vendredi, 30 novembre 2007

Deux autres essais sur Gimp

Petit à petit l'oiseau fait son nid j'avance dans le graphisme du dossier de presse.

Voici deux photos que j'ai bidouillé à ma sauce pour les mettre sur la page de garde :

 

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La première est plus réussie que la seconde, j'ai merdé quelque part mais je ne sais pas où. C'est pas grave, c'est joli quand même, non ?

Tentative de création avec Gimp

Au cours de mon stage, je suis entre autres censée créer le design d'un dossier de presse, et créer deux trois sites internet. J'ai donc décidé de me mettre sérieusement à Gimp. Alors, je teste.

 

Et voilà le premier résultat, tiré d'une photo que j'ai prise à Wellington (et postée sur ce blog). Rien d'extraordinaire, mais bon, ça ferait une bannière sympa.

 

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J'avoue, j'ai un peu merdé, je n'arrive pas à me débarrasser du bandeau noir tout autour. Je suis encore un peu une quiche. Mais ça donne un style... On va dire. 

 

mardi, 27 novembre 2007

"Des chaussures neuves font souvent "scouic scouic" quand on marche. Des vieilles chaussures aussi, à condition de marcher sur des bébés souris"

[citation de Philippe Geluck] 
 
C'est dimanche, Sylvie décide d'emmener toute la petite famille, et moi au passage, faire une petite promenade dominicale. La semaine ayant été assez active (ce n'est pas le travail qui manque), c'est avec soulagement que nous abordons cette journée chômée.

Sylvie a deux enfants, une fille de 8 ans et un garçon de 10 ans, mais seul le petit garçon vient avec nous, accompagné d'un de ses amis de classe, un vrai hurluberlu prénommé Sanford, et c'est un spectacle à lui tout seul. Plus tête en l'air, tu meurs. Par exemple, ce n'est qu'après une demi-heure de route qu'il se rend compte qu'il a oublié de troquer son haut de pyjama contre un tee-shirt digne de ce nom. Faut le faire, quand même ! Par la suite, lorsque Sylvie demande aux enfants de laver les boîtes en plastique avec lesquelles ils ont joué et qui sont pleines de sable, Sanford revient avec sa boîte fraîchement lavée, et la dépose aux pieds de Sylvie.

Dans le sable.


Faites des gosses, faites des gosses...


Bref, revenons à notre histoire. Notre destination du jour : Abel Tasman National Park, le plus petit des quatorze parcs de Néo-Zélandie, et qui se trouve juste à l'ouest de Nelson, à une grosse heure de route. Le parc a été nommé ainsi en hommage au passage du premier explorateur européen, le hollandais Abel Janszoon Tasman. Le trajet me donne l'occasion d'observer une nouvelle fois la beauté des paysages kiwis. Ici des plaines viticoles avec quelques vergers, plus loin des lacets qui serpentent entre falaise et océan (avec un petit air de Corse). C'est simplement magnifique, mais le trajet est long et nous n'avons pas le temps de nous arrêter pour photographier.

Tous les parcs nationaux du pays sont entretenus gratuitement par l'Etat. Et leur effort n'est pas négligeable : tous les chemins sont clairement balisés et entretenus, tous les ponts sont comme neufs, et il n'y a pas une canette qui traîne.
 
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Nous nous élançons sur la Coastal Track, le sentier qui surplombe le bord de l'eau. Il faut plusieurs jours pour faire le tour du parc ; nous ne marchons qu'une grosse demi-heure avant de nous arrêter sur une plage, joliment nommée Coquille Bay. C'est une petite plage coincée entre deux falaises, quasi-déserte et assez sauvage avec tout un tas de bouts de bois flotté déposés par les vagues. Le sable est fin, d'une couleur un peu grise. Le soleil tape fort, mais une brise marine assez soutenue atténue agréablement la chaleur.
 
