dimanche, 30 décembre 2007

Décembre, les pieds dans le sable

Rien de très trépidant à raconter aujourd'hui, dans cette (probablement) dernière note de l'année.

Sylvie et moi avons beaucoup de travail, enfin, elle doit écrire, et je dois faire des recherches. En outre, même si j'ai pas mal envie de bouger et de découvrir de nouvelles choses, j'ai aussi une flemme immense qui m'envahit lorsqu'il s'agit de passer effectivement à l'action. Alors, je reste accrochée à mon ordi, et j'en profite pour travailler. De toute manière, la semaine de Noël et du jour de l'an est une semaine morte pour tous les judéo-chrétiens d'origine. Nelson est temporairement en arrêt cérébral, la majorité des magasins sont fermés pour plusieurs jours, et on ne croise que des touristes sur les routes. 

Cela dit, nous ne nous sommes pas ennuyées ces derniers jours. Deux soirs de suite, des amis de Sylvie (tous français - parfois j'ai l'impression d'être dans une principauté française) sont venus faire une visite surprise, et sont restés manger et dormir. Le cottage étant libre pour quelques semaines, ce n'est pas la place qui manque. Jeudi soir, c'était un père avec son petit garçon (issus tout droit de Takaka, bled paumé dans les montagnes pas très loin de Nelson), et vendredi soir, carrément une famille avec trois gosses débarquée en camper-van depuis leur sud profond (Wanaka, quelque part près de Queenstown, tout au sud, là où il fait froid). Je sais pas vous, mais moi j'adore les noms maoris. Bref. C'était tous des gens très sympas et très intéressants, dont les parcours de vie sont assez impressionnants. L'un d'eux est un spécialiste des travaux publics acrobatiques (c'est une dénomination de mon cru, je ne connais pas le mot français. En anglais ça se dit abseiling et drilling, si je me souviens bien). En gros, son métier c'est de sécuriser les falaises qui pourraient s'écrouler au-dessus des routes ou des maisons, ou encore de repeindre les parties inaccessibles des immenses tankers. Soit tous les travaux publics qui demandent des aptitudes d'alpiniste et une grosse machine bizarre qui fait des trous. Je vais bientôt écrire un article sur lui, pour le magazine en ligne de Sylvie. Rassurez-vous, j'essaierai d'être un peu moins cruche dans ma description.

 

Le samedi, nous sommes allées à la plage de Rabbit Island avec les amis de Wanaka. Quand on regarde la baie depuis Nelson, Rabbit Island se situe de l'autre côté. Il faut faire tout le tour pour atteindre cette presqu'île.

Pour la première fois depuis plusieurs jours, le soleil semblait avoir envie de rester, alors nous voulions en profiter. Je dois dire que je me mets à apprécier la plage en Nouvelle-Zélande, alors qu'en France ça me gonfle au plus haut point. Et pour cause, une plage surpeuplée en Kiwiland rassemble trois pélerins tous les cinquante mètres. Le pied, non ?

Ce samedi, il faisait chaud, mais le vent suffisait à rafraîchir (j'étais même quasiment la seule à ne pas avoir un peu froid sur la plage). L'eau devait être à 26 degrés. Un bonheur. J'ai fait plouf plouf pendant une bonne demi-heure, et j'ai même nagé dans les vagues jusqu'à loin, en essayant d'éviter de me faire noyer par les rouleaux. Oui, je nage à peu près aussi bien qu'une enclume jetée dans l'océan. Après, j'ai fait crêpe-crêpe sur ma serviette (comprenez : un coup sur le dos, un coup sur le ventre. Non, je ne parle pas d'une pratique sexuelle, mais simplement de bronzage). Oui, je BRONZE. Tout est possible en ce bas monde. 

Etant une grosse feignasse, j'ai passé la majeure partie du temps à faire l'étoile de mer sur le sable, mais j'ai quand même pris quelques photos (sans bouger de ma serviette, faut pas abuser non plus). 

 

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 Je suis une maniaque des photos penchées.
Et alors ? 
 
 

 

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 Nous sommes très loin de Narbonne-Plage au mois d'août...

 

 

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Han, des sables mouvants qui mangent mes pieds !  
(Oui, bon... )
(C'était une photo tout exprès pour ceux qui voulaient
une image de moi. Mouarf.)  

 

 

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J'aime bien faire des photos de rien.
Le néant dans son expression artistique la plus immédiate, ça m'émeut. 
 
