« Lundi 24 mars : Nouméa | Page d'accueil | Mercredi 26 mars »

vendredi, 18 avril 2008

Mardi 25 mars

Couchée de bonne heure, je me réveille de bonne heure. A 9h je suis douchée, habillée, prête à partir découvrir Nouméa. Sac à dos sur les épaules, je profite du soleil qui semble vouloir éclairer la matinée, et je me dirige tout droit vers les quais et le bord de l'eau. Je prends quelques clichés de la place des Cocotiers et de son kiosque, mais l'inspiration n'est pas là. Nouméa est une ville tirée à angle droit, pas très propre et sans grande originalité car la plupart des bâtiments de type colonial ont été détruits. Seule l'ambiance polynésienne, l'omniprésence de la culture kanak et la lourdeur de l'air me rappellent que je suis en Nouvelle-Calédonie. Il paraît qu'il faut quelques temps avant d'apprécier Nouméa ; effectivement, je ne suis pas réellement convaincue par la ville, contrairement aux villes néo-zélandaises qui m'ont souvent captivée dès mon arrivée. Pourtant je sens qu'il suffirait d'un rien pour que je m'habitue à l'indolence et au mode de vie bien particulier des Calédoniens. C'est étrange, je suis à la fois détachée et attirée par cette ville aux accents tropicaux.
 
182193363.JPG
Nouméa vue depuis le haut de l'escalier menant à l'auberge de jeunesse. Non, ce n'est pas un effet d'optique, la pente est très raide. Mes cuisses s'en souviennent. 
 
1760705487.JPG
Non, je n'ai pas cherché à photographier une Pigeot 206 sans enjôliveurs, mais plutôt le début de la Place des Cocotiers, place centrale du centre-ville de Nouméa. Oui, c'est au centre, quoi. Je me trouve une centaine de mètres plus loin que sur la photo précédente. On dit "place des Cocotiers" du temps où les colons avaient planté des cocotiers pour délimiter leurs potagers. Depuis cette époque les cocotiers ont disparu, remplacés par des palmiers et des flamboyants.
 
1334488028.JPG
Le kiosque à musique de la place des Cocotiers. La photo est prise tôt le matin (genre à l'aube, 9h du matin). En fin d'après-midi il y a souvent beaucoup de groupes de jeunes qui moulent un peu partout. 
La place des Cocotiers est aussi très appréciée des kanaks qui aiment se vautrer à l'ombre des arbres l'après-midi pour faire la sieste. 
 

Malgré l'heure matinale, il fait déjà très chaud, et je suis rapidement trempée de sueur. Je déteste cette sensation de me liquéfier sur place, mais je ne vais pas passer mes journées à attendre que ça passe. Il faut bien que je visite. Je brave donc l'inconfort de mon allergie à la chaleur pour remonter le long des quais jusqu'au Port Moselle. Au passage je m'arrête brièvement dans le Géant Casino du coin pour acheter du savon, du shampoing, et trois conneries pour petit-déjeuner. Ca me fait tout bizarre de retrouver une enseigne française, et qui plus est de communiquer en français. Après cet intermède accordé à la croissance du chiffre d'affaire de la grande distribution, je promène le long du Port Moselle, très joli. Bon, ce n'est qu'un port comme un autre, mais on connaît mon amour pour les ports. Je m'installe d'ailleurs une petite heure à la terrasse d'un café jouxtant le quai, pour m'accorder un répit dans cette marche harassante (la chaleur est plombante avec la saison des pluies qui approche) et lire les Nouvelles Calédoniennes que j'ai acheté. J'aime bien lire le journal local pour "capter" l'ambiance d'un endroit, et je repère les articles parlant de Sylvie (qui seront intégrés au dossier de presse - ne perdons pas le nord).
 
1440784429.JPG
La beauté de la symétrie m'étreint. 
 
1877979860.JPG
Bâtô !  
 
1448934648.JPG
Bâtôô ! Hii ! (...)


Le vent se met à souffler violemment, attirant un paquet de nuages qui menacent de nous déverser leurs eaux sur la tête, mais finalement ce n'est qu'une fausse alerte. Je repars donc, me dirigeant vers le Quartier Latin, situé à côté du centre ville. L'on y trouve certaines des rues les plus animées, avec plein de magasins qui proposent plein de trucs jolis. Je résiste à l'appel de la consommation compulsive et retiens mes pulsions d'achat. Je remonte par la cathédrale, située près de mon auberge de jeunesse. La cathédrale est assez belle, haute et grande, avec des branches de pandanus accrochées à la porte et sur les murs. Drôle de mélange entre le catholicisme européen et la culture des îles.