 
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Je me vautre sur ma serviette et m'applique une bonne rasade de crème (précaution indispensable mais qui n'a pas suffit à me préserver de la morsure du soleil... aïe), tandis que les gamins se mettent à courir comme des chiots surexcités. L'eau est appétissante avec sa belle couleur bleu lagon, mais j'ai bien l'impression qu'elle est caillante. Et j'ai raison. Sylvie et son fils se jettent à l'eau, décidés à en profiter, alors que de mon côté je reste au sec. Courageuse mais pas téméraire, hein.
 
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Nous ne restons qu'une heure et demie, juste le temps pour moi de me transformer en homard géant. Je risque de grimacer assez souvent dans les jours qui viennent, à chaque fois que j'enfilerai mes vêtements. La prochaine fois, je double l'indice de la crème.
 
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La marche à pied, bien que courte, me détend les muscles. Après ma semaine de visite forcenée, j'ai des cuisses et des mollets taillés pour l'effort, et ce ne sont pas les trois montées du parcours qui m'effraient. Il va falloir que je me remette au sport quand même, ça serait dommage de s'arrêter en si bon chemin. Je me demande combien de fois j'ai dû dire ça, sans jamais concrétiser... Ahem.

Au retour, Sylvie m'informe que je serai chargée de la rédaction de l'article sur Abel Tasman. Article qui paraîtra dans KFM Magazine, son magazine online qui traite des relations franco-néo-zélandaises et propose un aperçu des deux pays. Ma note sur ce blog me servira sans aucun doute de base... et je pourrai ressortir mes belles photos.

samedi, 24 novembre 2007

Clin d'oeil mégalomaniaque

Juste une petite photo que j'ai prise à Napier, et qui tend à prouver que ce pays est fait pour moi.

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 Ma propre ligne de bus ! C'est pas la classe ?

 

(Pour ceux qui ne comprendraient pas, mon pseudo sur internet depuis des années est Nim).

Bilan hebdomadaire numbeurre ouanne

Depuis mon arrivée à Nelson, je n'écris plus tous les jours, pour la simple raison que je n'ai plus autant de trucs à raconter. N'étant pas une touriste forcenée, je ne ressens pas spécialement le besoin d'arpenter des kilomètres chaque jour pour le plaisir de me dire que j'ai tout vu. Une semaine comme ça, ça me va, mais pas plus. J'ai donc profité de cette première semaine à Nelson pour me poser. Mais je n'ai pas dit glander, hein. Dès le lendemain de mon arrivée, j'ai commencé à travailler. Les activités de ma maître de stage et hébergeuse, Sylvie, sont très diverses, et du coup je vais travailler sur de nombreux projets. Actuellement, mon projet prioritaire est la réalisation d'un dossier de presse bilingue sur les livres écrits par Sylvie, destiné aux libraires et revues spécialisées. Pour l'instant, je ne me suis attelée qu'au texte proprement dit, mais bientôt, il va falloir que je m'attaque au design. GIMP va chauffer.

Je dois également faire le premier jet de traduction d'un livre. A mon arrivée, mon premier travail, simple, a été de préparer un flyer pour le lancement de son prochain bouquin. Et plus tard, je devrais aussi créer un site internet. Il y aura sans doute de nombreux autres projets, car Sylvie regorge d'idées, et je lui ai fait comprendre que ça m'intéressait de travailler sur tout. Mais je vous en parlerai au fur et à mesure.

Je n'ai pour l'instant pas encore quitté la maison. Comme je l'ai expliqué, je n'ai pas spécialement envie de visiter à tout va, et la maison où je suis (et où je travaille) est très agréable, très calme, avec un grand jardin. Il fait beau et chaud (agréablement chaud) tous les jours, et j'adore le fait de pouvoir m'installer au soleil dès que j'en ai assez d'avoir les yeux rivés sur l'écran. Je suis très libre au niveau du travail, je travaille quand je veux, à mon rythme, et sur le projet que je veux, tant que cela respecte la logique des priorités, naturellement. C'est un sentiment de liberté auquel je risque de prendre goût très rapidement... 

