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dimanche, 27 janvier 2008

Un p'tit coup de permafrost pour la route ?

Sylvie postule cette année au prix littéraire Pierre Loti, qui récompense les récits de voyage. Par curiosité, j'ai lu le lauréat de l'an dernier, Philippe Sauve avec Siberia. Cet homme, à trente-deux ans et des poussières, a déjà fait le tour du monde à pieds et en canoë (seul évidemment, sinon c'est pas drôle j'imagine - et à dix-huit piges, s'il vous plaît. A cet âge, je partais pour la première fois en vacances toute seule), exploré l'Amazonie, rencontré les Inuits et les Amérindiens, et traversé la Sibérie en canoë.
 
a9b3b5e48e13f8d44787d55452ec19a8.jpgSiberia est le récit de cette remontée du fleuve Lena en Sibérie, du Lac Baïkal à l'Arctique. 3800 kilomètres en solitaire, dans un pays dont il ne comprenait pas la langue au-départ, à ramer des deux bras sur une coque de noix.

Cet homme est un gentil illuminé.

Son style en lui-même n'est pas extraordinaire. Il écrit correctement et efficacement, et se permet quelques envolées lyriques qui ne m'ont pas forcément convaincues, mais qui s'adaptent au récit.
J'ai beaucoup aimé ce livre pour son contenu. L'aventure de Philippe Sauve est véritablement extraordinaire, au sens littéral du terme. Il a bravé le froid sibérien, la menace omniprésente des ours, l'incompréhension et la méchanceté d'hommes d'une culture radicalement différente, et les pièges du fleuve et de la nature. Mais surtout, il a bravé sa propre peur. La peur de l'inconnu, la peur des dangers de la Nature et de la menace des hommes. L'intérêt de Siberia réside dans la franchise du ton : il a eu peur, tous les jours, des peurs rationnelles, irrationnelles, surréalistes, exagérées, et il les raconte avec sincérité et lucidité. Le dépassement de soi et la confrontation avec le danger avaient pour but la quête de lui-même, de son identité, de ses capacités et de ses limites. Certains paient un psychiatre ; il se frotte aux éléments et à un environnement hostile.

Il nous dépeint également par touches une Russie nouvelle et inconnue, la Russie délaissée par les autorités moscovites. La Russie sibérienne dispose de ressources naturelles immenses (bois, hydrocarbures, poissons, et j'en passe), mais depuis la débâcle de la perestroïka, nul ne s'y intéresse. Les populations ont fui vers des cieux plus cléments, et seuls subsistent les irréductibles qui aiment viscéralement leur terre. On découvre des hommes qui vivent au rythme de la nature, qui n'ont pas toujours l'électricité, qui vivent comme au début du siècle précédent, à des années-lumières de la vie moscovite. Des hommes rudes, amochés par l'alcool et l'absence d'avenir dans cette zone désindustrialisée.    
Mais on découvre aussi que la Russie est un pays d'ethnies : on croise des Ukrainiens, des Tadjiks, des Iakoutes (peuple d'origine turque), des Evenks (vivant dans les contrées les plus froides, l'équivalent en quelque sorte des Inuits), etc. On découvre la générosité de ces peuples, qui n'hésitent pas à partager leur toit et leur repas avec un étranger. Mais on découvre également leur misère, l'alcoolisme omniprésent, et on déplore que chaque rencontre soit faussée par l'argent : rares sont ceux qui n'essaient pas de soutirer un peu d'argent à "l'étranger", d'une manière ou d'une autre, surtout les Russes. Les Iakoutes, soumis à un certain ostracisme et moins urbains, ont moins souffert de la désindustrialisation catastrophique : ils continuent de vivre de la Nature, dans leur coin. Ils sont de fait plus ouverts et moins méfiants que les Russes, en règle générale.

Rien que pour cette peinture humaine et naturelle d'un pays sauvage et méconnu, Siberia vaut la peine d'être lu. Ce n'est pas un monument de la littérature, loin de là, mais c'est un ouvrage qui fait réfléchir sur notre condition d'être humain et d'être tout court. Qu'attendons-nous de la vie, exactement ? Chacun de nous a sa propre réponse, mais rares sont ceux qui la formulent clairement, ou en ont réellement conscience.

mercredi, 23 janvier 2008

Je suis sur un tapis roulant, et je ne m'en rends même pas compte.