Puis je retourne à mon auberge, suant à n'en plus pouvoir. Je me repose une demi-heure avec un bouquin à la main, pour éviter l'insolation, avant de me rendre au Best Café (avec un carton de livres sous le bras), où je vais manger et attendre Sylvie qui doit m'y rejoindre. Le Best Café est tenu par William, qui héberge Sylvie cette semaine. J'arrive comme une princesse, car William m'installe à une grande table pour moi toute seule. C'est la classe de connaître quelqu'un qui connaît tout le monde, en fait. Je mange une bonne plâtrée de pâtes au saumon (on ne se refait pas), les yeux rivés sur les pages de mon livre. Il n'y a rien de pire pour une fille que de manger seule au restaurant, parce qu'il y a toujours quelqu'un pour t'enquiquiner, même quand on affiche ostensiblement qu'on est très occupée à lire. Un gugus, à qui j'ai adressé un sourire compatissant parce qu'il s'était mangé une marche de l'escalier, vient m'offrir un café (après qu'il ait passé plusieurs minutes à hésiter, j'y vais, j'y vais pas). L'ennui, c'est que le gugus en question a l'âge de mon père. Alors bon, c'est gentil, mais je n'ai aucun problème avec mon complexe d'Oedipe, merci. Il aurait été plus jeune, là, j'aurais pas dit non... La vie est mal faite.

Plutôt étonnée par cette approche à laquelle je ne suis pas trop habituée, et par les nombreux regards que me jettent les hommes qui rentrent dans le restaurant (j'ai un truc entre les dents, ou quoi ?), je réalise brusquement que je porte un débardeur blanc. Sans soutien-gorge. Et par temps humide. Pour la peine, mon 85B est bien mis en valeur... Ajoutez à ça un petit short (ben oui, il fait chaud, je m'équipe en conséquence) : je dois avoir l'air plutôt racoleuse. Je n'avais pas du tout pensé à ça quand je me suis habillée ce matin... Dans ce genre de situation, la seule solution est de rester digne. Je suis à moitié nue, oui et alors ? Un air digne, une petite moue sévère genre "fais moi pas chier", et le mâle se tient à distance. J'ai ainsi évité le viol collectif, mais pas les regards lubriques. Tant pis. Même pas peur.

Le repas terminé, je discute un peu avec William, puis Sylvie arrive et m'explique ce que je dois faire pour les jours prochains. Je l'accompagne ensuite dans sa tournée des commerçants qu'elle connaît. Nous allons saluer entre autres les libraires qui accueillent les dédicaces et leur distribuer quelques livres, et nous passons voir un très sympathique commerçant que Sylvie connaît bien (ex-diplomate au Japon), qui nous raconte des blagues et veut me faire dessiner des conneries sur son livre d'or. La pluie se met alors à tomber, et nous terminons nos démarches sous une pluie battante. Les pieds trempés et les cheveux ruisselant dans les yeux, je perds mes tongs tous les trois mètres, ça fait bien rire les kanaks qui sont assis nonchalemment sous leur porche.

La pluie se calme, j'en profite pour récupérer mon ordinateur (et enlever mes vêtements de pute roumaine) et rejoindre Sylvie au Best Café. Entretemps je me tape pour la énième fois la volée de marches qui conduit jusqu'à l'auberge, et croyez-moi, ce n'est pas de la tarte. J'arrive essouflée et dégoulinante de transpiration en haut de la montée. Je vais avoir des cuissots musclés à mon retour en France... J'essaie de travailler un peu depuis le Best Café, mais j'ai un gros coup de barre et j'ai tout juste le courage de regarder mes e-mails deux minutes sur l'ordinateur de Sylvie, connecté au wifi. Sylvie attend un de ses amis, professeur au Lycée d'hôtellerie Escoffier, qui est un établissement très reconnu dans le monde entier. En l'attendant, nous prenons un apéritif, Suze et vodka orange. Je vous laisse deviner mon choix (Zubrowska powa). Puis l'ami de Sylvie, très drôle et sympathique, nous embarque dans un restaurant chinois qu'il connaît bien, où je déguste un délicieux canard aux litchis avec une sauce douce qui m'est inconnue. Même que j'arrive à manger mon riz avec les baguettes sans en foutre partout par terre.

Il me dépose à l'auberge, en échange des cartons de livres qu'il entasse dans son coffre, sous une pluie tenace. Je me jette aussitôt sous la douche pour me débarrasser des couches successives de sueur et de pluie qui encombrent ma peau. Je découvre au passage des débuts d'ampoule sur mes plantes de pied. Aïe. Vais-je devoir renoncer à la ventilation naturelle des tongs pour le confort plantaire étouffant des baskets ? Vous le saurez dans le prochain épisode. En attendant, je vais dormir. J'ai trooop de trucs à faire demain, vous avez même pas idée.

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://nimlatoastergirl.hautetfort.com/trackback/1580608

Ecrire un commentaire