« L'équipée sauvage à la calédonienne (3) | Page d'accueil | Dimanche 23 mars : l'équipée sauvage à la calédonienne »
mercredi, 16 avril 2008
L'équipée sauvage à la calédonienne (2)
(...)
Et puis finalement non, il me fait patienter devant le donjon des douaniers pendant qu'il explique ma situation à son collègue. Je vois à travers la vitre qu'il m'observe d'un drôle d'air, comme si cette erreur d'inattention allait me conduire à la lapidation publique sur le tarmac. Ou alors il est tombé sous mon charme, mais j'en doute fort. J'ai pas l'air fine, à cet instant précis de la journée. Je vérifie que la fameuse carte ne soit pas cachée dans un repli de mon sac, mais non. La vilaine dame a bien oublié mon boarding pass. Après (je suppose) vérification de mon identité et de la validité de mon check-in, un autre douanier vient me ramener mon billet et mon passeport, avec en prime un sourire et un mot d'excuse. Y'a pas à dire, les douaniers kiwis sont les plus gentils que j'ai jamais vu.
Pour se remettre de ces émotions, Sylvie m'entraîne aussitôt vers les magasins duty-free, fait une razzia sur les parfums et achète une crème de beauté hors de prix (La Mer, pour les connaisseuses... Je m'évanouis rien qu'à la vue du prix). Duty-free ou pas duty-free, je n'ai pas spécialement envie de dépenser mon fric dans un nouveau parfum (mon Black XS me convient amplement) ou dans un produit de beauté (que j'appliquerai une fois par mois, et encore, parce que ça me gonfle). Je regarde d'un air curieux les rayons des produits de La Prairie, de La Mer (les cosmétiques de luxe sont très bucoliques), de Dior et de toutes ces marques qui vendent à des prix faramineux une molécule miracle dans un beau couvercle qui fait joli à côté de ton peigne à cheveux. J'aime bien en fait, mais je n'en achète jamais. C'est juste impensable, et même grossier, pour mon budget d'étudiante qui vit aux crochets de ses parents.
Bref bref. Pendant que Sylvie paie ses achats, j'achète quelques cartes postales que j'ai promis d'envoyer depuis des mois. Cela sera fait dès mon retour en Nouvelle-Zélande. Puis soudain, alors que nous sommes en quête d'une auberge potable pour grailler, j'entends du bout de l'oreille "Amandine is immediately requested at the transfer desk". Mais vraiment comme ça, juste le prénom, aucun nom de famille. Sur le coup, je m'interloque, je doute, j'hésite, et si quelqu'un avait pour nom de famille Amandine ? Mais cela ne s'est jamais vu, et ce n'est pas un prénom kiwi, donc il ne peut s'agir que de moi. En plus, vu la mouise que je me traîne aujourd'hui, il est très possible que ça soit en rapport avec ma carte d'embarquement inexistante. L'annonce est répétée plusieurs fois, et ça me fait tout bizarre. J'ai l'impression d'être Tom Hanks dans Le Terminal, où tous les employés de l'aéroport le connaissent et l'interpellent par son prénom. Genre ma mésaventure aux douanes a déjà fait le tour de l'aéroport, et tout le monde connaît la petite Française qui n'a pas de carte d'embarquement. Ouais, j'ai des bons délires dans ma tête.
Nous peinons à trouver le fameux transfer desk, malgré plusieurs allers-retours qui commencent à me scier le dos (ça pèse, un ordinateur). Je demande mon chemin à la vieille dame du bien-nommé Help desk, qui me demande de répéter plusieurs fois puis d'écrire ma demande, parce qu'en fait, elle est sourde. C'est très kiwi comme truc, de mettre leurs handicapés dans des postes à la con pour les occuper et les intégrer à la société. En général c'est positif, mais là... mettre une sourde à un poste d'aide et de renseignement dans un aéroport international où la majorité des gens baragouine à peine l'anglais... Sacrés kiwis.
Hop, je me dirige vers le transfer desk avec Sylvie, bien décidées à mettre ça au clair. Je me présente : je suis Amandine, la seule, l'unique (en fait les anglais ont de grosses difficultés à prononcer mon nom de famille. C'est vrai, c'est trop compliqué un nom en trois lettres avec un r au milieu). Je m'attends à ce que l'hôtesse me déblatère au sujet de ma carte d'embarquement, mais que nenni ! Elle me convie à patienter un instant, et dit qu'elle m'envoie quelqu'un. Ouh putain, mais c'est Guantanamo encore ou le club des VIP ?! Une nénette se radine, et nous affirme que nous n'avons pas payé pour l'énorme supplément bagage. Ah mais si ma brave dame, tenez voilà le reçu. Les deux hôtesses semblent parfaitement esbaudies face à ce prodige, un supplément payé qu'est pas payé. En fait, c'est Sylvie qui a déclaré et payé pour les suppléments bagage, mais les tickets des bagages ont été collés sur mon billet à moi. D'où embrouille informatique, j'imagine. Pour la peine, je m'incruste dans la conversation (après tout, c'est moi qu'on a appelé, non ?) et explique mon problème de carte d'embarquement. Nouveaux regards d'incompréhension de la part de mes interlocutrices. Hé ouais les filles, quand c'est le caca une fois, c'est le caca partout. Mais j'obtiens ENFIN mon boarding pass que je brandis avec fierté aux yeux du monde transi. Je suis EN REGLE. Je ne suis plus la voyageuse mystère qui n'a qu'un simple prénom.
Sur ces entrefaites, et après un peu d'auto-promo de Sylvie qui ne loupe pas une occasion de parler des bouquins (et tant mieux, faut bien les vendre), nous revenons à notre objectif premier : manger. En gros, nous avons le choix entre un Burger King et une bakery pourrie. Fidèle à moi-même, je refuse tout net le Burger King que-d'abord-c'est-même-pas-bon, et nous testons l'espèce de bakery. Avec regret. C'est très mauvais. Nous aurions dû manger avant de passer les douanes, il y avait plus de choix.
Un peu plus tard, je manque perdre Sylvie qui ne me voit pas et me cherche pendant dix minutes. Elle est aussi myope que moi et refuse de porter ses lunettes, sauf en cas de nécessité nécessiteuse. Du coup, elle ne voit personne. Ce petit jeu de cache-cache improvisé nous conduit tout droit à la porte d'embarquement, où heureusement il ne nous arrive rien. Même que je n'ai pas de voisin à ma gauche dans l'avion. Les emmerdes seraient-elles finies ? Mais non, sinon ce ne serait pas drôle.
(...)
07:44 Publié dans Interlude néo-calédonien | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les emmerdes, ça dure, ça dure...



Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://nimlatoastergirl.hautetfort.com/trackback/1567107
Ecrire un commentaire