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 La vue depuis ma serviette...
 
 
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Et là, je sais que vous me haïssez. Et c'est normal. J'ai tellement le cul bordé de nouilles que je pourrais faire des pâtes à quinze sans-abris pendant trois semaines.

 

A part ça, j'ai un nouvel objectif pour l'an prochain (je ne parle pas de résolution, personne ne tient les résolutions du nouvel an plus d'une semaine) : me mettre sérieusement au footing.

Oui, à mon retour, je serais bronzée et musclée.

Qui c'est qui rigole, là, au fond ?!

 

Juste pour le fun...

... Voici une photographie de mon bureau à l'heure où je vous écris. (Même que sur l'écran, c'est la fenêtre de chargement de hautetfort, la plateforme de ce blog.)

 

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Terrible, hein ?

Vous pouvez apercevoir, dans le désordre, mon mp3, mon téléphone, ma crème pour le corps, ma crème pour les mains (à la mangue), des journaux locaux que je dois feuilleter, mon boîtier à lunettes, le petit emballage du cadeau de Pôpa (merci ! ), mon Petit Fûté sur la Nouvelle-Zélande, celui de Sylvie sur l'Australie, tout un tas de fils au fond à gauche (webcam, micro, branchement du mp3...), des feuilles de papier partout partout (ça tombe bien, c'est une maison d'écrivain), ma brosse à cheveux, un petit bol ayant contenu des marshmallows rescapés de Noël, la pochette de mon appareil photo...

Et encore, c'est rangé par-rapport à avant...  

Mais ce n'est pas complètement de ma faute, quand Sylvie fait du tri de son côté, ça se retrouve comme par magie sur mon bureau... 

Mais bon, j'avoue que je ne suis pas très organisée non plus. Et je trouve que le bordel a un charme inhérent.

 

 

Telle la fille de Dieu, je suis partout.

  • Trouvé sur Wikipédia :

 
" Les jeux de Nim sont des jeux très courants, de stratégie pure, à deux joueurs (voir Théorie des jeux). Ces jeux, dont il existe d'innombrables variantes, se jouent avec des graines, des billes, des jetons, des allumettes ...

Les origines sont probablement très anciennes. Ils sont signalés en Chine sous le nom de fan-tan et connus en Afrique sous le nom tiouk-tiouk. Le nom actuel (tiré du radical allemand nim qui signifie prendre) a été donné par le mathématicien anglais Charles Leonard Bouton en 1901.

Chaque jeu se joue à deux et c'est à chacun son tour de jouer. Le hasard n'intervient pas et des règles précises fixent le cours du jeu. Il s'agit en général de déplacer ou de prendre des objets et celui qui prend (ou ne prend pas) le dernier objet est vainqueur.

Les jeux de Nim sont des jeux de duel à somme nulle (deux joueurs, un vainqueur et un perdant, pas d'égalité possible). Dans tous les cas, le nombre de cas de figures est fini et une stratégie optimale de gain existe, basée sur la reconnaissance de positions intermédiaires gagnantes.

Une version basique de ce jeu utilise un seul tas d'objets. Chaque joueur à tour de rôle enlève 1, 2 ou 3 objets. Le vainqueur est celui qui peut jouer en dernier. Pour cet exemple, la stratégie est de laisser à chaque fois - si on le peut - un nombre d'objets multiple de 4. On constate alors que l'adversaire ne pourra pas en faire autant. Dans la variante de cette version où celui qui prend le dernier objet perd, la stratégie est alors de laisser un nombre d'objets congru à 1 modulo 4 (c’est-à-dire  : 1, 5, 9, 13...) C'est alors un bon exercice d'apprentissage des divisions avec reste. "

 

Marrant... J'aime bien ce genre de jeux, en plus. Le jeu de go, que je commence à apprécier, en fait partie, il me semble.

 

  • Nim's island. T'as raison Goth, les îles, c'est ma destinée...

"Nim's island  est l'adaptation du roman éponyme de Wendy Orr.

Jodie Foster (Contact, Le silence des agneaux), Gerard Butler (300) et Abigail Breslin (Little Miss Sunshine) seront les interprètes principaux de ce film réalisé par Jennifer Flackett (scénariste de Earth 2) et Mark Levin (Little Manhattan), d'après un scénario de Joseph Kwon et Paula Mazur.