Paraît que la Terre a bougé, il y a deux-trois jours. Attends, la Terre bouge et je m'en rends même pas compte ? Certes, j'ai la tête dans les nuages les trois quarts de la journée, mais j'ai les pieds au sol, quand même.

Alors j'y crois moyen, à leur histoire de tremblement de terre. C'est comme le yéti ou la nocivité des ondes wifi, je dois le voir pour y croire.

Et pourtant.
Tout à l'heure, je tape compulsivement sur mon clavier - comme pendant les trois quarts de mes journées, quand soudain, mon regard va se perdre sur l'horizon (le mur d'en face, s'entend). Et là, je comprends.
Y'a plus un seul tableau de droit.
On dirait qu'ils sortent tous de biture.

Ca fait quelque chose de voir concrètement que la Terre a bougé sans que je m'en sois rendue compte. Comme une impression d'avoir perdu le contact avec la réalité et le monde qui m'entoure, juste un instant, celui où la plaque a décidé de s'ébrouer.

C'est fou, quand même, une secousse de cette amplitude, et je n'ai rien senti.

Peut-être que j'ai été enlevée par les extra-terrestres.

Ca expliquerait beaucoup de choses.

 

Excusez-moi, j'ai mon nez qui clignote, c'est l'heure d'aller faire pipi.  

Viendez tous à Romans !

Vous êtes comme moi, vous ne savez pas où se trouve Romans ? C'est normal ! Et ce n'est pas grave. Aucun somalien ne mourra à cause de votre ignorance. Pourquoi un somalien ? Aucune idée. J'aurais aussi bien pu parler d'un bangladeshois (?), d'un tchétchène, d'un soudanais, et de bien d'autres. Ce ne sont pas les peuples agonisants lentement dans leur misère qui manquent.

Comment ? Je pars en vrac, là ? C'est normal aussi. Au risque de me répéter, sachez-le, je ne suis pas cohérente. Jamais. Et l'incohérence (apparente) d'un texte est l'une des choses les plus marrantes dans l'écriture semi-automatique. Mais rassurez-vous, cette note va quelque part. 

En effet, aujourd'hui je veux vous parler du Festival de Romans. Vous pouvez voir la petite animation adéquate en haut à droite de ce blog. Pour la petite histoire, ce " Festival de l'expression sur Internet " propose un concours de blogs. Il y a une petite vingtaine de catégories où les blogueurs (uniquement amateurs) peuvent proposer leur petit monde à la vindicte populaire au vote des lecteurs. Les inscriptions sont ouvertes jusqu'à fin février, et les votes auront lieu du 1er mars au je-sais-pas-quand (un mois, il me semble). 

Quelques précisions : " En février 2007, le premier festival de Romans a récompensé 27 amateurs dans 9 catégories artistiques. Des lauréats sélectionnés parmi 2.000 candidats dont le point commun était d’utiliser Internet pour s’exprimer et mettre en ligne des créations originales.  En avril 2008, le festival de Romans ouvrira sa deuxième édition et relèvera une nouvelle fois le défi de déceler les meilleurs talents du web. Plus de catégories, plus d’événements dans la ville, plus de moyens de s’exprimer et de partager l’acte créatif, plus d’occasions de rencontrer les artistes dans leur univers, une organisation renforcée et une ambition décuplée feront de ce deuxième festival le rendez-vous unique de celles et ceux qui s’expriment sur Internet et qui veulent partager leur talent pour se faire connaître. "

J'aime bien l'esprit du truc, alors je me suis inscrite, dans la catégorie blog voyage. Evidemment, le principe du concours étant de faire voter les lecteurs pour leur blog préféré, les gagnants sont généralement les grosses machines qui rassemblent beaucoup de trafic. Ce n'est pas avec mes 250 visiteurs uniques mensuels que je vais casser des briques. Bien sûr, la qualité ne se juge pas sur la quantité (petite pirouette), et je n'ai pas vraiment l'intention de faire une campagne massive en faveur de moi-même. De toute manière, je serais encore en Néo-Zélandie le jour de la remise des récompenses, donc, je ne pourrais même pas me couvrir de gloire sous les flashes et les applaudissements de la foule en délire dans cette ville que je-sais-même-pas-où-c'est.

