« Le soleil se couche toujours à l'ouest. | Page d'accueil | Dites... »

samedi, 12 avril 2008

Coucher de soleil et instants de grâce.

Une odeur d'automne. Les journées raccourcissent, la fraîcheur s'installe aussitôt que le soleil fléchit, et le temps s'étire comme pour repousser l'hiver inexorable. Je suis rentrée mardi, et le tourbillon de la multitude de tâches à effectuer m'emporte encore. Je quitte Nelson le 25 avril, et la suite des aventures est complètement incertaine. Je ne sais pas encore quand je rentre en France (je n'ai pas encore changé mon billet d'avion), je ne sais pas si je vais en Australie une semaine, je ne sais pas où je dors à Paris. Je ne sais pas où je vais travailler cet été. France, Espagne, Irlande ? Je ne sais pas, je ne sais pas. Je ne sais pas.

En fait, je repousse toutes ces décisions parce que je ne veux pas partir d'ici. Je m'en suis rendue compte avec une acuité cruelle lorsque j'ai posé le pied à l'aéroport d'Auckland. J'ai eu le sentiment de rentrer à la maison. Home sweet home. Un peu amère comme impression lorsqu'on sait que je n'ai que plus que deux semaines à faire ici, non ?

Je ne veux pas partir, parce que je me sens bien en Nouvelle-Zélande. Je l'ai parcouru en long, en large et en travers, et pourtant je sais qu'il me reste énormément d'endroits à découvrir, et de surprises à expérimenter. Je ne veux pas partir, parce que la Nouvelle-Zélande me convient mieux que la France. Je ne peux pas trop expliquer pourquoi, c'est une conviction viscérale et pas forcément raisonnée. Mais je dois partir, non seulement parce que mes études ne sont pas finies et que je ne suis pas ahurie au point de sacrifier tous mes efforts sur l'autel du merveilleux, mais également pour une autre raison fondamentale. Je sais que si je trouve le moyen de m'installer en Nouvelle-Zélande, je n'en partirais plus. Ce qui serait bien dommage, vous en conviendrez. Il y a tellement de choses à découvrir dans le monde.

Quoiqu'il en soit, je contemple le soleil couchant avec un désarroi mi-résigné mi-révolté. Je suis partagée entre l'excitation d'un nouveau départ, encore, et la tristesse véritablement douloureuse de partir. Parfois je me demande si je pourrais revenir un jour. Et si la vie en décidait autrement ? Et s'il m'arrivait un malheur quelconque ? Et si je ne trouvais jamais l'opportunité professionnelle pour être acceptée comme résidente ? L'immigration en Nouvelle-Zélande n'est pas chose facile. Mais je ne parviens pas (plus) à concevoir ma vie sans remettre les pieds ici.

Vaines élucubrations. J'ai fait mon choix, je tiens à rentrer à Toulouse pour obtenir mon diplôme. Le reste appartient à la nébuleuse de l'avenir. Seulement je sais qu'une partie de moi va rester ancrée en Aotearoa. C'est marrant : en général, on tombe amoureuse d'un homme, pas d'un pays.

Il est néanmoins temps que je me réveille. D'incertitude en regret je laisse filer les jours, alors qu'il me faut préparer la suite de ma vie. Tout ne tombe pas cuit dans l'assiette, malheureusement. Mais pour l'instant, je perpétue l'illusion, je fais un câlin au chat et je travaille comme si rien n'allait changer. Cela ne durera pas. Je ne m'accorde un répit que jusqu'à lundi. Les rêves, c'est bien, mais la réalité, c'est mieux.

Le point positif dans toute cette affaire, c'est que j'ai désormais un but dans la vie : m'installer en Nouvelle-Zélande, dans dix, quinze, vingt ans. C'est un objectif plaisant, non ? J'obtiendrai de beaux diplômes et je rassemblerai un capital conséquent, suffisant en tout cas pour que les services de l'immigration m'accueillent les bras grands ouverts. D'ici là, ça me laisse une bonne marge pour aller mettre mon nez ailleurs.

Post Scriptouille : le compte-rendu de mes aventures en Nouvelle-Calédonie est en cours de réalisation. Vous l'aurez incessament sous peu (dès que j'aurais deux minutes).
 
131009903.JPG
Ce que l'on peut voir depuis la route de Tahunanui, tout près du centre-ville de Nelson.
Autrement plus seyant que les barreaux aux fenêtres d'une école lugubre.
Cela réconcilie avec le Monde, je trouve.  
 

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://nimlatoastergirl.hautetfort.com/trackback/1560481

Commentaires

A méditer very smart toaster girl : l'avantage dans le fait de tomber amoureuse d'un pays c'est qu'on souhaite le partager avec tous ceux qui sauront l'apprécier alors que l'homme qu'on aime, on n'a pas du tout envie de le partager...ceci pour ouvrir une porte sur une autre facette du sentiment d'Amour!
A bientôt....à demain à dans 10, 20 ou 30 ans ....Ariki is there you know all the doors, at least one will be open .....

Ecrit par : Carène Wood | samedi, 12 avril 2008

Ecrire un commentaire