L'histoire s'intéressera à une jeune fille (Breslin) qui accompagne son scientifique de père (Butler) sur une île isolée de l'océan Pacifique Sud. Lorsque ce dernier disparaît en mer, l'enfant se met à communiquer électroniquement avec ce qu'elle croit être un personnage de livre... un aventurier à la Indiana Jones (Butler), issu de l'imagination d'une écrivain de San Fransisco (Foster).

Nim's island (L'île de Nim) sortira aux Etats-Unis le 4 avril 2008 et en France le 9. "

 

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Le plus terrible, c'est que le film sortira en France le jour de mon anniversaire. Ah, les coïncidences...

En attendant, quelqu'un a lu ce livre de Wendy Orr ? Apparemment un livre pour gosses...  

jeudi, 27 décembre 2007

Une forêt primordiale en bas de chez vous, c'est possible en Aotearoa.

Pour la petite histoire, Aotearoa, c'est le nom maori de la Néo-Zélandie.
 
Hier, 26 décembre, nous décidons d'aller promener nos pas du côté de la forêt de Grampian (je ne suis pas certaine de l'orthographe). Il fait un temps superbe, mais je me méfie, et je devine une séance de pluie dans la soirée. Sylvie me motive à partir quand même, et nous chaussons nos baskets.
 
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Cette forêt est à 5 minutes de voiture. C'est d'ailleurs assez prodigieux, car en deux minutes nous quittons la ville pour nous perdre dans une grande forêt très dense avec des arbres centenaires, dont certains mesurent une bonne trentaine de mètres de haut. 
 
 
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La forêt est bien balisée, et heureusement car il est facile de s'y perdre. Nous crapahutons pendant deux heures, et ce n'est pas de tout repos car la pente est rude tout le long.
 
 
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Je suis émerveillée de bout en bout, et je mitraille à tout va. Je me retiens quand même un peu, parce que je ne suis pas toute seule, et que je prends pas mal de retard sur Sylvie à force de m'arrêter pour photographier.  
 
 
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Comme je l'explique dans la note précédente, le climat est extrêmement changeant en Néo-Zélandie, et nous atteignons le but de notre promenade (un look-out (point de vue) magnifique) tandis que de gros nuages menaçants s'amoncèlent dans le ciel. J'aperçois même un rideau de pluie à l'horizon, et motive Sylvie à repartir dare-dare nous mettre à l'abri dans la forêt. Je vous fais remarquer, au passage, que j'avais bien prévu la pluie. Je deviens miss Météo. 
 
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Les premières gouttes commencent à tomber lorsque nous sommes de retour sous les arbres. La forêt est épaisse, et nous protège de la pluie, mais nous ne traînons pas trop quand même et dégringolons jusqu'à la voiture. Une demi-heure de marche intense, voilà qui devrait satisfaire le gouvernement français. Ceci dit, j'ai adoré ce moment, quand la forêt devient très sombre et étouffe les bruits extérieurs, où l'on n'entend que le pépiement des oiseaux et le craquement des branches. Une impression de millénéarité que l'on ne ressent que dans les très vieilles forêts. 
 
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Enfin, et parce que ça mérite d'être dit, certaines scènes-raccords du Seigneur des Anneaux y ont été tournées. Certes, ils ont utilisés des centaines de lieux différents pour le tournage de leur film. C'est quelque chose de très amusant d'ailleurs ; tout le monde vit près d'un des lieux de tournage du film, et tout le monde connaît au moins une personne ayant travaillé pour Peter Jackson. Je crois que l'on peut dire que Peter Jackson porte le PIB et le PNB de son pays sur ses épaules. 
 
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Boules de Noël, marshmallows et gouttes d'eau

C'est un peu la misère sur Internet ces derniers jours : tout le monde a pris la poudre d'escampette pour fêter Noël, quid chez Papi Mamie, quid chez Papa Maman, quid à Séville (Flavia, je veux un compte-rendu détaillé à ton retour...). Ici, la routine continue sans trop de changement, et ce n'est pas plus mal car je n'ai jamais été une fanatique de Noël. De toute manière je suis complètement déphasée dans ma tête, j'ai vraiment l'impression d'être à l'écart du monde et d'évoluer dans un espace-temps différent, où les jours passent vite mais où les gens prennent le temps de vivre. 
Il paraît que la Nouvelle-Zélande envoûte les voyageurs qui y posent les pieds. Une histoire de magnétisme, de simplicité de la vie et de paysages sublimes. Si les dieux de l'Olympe avaient pu choisir où poser leur mont, je suis sûre qu'ils auraient opté pour la Nouvelle-Zélande (et plus particulièrement Pounamu, l'île de Jade, l'île du Sud, qui est la plus sauvage des deux).
 