 

N'empêche. Votez pour moi ! Et ne vous inquiétez pas, je vous en reparlerais d'ici l'ouverture des votes. Ma mégalomanie est en bonne voie.  

jeudi, 17 janvier 2008

"Un optimiste, c'est un homme qui plante deux glands et qui s'achète un hamac."

[Jean de Lattre de Tassigny]
[Définition personnelle de Nim' : "une optimiste maline, c'est une femme qui plante deux gland(u)s et s'achète avec leur argent une grande propriété pour y accrocher un hamac".]
 
 
 
Il y a quelques heures, j'étais partie pour vous écrire une note sur les nights à Nelson. J'ai testé samedi dernier, c'était sacrément bien, et j'avais envie de vous raconter cette immersion en milieu hostile (toi aussi évite les kiwis bourrés qui te crachent leur alcool au visage en essayant de te soutirer l'adresse de ta maison, et les gonzesses imbibées jusqu'au serre-tête qui se dandinent maladroitement sur leurs escarpins en essayant de ne pas tomber dans les bouches d'égoût). C'était très divertissant.

Cependant, après plusieurs heures à relire d'un oeil globuleux (car trop attentif) un texte d'une centaine de pages, je n'ai pas le courage de disserter comme prévu sur mes aventures de la saturday night fever. Mais, vu que j'ai décidé de me tenir à un rythme régulier sur ce blog, je suis donc contrainte et forcée de vous livrer un petit quelque chose pour vous faire patienter. Or, je n'ai rien à raconter d'intéressant sur mon quotidien très quotidien (par essence), alors je vais piocher dans mon stock d'insolite.

La dernière fois, je vous parlais de la vegemite (que je devrais adopter comme aliment principal, vu la férocité soudaine des moustiques avec l'arrivée de la canicule. En arrosant le jardin, un soir, je me suis retrouvée avec la main droite couverte d'une quinzaine de boutons. En dix minutes, ladite main était atrocement boursouflée. Et qu'est-ce que ça démange ! Heureusement, un bon coup de crème apaisante m'a sauvée d'une agonie lente et terrible. Cela dit, le problème des moustiques est de taille, désormais. Chaque soir, je me calfeutre, et bombarde ma chambre de Baygon - quitte à m'asphyxier moi-même dans mon sommeil.)
 
 
Aujourd'hui, je vais vous parler de deux petites informations insolites que j'ai apprise grâce à Sylvie.

Tout d'abord, il paraît qu'il y a un certain nombre de conducteurs néo-zélandistes qui roulent en corbillards, bien plus que le nombre réel de croque-morts. En effet, pour aider cette profession, le gouvernement avait exonéré les croque-morts de la taxe annuelle de leur corbillard. Du coup, des kiwis pas le moins du monde croque-morts, ont joué aux petits malins et ont acheté des corbillards pour bénéficier de l'avantage. D'où un nombre assez important (relativement) de corbillards en circulation, à l'image de Claire dans Six Feet Under. Je ne sais pas si l'exonération est toujours d'actualité, mais c'est une anecdote assez drôle, je trouve, et très symbolique de l'esprit pratique des kiwis. Personnellement, ça m'amuserait beaucoup de rouler en corbillard. Pas facile à garer, mais ce n'est pas pire qu'un pick-up.

