à Auckland l'oeil hagard et le cheveu terne à cause de ce temps de sommeil trop court, et Sylvie ne vaut pas tellement mieux. Nous récupérons nos septs valises et cartons, et gambadons jusqu'au terminal international avec nos chariots à bagages dûment chargés. Il faut dix minutes de marche sur les trottoirs de l'aéroport pour rejoindre l'autre terminal. Il fait grand soleil, et on se marre parce que les valises se cassent la gueule et qu'on n'arrive pas à remettre la plus grosse (32 kilos quand même) dans le droit chemin. Les chariots glissent, le mien essaie de m'entourlouper en roulant jusqu'au bord de la route, et on crée un bouchon matinal sur la voie de transit parce que nos chariots traînent bien au milieu. Normal, quoi.
Nous avons du temps avant notre vol pour Nouméa, mais nous préférons nous débarrasser maintenant de ces quatre-vingt-dix kilos encombrants. Après une attente d'une demi-heure avant l'ouverture du guichet, la fille qui procède au check-in prend terriblement son temps et s'emmêle quand même les pinceaux. Elle colle les tickets des cartons sur mon billet et pas sur celui de Sylvie. En plus, elle ne me donne pas ma carte d'embarquement, ce que je ne remarque pas sur le moment, toute obnubilée que je suis par la restitution de mon passeport (qu'elle conserve religieusement depuis déjà dix minutes).
Nos bagages embarqués, nous payons la taxe de départ (25NZ$ pour tout voyageur quittant le territoire). Puis nous passons le contrôle des bagages à main (où il faut sortir l'ordinateur du sac et enlever sa ceinture - je me retrouve ensuite comme à chaque fois à me battre pendant dix minutes avec l'ordinateur qui ne veut pas retourner dans le sac, tandis que mon pantalon me tombe sur les chevilles). Juste après se trouvent les douanes néo-zélandaises (oui, même pour les départs). Confiante, pure et innocente comme l'agneau naissant, je fais mon plus beau sourire au douanier (au demeurant plutôt pas mal) en lui donnant mes billets et mon passeport. Ledit douanier me regarde d'un air interloqué : "mais vous n'avez pas de carte d'embarquement ?". Ah ben oui, maintenant que tu le dis... Merde alors. Je lui explique que la dame du check-in ne m'a rien donné d'autre, et que la dame de la taxe de départ n'a même pas tilté. Il m'adresse un regard compatissant mais inquiet. Je déglutis avec appréhension, et me fustige intérieurement de n'avoir pas vérifié la présence de ma carte d'embarquement. Ce n'est pas la première fois que je prends l'avion, bon sang. Il me demande gentiment de le suivre, et j'imagine déjà subir un interrogatoire musclé type Guantanamo dans une petite pièce sans fenêtre et avec un miroir sans tain. Adieu Nouméa, bonjour le pyjama orange.
(...)
08:45 Publié dans Interlude néo-calédonien | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ca débute en force, zen et patience sont mes meilleurs amis



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