Malgré tout, j'ai quand même fêté Noël, avec Sylvie et des amis à elle. C'était très sympathique, la nourriture était délicieuse (marshmallows, moules panées, saumon et petits légumes, vin rouge et blanc, tarte à je sais pas quoi), et j'ai rencontré des gens drôles et intéressants - mais tous un peu fous : un Irlandais qui a hébergé une prostituée d'Europe de l'Est chez lui pendant quelques temps (et qui a conservé sans le savoir un stock de morphine), une Algérienne Pied-Noir de nationalité australienne, maquillée comme une voiture volée et avec de gros faux ongles rouges, qui ponctue le discours de ses interlocuteurs par un surprenant "Yeah !", et enfin, un grand Belge qui s'échappait entre les plats pour lire un livre... 
 
J'adore les gens fous.  
 
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Petite photo obtenue par hasard avec le flash.
J'aime bien l'effet obtenu. 
 
 
J'ai apparemment fait bonne impression sur tout le monde. De l'avis général, je suis "mignonne", une "charmante enfant", "à qui on confierait le bon dieu sans confession".
 
Ils m'ont bien regardée ?? 
 
Cela dit, j'étais bien habillée pour l'occasion, avec une robe bleu turquoise taille 34 (le genre de robes dans laquelle il faut se faufiler pour l'enfiler) qui a fait forte impression sur l'assistance (sûrement le bleu tellement flashy qu'il doit briller dans le noir). Et en l'honneur des kiwis, je suis restée pieds nus. 
 
Même pas en rêve vous aurez les photos.  
 
 
La veille, Sylvie m'a emmenée sur la plage de Tahunanui, une plage immense qui longe Nelson. Une heure auparavant, il faisait un soleil magnifique, mais lorsque nous sommes arrivées sur le sable, les nuages couvraient le ciel et le vent soufflait fort. Qu'à cela ne tienne, j'adore aller à la plage quand les vagues font des rouleaux et que le vent soulève les embruns. 
 
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La météo est très farceuse en Nouvelle-Zélande. Le soleil le plus ardent peut alterner en une heure avec une pluie violente et un vent qui frise la tempête. Et 10 minutes plus tard, seules quelques traces mouillées sur le sol témoignent de la bourrasque d'eau qui vient de tomber. Il faut s'y habituer, mais c'est assez déconcertant. Tous les guides en parlent, mais le français lambda ne peut pas s'imaginer de tels changements de météo en aussi peu de temps. Ceci explique peut-être l'incapacité chronique des kiwis à se vêtir avec goût. Il n'est pas rare de voir les filles partir de chez elles avec un bonnet, une écharpe, une jupe sur un pantalon et des chaussettes dans les sandales ; elles modulent les vêtements à leur guise selon la température, ôtant les chaussettes, le pantalon, le bonnet et l'écharpe lorsqu'il fait chaud, et remettant vite fait le tout lorsque les nuages arrivent et que l'air perd 15 degrés. 

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La Nouvelle-Zélande est un pays de contrastes et de paradoxes (aussi bien dans la nature que dans la vie des habitants) qui est agréable à vivre, mais c'est également un pays violent, où des dizaines de séismes menacent les villes chaque mois, dont l'histoire est marquée par des éruptions volcaniques tragiques, et où la nature occupe une place de premier plan. Il faut apprendre à écouter le temps, et à suivre les conseils des natifs. 

 

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samedi, 22 décembre 2007

Butinage photographique

Aujourd'hui c'était l'anniversaire de la petite, Laura. Enfin hier, mais les copains-copines étaient invités aujourd'hui. Comme celui de Melvin, l'aîné, est la semaine prochaine, on a organisé un anniversaire groupé. Il y avait plein de gosses partout, ça piaillait, ça courait, ça se chamaillait ("Oui mais maman les garçons ils nous embêtent"). Cela dit, l'avantage avec une grande maison (et même deux maisons) qui possède un grand jardin, c'est qu'on ne se marche pas sur les pieds, même à quinze. 