Mon deuxième insolite reste dans le domaine du véhicule. De plus en plus de kiwis rachètent des camions qu'ils aménagent avec tout le confort possible pour y vivre dedans. Ainsi, ils voyagent dans tout le pays, et même en Australie pendant la froidure de l'hiver néo-zélandais. De vrais nomades, en somme (les néo-zélandais sont le peuple le plus nomade de la planète, il est très fréquent de voir les kiwis changer plusieurs fois de villes au cours de leur vie, et même de partir à l'étranger. En gros, le kiwi a la bougeotte, et ça vaut également pour leur travail. Beaucoup ont plusieurs casquettes, et ont connu ou connaissent des expériences professionnelles très diverses, bien que plus que d'autres populations).
Ce qui est sympa, c'est que ce phénomène des camions aménagés n'est pas nouveau, et qu'aujourd'hui il n'est pas rare de croiser des familles entières voyageant à la file dans leurs camions, un par membre de la famille. Et ils sont vachement bien aménagés, les camions en question.
 
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Avec la petite roulotte derrière. 




Enfin, je concluerais sur une petite perle entendue il y a quelques jours. Bien évidemment, je tairais le nom de la personne. Certaines paroles méritent d'appartenir immédiatement au domaine public ; breveter serait une ignominie pure et simple.

"Quand tu flatules, ça fait un earthquake* dans le bas-ventre".

Amen.
 


*Un earthquake est un tremblement de terre.

vendredi, 11 janvier 2008

"Nécessairement, le hasard a beaucoup de pouvoir sur nous, puisque c'est par hasard que nous vivons."

[Sénèque. Pourtant il m'énerve d'habitude, ce gugus.] 

 

Parfois, la vie a de l'humour et nous concocte une petite coïncidence amusante.

Comme je laisse pousser mes cheveux depuis de longs mois maintenant, ceux-ci commencent à atteindre une longueur respectacle, et je passe mon temps à les attacher et à les détacher. J'ai emporté deux élastiques avec moi en Nouvelle-Zélande, un beige et un rouge. A force de les utiliser, ils commencent à s'effilocher, surtout le rouge. Les petits fils blancs qui forment l'élastique se barrent et s'entortillent en vrac. Ce matin, j'enlève machinalement mon élastique, et le pose (jette) sur la table. Quelques heures plus tard, mon regard se pose dessus par hasard, et ce que j'y vois me fait sourire. J'en ai profité pour faire une photo (la vitre est sale, mais j'aime bien le reflet du soleil dans le coin gauche).

 

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Il est tellement bien entortillé qu'il ne perd pas sa forme, même quand je le déplace.

C'est mignon, non ? Et puis c'est marrant que ce soit tombé sur l'élastique rouge... 

jeudi, 10 janvier 2008

Pschitt !!

Kia Ora tout le monde !
 
Aujourd'hui 10 janvier, cela fait donc deux mois que j'ai posé le pied en Nouvelle-Zélande. Deux mois, ce n'est pas grand chose quand on y pense, mais j'ai l'impression d'être ici depuis bien plus longtemps. Et je suis loin d'être lassée. Espérons que ça continue.

En raison d'un temps proprement merdique (on ressort les pulls et les chaussettes - mais j'ai pas osé l'écharpe encore), ces derniers jours ont été consacrés au travail. Comme ça je pourrais profiter des futurs (potentiels) beaux jours sans (trop) culpabiliser.

Je n'ai donc rien à vous raconter, mais comme j'ai envie de fêter l'anniversaire de mes deux mois (le genre de truc que je trouve débile dans une relation de couple, mais là c'est un procédé facile pour meubler un blog - et puis de tout manière il ne s'agit ici que de mes fesses, donc j'ai le droit d'être incohérente), je vous ai concocté des petites brèves insolites. Oui, parce que la Néo-Zélandie est intrinsèquement insolite.

Tout d'abord, je ne peux pas ne pas vous parler (pam ! double négation dans tes dents) de la vegemite. Mais qu'est-ce donc, vous exclamez-vous dans une débauche de curiosité ? Mais non, pas des légumes (veges en anglais) aux mites, voyons ! (J'autorise la lapidation sur ma personne pour cette blague stupide.)
C'est une pâte à tartiner collante et compacte, très salée, de couleur presque noire, et fabriquée à base de levure de bière, d'épices et d'extraits de fruits. Les Néo-zélandais et les Australiens en raffolent complètement. D'après une bretonne de ma connaissance, la vegemite (prononcez [védjémaïte] ) couplée à du beurre rappelle très fortement le goût du beurre salé (je confirme, mais pour moi l'information n'est pas capitale, n'étant pas bretonne - et par corollaire, n'étant pas une folle furieuse du beurre salé. Cela dit, ça peut servir à nos amis bretons qui voudraient se perdre en pays anglo-saxon tout en retrouvant le goût du beurre de leur Breizh adorée).