Mais j'ai déjà pris des résolutions. La semaine prochaine, j'irai m'acheter une carte SIM, ouvrir un compte bancaire pour m'épargner trop de frais, et me renseigner sur ce qu'il est possible de faire comme activités dans cette ville. Par exemple, j'aimerais bien pouvoir prendre des cours d'espagnol, manière de ne pas me retrouver à la ramasse en quatrième année. Et puis ça me permettra de rencontrer des gens par moi-même. 

 

Et comme je suis d'humeur poète (pouet), je conclurai aujourd'hui par une citation de Saint-Exupéry, qu'un ami, qui touche toujours juste, m'a envoyée : 

"La grandeur d'un métier est peut-être, avant tout, d'unir des hommes : il n'est qu'un luxe véritable, et c'est celui des relations humaines."

mardi, 20 novembre 2007

Question de vocabulaire

Aujourd'hui, première vraie et longue discussion avec une anglophone au cours d'un repas. Je suis obligée d'étaler (avec effroi) mon accent lamentable, mais ce n'est pas l'important. Car aujourd'hui j'ai appris mon premier mot "local". Il s'agit du verbe to skite, qui signifie parler à tout le monde de sa réussite ou de la réussite d'un ses proches. Se vanter à tort et à travers, en quelque sorte (je sais, l'expression n'existe pas, mais je fais ce que je veux avec ma langue maternelle).

 

A propos de distorsion de la langue, voici un petit lien très drôle pour avoir l'air d'être savant dans une conversation tout en vous foutant de la pomme de votre interlocuteur : la page officielle de défense et d'illustration de la langue xyloglotte.

 

samedi, 17 novembre 2007

Wellington, dernière étape

Pour une fois, je reste éveillée jusqu'à minuit (avec l'aide de quatre épisodes de la saison 2 de Weeds). Avec un peu de chance, cela va rééquilibrer mon sommeil. Mais que dalle, le matin, je me réveille encore avant le jour. Tant pis, au moins j'ai le temps de me préparer tranquillement, et même de lire un peu, avant de partir vers la gare routière. Je papote un peu avec mon hôte, qui est vraiment sympathique. Si jamais vous passez par Napier, allez au Wally's Backpackers, c'est vraiment un endroit formidable. Le reste de la ville est aussi très appréciable d'ailleurs. Je suis un peu triste de quitter Napier, en fait. Je commence à en avoir ras la patate de me déplacer tous les deux jours, et Napier aurait été un excellent endroit pour poser sa valise. Au risque de me répéter, je croise les doigts pour que Nelson me plaise autant.

Wellington étant à plus de 300 bornes de là, je vais me taper mon plus long trajet en bus de la semaine, d'autant plus que de nombreux arrêts sont prévus. Départ 9h15, arrêt d'une heure à Palmerston North, arrivée à Wellington à 15h40. Heureusement le paysage n'est pas en reste, et nous traversons une succession de collines et de plaines assez superbes, où alternent les moutons, les vaches et les chevaux. Saviez-vous qu'il y a autant de vaches que de néo-zélandais ? Ca fait un sacré stock de steaks par personne, mine de rien. Sans compter qu'il y a 12 fois plus de moutons que d'habitants, ce qui laisse de quoi se tricoter beaucoup de pulls.