Et puis à cinq, ce n'était pas trop compliqué de gérer la meute de nains et le rangement du bordel qui s'ensuit. 

Maintenant, les enfants sont partis à Wellington, chez leur père, pour y passer leur mois de vacances d'été. Sylvie les accompagne, et ne revient que demain matin. Mes deux copains woofers ont également pris la route dans la foulée, au volant de leur camper-van fraîchement acquis. Nous nous sommes promis de nous tenir au courant de notre périple respectif, et de nous revoir lorsque je descendrai dans le sud. J'espère que nous ne nous perdrons pas de vue, ils sont sympas. 

 

Me voilà donc seule, pour la première fois depuis mon arrivée à Nelson.

Et je m'amuse.

Il fait un temps superbe, ce qui n'était pas arrivé depuis deux semaines, il fait chaud mais pas lourd, et j'ai jenesaispascombien de m² à ma disposition.

J'ai aussi une liste de tâches à effectuer longue comme un jour sans pain, mais rien ne presse. J'ai un bon mois pour tout faire, et aujourd'hui je suis d'humeur folâtre. 

Ca tombe bien, j'ai un appareil photo sous la main. Plus un prétexte pour me rouler dans l'herbe qu'autre chose, d'ailleurs.

 

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 C'est cool la vie, desfois. C'est comme cette feuille d'arbre, y'a des trous dedans, mais c'est joli quand même.

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dimanche, 16 décembre 2007

Deux Margaritas, s'il vous plaît

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(Aucun rapport avec la note, je vous préviens) 
 
 
Vendredi 14 décembre, jour de la dédicace tant attendue, et pour laquelle j'ai envoyé des centaines de mails. Dès le matin, c'est le bordel : il faut imprimer quelques exemplaires du dossier de presse, oui mais il faut changer les cartouches d'encre, oui mais c'est la galère avec l'ordinateur. Sylvie court partout, entre ses gosses et ses rendez-vous, moi je passe la matinée à imprimer. Cela dit, je suis assez fière de mon travail, ça a de la gueule. Et merci Gimp, soit dit en passant. Midi, les dossiers sont prêts, mais les livres ne sont toujours pas arrivés. Mais qu'est-ce qu'il fout, l'imprimeur ?! On se voyait déjà aller à la dédicace sans aucun livre à dédicacer. Finalement, les livres sont livrés à l'heure limite ; nous pouvons partir. Les enfants sont confiés aux bons soins des woofers, et Sylvie et moi partons à la librairie de Nelson qui accueille la dédicace. C'est la meilleure librairie de la ville ; ils ont un rayon fantasy.

J'enchaîne les allers-retours entre la voiture et la librairie, pendant que Sylvie installe tout son bazar. Les propriétaires de la librairie proposent vin blanc et toasts fromagés, et déjà les premiers pique-assiettes arrivent. C'est d'ailleurs assez marrant à observer : il y a les amis de Sylvie, qui viennent la voir et achètent son livre de bon coeur, il y a les acheteurs de passage, puis il y a ceux qui crèvent de jalousie, et qui passent discrètement devant nous avec des regards de faux-cul pour aller piquer un verre de vin. Pendant ce temps, Sylvie signe et discute, et je souris et discute. Je connais trois-quatre personnes, et j'en rencontre des nouvelles, dont un vieux papi qui se révèle être un pervers. Son péché mignon ? En échange du gîte et du couvert, il demande à des jeunes femmes de lui lire des livres en français, si possible à poil. Vu son âge, il ne peut rien faire de plus que mater, mais quand même. Beuark. Je discute avec un artiste peintre très sympa, puis avec une vieille dame chapeautée, qui a un drôle de regard un peu fou. Sylvie m'explique un peu plus tard que cette dame est une ancienne prostituée, qui un jour s'est faite virée par son proxénète et est venue se réfugier deux semaines dans le B&B de Sylvie.

A part ces rencontres sympathiques, je me découvre un talent pour jouer la potiche. Assise à côté de l'artiste, sur un tabouret, je croise les jambes et fais mon plus beau sourire. De temps en temps, je prends une photo. Puis une amie de Sylvie, un peu follasse sur les bords mais très sympa, essaie de me maquer avec le fils d'un autre ami. Le fils en question a dix-sept ans, en fait quinze, et me regarde comme si j'étais Pamela Anderson servie sur un plateau. Yiuk. Il va falloir qu'on m'explique quelque chose : pourquoi est-ce que je n'attire que les prépubères ? C'est pas faute de le répéter pourtant, je ne fais PAS dans le dépucelage. Niet.
Les traîtres me font un coup fourré, et je suis poussée contre mon prépubère du jour pour une photo. Il est tellement content qu'il se colle contre moi. Je glisse dignement sur le côté pour réinstaurer une distance de sécurité, et tente un sourire qui se transforme en grimace. La photo risque d'être sympa.