Dixit Wikipédia, "elle a été inventée en Australie par le technologue de nourriture (NDLA : Il faut avoir beaucoup d'humour pour supporter un tel dénominatif sur sa fiche de salaire) Dr. Cyril P. Calliste en 1923. C'est une proche cousine de la marmite anglaise (NDLA : [marmaïte] hein, pas la casserole. Les Kiwis sont bêtes, mais pas au point de remplacer une casserole par de la pâte à tartiner.). Elle a en effet été inventée par le Dr Callister à la demande de l'industriel Fred Walker pour remplacer la marmite devenue introuvable pendant la première guerre mondiale. Mais c'est pendant la seconde guerre que cette pâte à tartiner, qui faisait partie de la ration des soldats, est vraiment devenue populaire auprès de la population de l'Australie. On trouve un équivalent en Suisse sous le nom de Cenovis."

Merci, ô Wikipédia.
 
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Il faut savoir que l'odeur de la vegemite concentrée est très forte, et rebute le nez novice. Mais, ma foi, tartinée sur un bon toast beurré, ce n'est pas mauvais, au contraire. J'ai juste du mal à comprendre l'engouement quasi-hystérique qu'il y a autour, parce que ce n'est pas extraordinaire non plus. Je lui préfère, et de loin, une bonne cuillère d'Hazelnut (le Nutella local - d'ailleurs, petit conseil : n'achetez jamais la marque Nutella en Nouvelle-Zélande, vous seriez déçus) !

Selon la légende, il paraîtrait que manger un toast de vegemite chaque jour éloigne les moustiques (comme les pommes avec le docteur. Mais si : an apple a day keeps the doctor away). J'ai voulu tester, et puis j'ai arrêté au bout de deux jours. Je ne suis pas une dingue de la védjémaïte, en fait. Mais bon, les moustiques ne sont pas dingues de moi non plus, donc tout va bien.

Et puis en fait, ça sera tout pour aujourd'hui. Voui, j'en garde pour plus tard.
 
Au plaisir, jeunes gens.  

dimanche, 06 janvier 2008

"L'existence, c'est comme ça : tu fais des gosses et tu attends qu'ils s'en aillent. Et puis, quand ils sont partis, tu attends qu'ils reviennent."

[San Antonio, mon maître]

 

J'en aurais des choses à dire sur le sujet de la "procréation", mais pas aujourd'hui. Une autre fois peut-être.

 

Pour l'instant, après une bonne semaine de silence, il est temps que je vous donne des nouvelles. Le réveillon du nouvel an fut, somme toute, une expérience "intéressante". Je n'en dirais pas plus, certaines choses méritent de rester cachées. (Et là vous imaginez les pires dépravations... J'ai tort ?).  Ce fut extrêmement amusant, pour une fois que je ne conduis pas pour le retour, j'en ai bien profité... Même que j'étais bien habillée. Oui, ça m'arrive, de temps en temps.  

La nouvelle année commence activement. Nous travaillons toujours sur le futur livre, et c'est pas que, mais il y a du travail à abattre. Sans oublier le(s) site(s) web sur lesquels nous devons plancher d'ici fin janvier. Et encore, je ne vous parle que des gros travaux. (J'essaie simplement de vous pousser à plaindre mon statut d'esclave exploitée). Mais je ne suis pas très crédible (dans mon statut d'esclave exploitée. Soyez attentifs, que diable !), parce que je fais quand même beaucoup d'autres choses très sympas à côté. Il fait un temps proprement magnifique tous les jours (sauf aujourd'hui dimanche, naturellement), alors nous en profitons pour nous promener.

Le 1er janvier, Sylvie m'a emmenée au Centre of New Zealand, un promontoire depuis lequel on peut voir tout Nelson (qui se situe exactement au centre du pays). La marche pour y accéder est courte mais raide (surtout pour un corps dépourvu de muscles et rempli d'alcool). Au passage, j'ai vu des bourdons et des fleurs (Ceci est une phrase d'une profonde philosophie).