Je finis par m'assoupir, ce qui n'est pas une mauvaise chose tant le trajet commence à me paraître long, et je me réveille juste à temps pour voir surgir sous mes yeux la baie. Pendant des kilomètres, je n'ai vu que des fermes et des prés, mais plus on se rapproche de la pointe de l'île, plus on croise de villes. En fait, Wellington est située tout au bout d'une bande de terre toute fine qui limite son expansion, du coup les gens se sont installés tout autour de la baie et dans les terres, formant une espèce de banlieue. C'est la tête encore un peu endormie que je récupère mon sac et que j'essaie de me repérer pour rejoindre mon auberge. J'ai quelques bonnes centaines de mètres à faire, mais plutôt que de me tracasser à comprendre la répartition des bus, je préfère y aller à pied. Mauvaise idée, car c'est loin quand même, et les cent derniers mètres sont à flanc de colline. C'est donc en sueur et essouflée que j'investis ce qui sera ma chambre pour les deux dernières nuits.
 
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Le Rosemere Backpackers' 
 
 
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Ceci est la vue depuis ma chambre. 
 

Ca me fait tout bizarre de retrouver l'ambiance d'une grande ville. Je m'étais bien habituée au calme et à la sérénité de Rotorua et de Napier, et j'ai un peu du mal à m'accommoder de nouveau au style citadin. Je suis en plus d'humeur un peu maussade (vous ai-je déjà dit que je regrette Napier ?), ce qui fait que je supporte moins bien que d'habitude le bruit des voitures, la foule sur les trottoirs et les fashions victims en goguette. Du coup, je n'ai même pas envie de ressortir de ma chambre. Il n'est que 16h, mais je m'accorde une heure de lecture pour me reposer de ma grimpette. Finalement, je me motive à promener un peu, mais je laisse la carte où elle est et je me jette dehors au hasard. J'atterris très rapidement sur les quais (ce n'est pas compliqué, Wellington est entourée d'eau), et les longe pendant une bonne heure, jusqu'à me retrouver à perpète-les-oies. Il fait un temps magnifique, il y a du monde en maillot sur les petites plages intérieures (je ne fais pas très couleur locale avec mon pull), et beaucoup, beaucoup de jeunes. A croire que c'est le point de rendez-vous du samedi après-midi. Je croise d'ailleurs quelques beaux mecs, dans le plus pur style surfeur. Ici, j'ai l'impression qu'il y a deux modes : les baba cool et les simili-surfeurs.
 
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Je ne m'attarde pas trop, le soleil commence à descendre. J'achète un sandwich et tente une remontée vers mon auberge. Mon sens de l'orientation se perfectionne, je parviens à retrouver mon chemin tout en prenant un trajet différent de l'aller. Ce fut donc une courte journée à moitié mangée par le voyage, mais le peu que j'ai vu de Wellington est plutôt sympa. D'ailleurs je reviens dans ma chambre de meilleure humeur que lorsque j'en étais partie, parce que la baie est sacrément jolie. Depuis les quais on peut voir la ville qui se niche tout le long des collines, et l'ensemble a un côté assez foutoir qui n'est pas sans rappeler une ville européenne, loin des grandes avenues à l'américaine que j'ai pu voir à Rotorua ou Auckland.
 
 
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vendredi, 16 novembre 2007

Napier... et vive la marche à pied

Au moment où je commence à écrire cette note, je reviens de 7 heures de marche quasi-ininterrompues (il faut bien prendre des photos de temps en temps). Parfois, je peux être une vraie forcenée. Je vous dis pas le nombre de kilomètres que j'ai avalé ! Je comprends mieux pourquoi je suis toute courbatue maintenant. Pourtant la journée avait commencé assez tranquillement, après un réveil vers 5h du matin (ça devient une habitude). J'ai traîné au lit jusqu'à pas d'heure, écouté de la musique, lut the Wheel of time (mon bouquin actuel, dont je ne risque pas d'émerger avant 2020 vu qu'il comporte une vingtaine de tomes en anglais). Finalement, fidèle à moi-même, je ne décolle qu'à 11h. Après tout, j'ai aussi le droit de glander.