Deux heures et demi plus tard, Nelson est désert (il est 20h30... La Nouvelle-Zélande n'est pas un pays pour les fêtards), nous plions bagage. La dédicace a été un (relatif) succès (comparé à la taille de la ville), alors nous allons fêter ça dans LE hotspot du moment, le restau salsa-tapas de Nelson. Sylvie y a ses entrées, elle connaît bien les patrons et le serveur (un jeune français). Margarita pour tout le monde ! Nous discutons avec plein de gens (il n'y a pas beaucoup d'endroits qui bougent sur Nelson, toute la ville se retrouve dans les mêmes coins), ou plutôt Sylvie salue tout le monde, et moi je tente de m'intégrer à la conversation. Ce n'est pas toujours facile, la plupart ont quarante - cinquante ans et ne sont pas forcément intéressés par l'échange avec une gamine (il faut reconnaître que je ne fais pas bien vieille). Mais ce fut une soirée globalement très agréable, avec musique salsa en prime. Tous les membres du club de salsa étaient là pour la peine, nous gratifiant de leur talent de danseurs assez impressionnant.

Le repas terminé, nous allons chez l'amie de Sylvie, vous savez, la follasse. Je bois mon quatrième ou cinquième verre de vin blanc de la soirée (je ne me souviens plus trop - le vin kiwi tape sur le casque, mais méchamment). Ca critique, ça parle de cul, ça rigole, et ça boit, rien qu'une discussion très normale, somme toute. Il apparaît que Nelson est comme un village : tout le monde connaît tout le monde, et surtout tout le monde connaît les petits secrets de tout le monde, qui couche avec qui et dans quelles positions. Je me marre beaucoup. Cela dit, contrairement aux insinuations d'un kiwi de ma connaissance (hein Kelvin ?), les Nelsoniens n'enculent pas les chèvres. Non, non. Quoique... Je commence à m'attendre à tout de la part des kiwis, ils sont bizarres.

2h du matin, retour maison, je traîne mon corps alcoolisé jusqu'à mon lit. Pourtant je n'ai pas beaucoup bu, mais bon sang, c'est du vin de compétition ici. Le lendemain, je déclare forfait pour la visite hebdomadaire au marché, et n'émerge qu'à 11h passées.

jeudi, 13 décembre 2007

"Pourquoi prétendre que je doive choisir ? C'est mon existence qui me choisit, petit à petit."

[Pascal Laîné, philosophe et écrivain]

 

Oui, quand je ne sais pas quoi mettre comme titre, je colle une citation, ça fait genre je suis une intellectuelle. Et si vous regardez le lien, vous vous coucherez moins bêtes ce soir. Non, pas la peine de me remercier. 



Depuis quelques jours, il fait gris et il pleut, soi-disant à cause des marées. Je pense plutôt que c'est un sale coup de la puissance divine qui veut m'obliger à travailler plutôt que de glander au soleil. Ceci dit, j'ai enfin fini le dossier de presse, version français et anglais. Ce n'est pas trop tôt. Et j'ai également terminé d'envoyer des e-mails aux quatre coins de la région pour inviter tout le gratin (et le menu fretin - râtissons large) à la dédicace de demain. Je vais jouer à la photographe-assistante-oui-bonjour-comment-allez-vous, ça va être marrant.

Ces derniers jours n'ont pas été spécialement trépidants. Entre le mauvais temps et le travail qui s'accumulait, j'ai préféré faire d'une pierre deux coups et me débarrasser des gros travaux. Désormais je vais être plus peinarde. Comme je le précisais dans je ne sais plus quelle note, nous sommes actuellement six dans la maison, depuis l'arrivée d'un couple de woofers, qui s'occupent du ménage et du jardinage. Mais ils ne vont pas rester longtemps, normalement la semaine prochaine ils s'en vont chercher bonheur ailleurs. Et bientôt ce sera la fin de l'école, et les enfants vont aller passer un mois chez leur père, à Wellington. Sylvie et moi n'allons pas nous marcher sur les pieds, vu la place.