 

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J'ai la ferme intention de m'intéresser à la faune et à la flore locales, qui, comme sur toutes les îles, est particulièrement endémique. Mais pour l'instant, je continue à me complaire dans mon ignorance, et je prends des photos. Ce qui demande nettement moins d'effort, vous en conviendrez.

La vue depuis le promontoire du Centre of New Zealand est effectivement plutôt sympa, jugez-en vous-mêmes.

 

 

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Hier, nous sommes allées en fin de matinée au marché. L'été bat son plein, les touristes grouillent, je me serais crue à Toulouse un samedi de soldes (exceptée la tenue kiwi "short et tong" de rigueur). 

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Cette photo a été prise à l'abri de la foule depuis l'arrière de l'étal du marchand d'oeuf (un kiwi très sympa en short - naturellement - et avec un chapeau de cow-boy vissé sur le crâne), pendant que Sylvie papotait avec lui (Sylvie papote beaucoup, souvent, et longtemps. Sylvie va me taper sur les doigts, car Sylvie lit ce blog. Aïe, pas la règle !).

 

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Ce vieux monsieur, avec son beau chapeau bleu turquoise rafistolé à la va-vite avec trois bouts de scotch rouge, est un parlementaire. Ca surprend, non ? Tous les samedis matins, il est présent au marché de Nelson pour vendre ses petites bricoles et ses bijoux en métal. Il est original, un brin loufoque, mais très chaleureux et accessible. Vous imaginez un quelconque parlementaire français habillé à l'arrache avec de vieilles fringues trouées et tenant son petit stand de broutilles sur un marché local ?!

Fuyant la foule décidément omniprésente, nous sommes allées faire un petit tour du côté du port. J'ai un amour immodéré pour les ports, les gros, les petits (toute allusion scabreuse est fortement déconseillée dans les commentaires), les bordéliques, les bien organisés... Je peux rester des heures à contempler les bateaux tranquillement amarrés, ceux qui rentrent paisiblement au quai, ou ceux qui se préparent à affronter les vagues. J'aime bien regarder le ballet des mouettes qui se chamaillent et qui couinent, perpétuelles insatisfaites.

Enormément de Nelsoniens possèdent un bateau, sur lequel ils s'échappent dès les premiers rayons de soleil venus. Aux bateaux de plaisance se mêlent les bateaux de pêche ; ici, aucune séparation plaisanciers / professionnels, tout le monde flotte côte-à-côte. 

Avec le soleil, l'eau miroite doucement au rythme des vagues. C'est juste magnifique.

 

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Ces photos ont été prises depuis la table en bois brut où nous avons pris un petit café. Le café-restaurant où nous étions est assez réputé mais la bouffe y est lamentable, dixit Sylvie. Je veux bien la croire, la gastronomie n'est pas une qualité anglo-saxonne (surtout aux yeux d'une française). A côté de nous, des kiwis baffrent sans aucune élégance leurs sandwichs. Aussitôt qu'ils se lèvent, abandonnant leurs reliefs aux bons soins des serveuses, les mouettes se précipitent dessus en s'égosillant. En deux secondes, une dizaine de mouettes se dispute les restes, puis s'en va terminer les négociations dans l'eau.
 
 
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 Une mouette qui a envie de poser.
 
 
J'ai inventé un nouveau concept dans l'arrrt de photographier : quand je suis assise quelque part, je prends toutes mes photos depuis mon poste d'observation, sans jamais, ô grand jamais, bouger mes fesses. Il manquerait plus que ça. L'intérêt est que cette méthode développe mon imagination. Je me creuse la tête pour trouver les meilleurs angles de vue sans être obligée de me lever. Toutes les photos du port, ainsi que celles de la plage de Rabbit Island, ont été réalisées de cette manière. Je suis une grosse feignasse, et je le revendique artistiquement. Vous croyez que je vais inspirer un nouveau courant de pensée dans le milieu de la photographie ?
 
 
 
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