Dimanche dernier, nous sommes allés au WOW Museum. Non, ce n'est pas un musée à la gloire de World of Warcraft (je sais bien que les kiwis ont de drôles d'idées parfois, mais quand même), mais le musée du World of WearableArts. Mais quoi que c'est, hm ? Il faut savoir qu'en Nouvelle-Zélande, il y a des créateurs fous. Des gens qui doivent fumer des champignons hallucinogènes récoltés au sommet du Mount Cook par un soir de pleine lune. Des gens qui dessinent et réalisent des... vêtements ? costumes ? trucs importables faits de bric et de broc et assez proches des déguisements farfelus d'un conte Disney imaginé par Guillermo Del Toro ? C'est totalement indescriptible, et parfois gore. Je me souviens avec émotion de l'oeuvre intitulée "Madonna on acid" : un soutien-gorge dont les bonnets sont deux têtes de cochons en silicone... La prise de photos était malheureusement interdite, vous devrez vous contenter du site internet du musée, et du site du wow.

Pour la petite histoire, le concours des Wearable Arts est organisé chaque année. A l'origine, il se passait à Nelson, mais c'est devenu un truc tellement connu qu'ils l'ont transféré à Wellington. Des créateurs du monde entier viennent y concourir avec leurs inventions du diable. A cette occasion, ils organisent un show son et lumière très fantastique et fantaisiste qui valorise énormément les créations. C'est ça que j'aime en Nouvelle-Zélande, ils n'hésitent pas à laisser une grande place aux délires les plus poussés. Ils n'ont pas peur du ridicule, et la création artistique ou artisanale est quelque chose de très ancré dans la mentalité kiwi. A peu près tout le monde crée sa propre boîte, car l'initiative individuelle est encouragée. Même le médecin du coin a deux ou trois entreprises, une imprimerie, un café, des trucs qui n'ont rien à voir. Et la production artisanale est énorme, on trouve partout des bijoux, des vêtements, des objets faits main par l'artisan du coin. Un véritable vivier pour l'esprit créateur et entrepreneur.

Pour en revenir au WOW Museum, il se compose de deux parties. L'une est la présentation des costumes créés à l'occasion du concours, l'autre est un rassemblement de voitures de collection, aimablement cédées à la ville de Nelson par le milliardaire du coin. Une Buick, une Cadillac, une Ferrari, deux Porche, des Chevrolet... De jolies pièces mécaniques, mais rien d'extraordinaire. En revanche, là, j'ai pu prendre des photos. Alors, en vrac :

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Lundi, j'ai passé plusieurs heures en ville, malgré la pluie. Prétexte officiel : distribuer des tracts et des affiches aux commerçants du coin, pour les inviter à la dédicace et les encourager à en parler à leurs clients. Raison officieuse : prendre l'air et découvrir le centre-ville. Nelson est une ville plutôt mignonne, avec un petit centre-ville agréable, bardé de cafés et bars en tout genre. L'été arrive, alors les autochtones commencent à se barrer, du coup il n'y a pas grand chose à faire : l'université est fermée, les écoles de musique ou de ce que vous voulez sont fermées également. Je vais sûrement attendre Février pour lancer l'opération "toi aussi passe en mode intégration sociale".
Malgré tout, j'ai bien aimé ma balade. Je suis assez étonnée du nombre de personnes qui baragouinent quelques mots de français dans ce pays. A part ça, j'ai enfin acheté une carte SIM. Je suis enfin joignable. Encore faut-il trouver des gens à qui donner ce numéro. Quelle aventure, n'est-ce pas ?

mardi, 11 décembre 2007

Merci Peter ?

 
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Les deux arbres de Valinor (dessin inspiré du Silmarillion)
 
 
Je viens de me rendre compte aujourd'hui que cela fait un mois et un jour que j'ai mis le pied en Nouvelle-Zélande. Je m'étais promis de faire une note pour l'anniversaire de mon arrivée, mais comme à chaque fois avec les anniversaires, je ne m'en souviens jamais au bon moment. Si jamais le futur homme de ma vie lit ce blog (sait-on jamais, peut-être que je peux déclencher une passion fulgurante à travers mes écrits) (mouarf), qu'il sache que je ne suis pas du tout au point sur les notions d'anniversaire. Je préfère prévenir d'avance, parce qu'un oubli, ça peut vexer.

Un mois, ça passe vite, finalement. Au jour d'aujourd'hui, je me sens bien dans cette ville et dans ce pays. Avec le recul, je constate qu'avoir voyagé seule pendant une semaine m'a confrontée immédiatement à la réalité du pays, et du coup, j'ai été obligée de m'adapter rapidement. De fait, depuis mon arrivée à Nelson, je ne ressens pas le dépaysement comme une agression, et ça me paraît normal d'être là. Je suis dans un autre pays, et c'est tout. La France ne me manque pas spécialement, seules les personnes que j'aime me manquent. Mais je sais que je rentre dans quelques petits mois, alors le manque n'est pas si terrible, d'autant plus qu'Internet est quand même une invention formidable pour réduire le poids de la distance. Hé ouais, les voyages à l'étranger, ce n'est plus l'aventure sabre au clair.

Il est une question que l'on pose systématiquement au voyageur : pourquoi avoir choisi la Nouvelle-Zélande ? Au fil de mes réponses, j'ai fini par réellement réfléchir à la question, et ce n'est pas si simple. J'ai pour habitude d'expliquer mon choix par deux raisons : l'envie d'apprendre à parler anglais couramment, et l'envie de pousser mes limites en partant à l'autre bout du monde. Mais ça ne suffit pas à expliquer pourquoi j'avais cette obsession de la Nouvelle-Zélande. Après tout, il y a d'autres pays anglophones dans le monde, et si j'avais vraiment voulu repousser mes limites, je serais partie au Vietnam, comme j'ai été tentée de le faire à un moment donné.

Alors pourquoi ?
Peut-être qu'il faut remonter au moment où j'ai découvert la Nouvelle-Zélande (en même temps que le reste du monde). Vous vous en doutez, c'était à travers Le Seigneur des Anneaux. Lors de la sortie de La Communauté de l'Anneau, je devais avoir 15 ou 16 ans, et j'y suis allée sans réel enthousiasme. A l'époque je n'avais jamais entendu parler d'heroic fantasy, pour moi, c'était simplement le blockbuster du moment. Sauf que j'ai adoré. Et l'engrenage infernal a commencé. J'ai acheté les livres, puis toute la collection Tolkien, lu le Silmarillion trois fois (pour ceux qui connaissent, ça prouve bien que j'étais à fond sur le sujet, vu que ce bouquin est un pavé indigeste de contes traduits à l'arrache). En parallèle je commençais à bien accrocher à Internet, et j'ai atterri sur un forum consacré à Tolkien. C'est grâce à une fille qui postait également sur ce forum que j'ai fait mes premiers pas dans le jeu de rôle en ligne, et dans le jeu de rôle en général. Sachant qu'aujourd'hui je lis énormément de livres de fantasy, et que j'ai connu certains de mes meilleurs amis grâce aux jeux de rôle auxquels je joue toujours, je crois qu'on peut dire "Merci Peter". Alors, sans doute que la Nouvelle-Zélande me fascine depuis cette époque, et qu'avant mes 18 ans (et l'entrée au Pôtage), je n'avais jamais imaginé pouvoir concrétiser cette envie. Et ça prouve clairement qu'une obsession n'est jamais fondée sur des arguments raisonnés / intelligents / valables (rayez la mention inutile).

L'ennui, c'est que je ne suis pas sûre que sept mois suffisent à satisfaire ma fascination pour ce pays.

To be continued ?

dimanche, 09 décembre 2007

Happy Birthday to You, Lenni

Ceci est une note toute spécialement écrite pour mon petit Lenni.

Les autres, vous pouvez lire quand même, hein. ;-)

 

Aujourd'hui dimanche 9 décembre, Lenni fête ses 8 ans. Je suis à l'autre bout du monde, mais je ne t'ai pas oublié. Je ne peux pas être là pour le fêter avec toi, et t'offrir un "vrai" cadeau, mais voici quand même un pitit quelque chose que j'ai trouvé au cours de mon voyage.

 

 

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Quand j'ai vu cette voiture plate, j'ai pensé à toi, parce qu'en plus elle est toute jaune, et je sais que c'est l'une de tes couleurs préférées, voire LA couleur que tu préfères (ça dépend des moments).

Alors voilà, je te souhaite un très bon anniversaire ! Et je veux que tu me racontes tous les cadeaux que tu as eu. :-) 

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