Première destination, l'océan. Je crois que je ne me lasserais jamais de pouvoir venir au bord de l'eau à n'importe quelle heure de la journée. Je n'aime pas spécialement bronzer ou me baigner, surtout lorsque des milliers de mes congénères font pareil en été, mais j'adore aller à la mer en hors saison. Et ici, à Napier, je retrouve ce sentiment, car la plage est quasi-déserte alors que l'été est tout proche. Je marche un peu jusqu'à l'i-site, car j'ai envie de me débarrasser des préparatifs pour mes derniers jours de vagabondage. Pour un peu plus de 100 dollars, je réserve le bus de demain pour Wellington, le ferry de Wellington à Picton lundi matin, et le bus qui m'emmenera de Picton à Nelson juste après. Ceci fait, j'investis une cabine téléphonique pour réserver mes deux dernières nuits. C'est tout un calcul en réalité, car j'essaie de choisir un backpackers' pas trop cher, qui semble assez familial, et situé pas trop loin de la gare routière et du ferry. J'opte pour le Rosemary Backpackers', qui semble un assez bon compromis même si j'aurais un peu de marche à faire, et par chance ils ne sont pas complets.

Une fois débarrassée des formalités, j'ai tout l'après-midi pour explorer la ville. Je décide de me faire une overdose d'océan, et je me lance dans la remontée de Marine Parade. Il y a du vent, comme la veille, et les nuages s'accumulent, mais rien d'anormal pour un bord de mer. Napier bénéficie en effet d'un climat assez méditerranéen, du coup je ne me sens pas trop dépaysée, et mon habitude d'un climat identique me dit qu'il ne pleuvra pas. Et effectivement, il ne pleut pas de la journée. Je marche pendant près d'une heure et demi, tant et si bien que je quitte la ville. Je m'en rends compte parce que les voitures sur la route voisine me dépassent à grande vitesse, alors que la vitesse est limitée à 40 km/h dans la ville. Je suis un peu toute seule au milieu du chemin qui serpente le long du bord de mer, et l'espèce d'usine fumante que j'avais cru pouvoir atteindre se trouve encore à perpète. Foutu effet d'optique. Je rebrousse donc chemin, en passant du côté des maisons cette fois-ci. Je m'arrête un instant au bord du Nelson park, une espèce de grand stade, puis je me dirige vers Bluff Hill. J'avais décidé la veille de visiter le Musée, et puis finalement, je n'en ai pas envie. Aujourd'hui mon humeur est au grand air.

Je me décide donc à visiter le fameux Bluff Hill Domain, d'où on peut voir tout Napier. Pour y accéder, il faut se taper un dénivelé du diable ; je comprends mieux pourquoi tout le monde se déplace en voiture.
 
 
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Bluff Hill est vraisemblablement le quartier chic, je ne passe que devant des maisons magnifiques. Partout flotte un parfum de muguet et de fleurs diverses, car chaque jardinet déborde de plantations florales. L'entrée du parc est nichée entre deux maisons, je la manque presque tellement elle est discrète. Un large sentier s'enfonce vers un petit bois avec des arbres immenses, avant de se transformer en escalier grimpant jusqu'au sommet de la colline.
 
 
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Je suis toujours toute seule, et c'est à se demander où sont passés les autres touristes, comme par exemple la meute d'allemands qui dort dans la même auberge que moi. Le point de vue est à plus de cent mètres au-dessus du niveau de la mer, et le dénivelé est violent, ainsi c'est complètement harassée que je me vautre sur le premier banc venu. Effectivement, c'est joli vu d'ici, même si ça doit être encore plus magnifique sous le soleil. Je m'amuse à observer le ballet des machines et des hommes sur le dock pendant quelques minutes ; vu d'en haut, c'est presque hypnotisant.
 
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Le bois dans tous ses états : à l'état brut à gauche, il ressort à droite sous forme de planches identiques. Et au milieu, un gros tas de sciure. La Nouvelle-Zélande a beaucoup de ressources forestières. Cependant, il y a quelques centaines d'années, avant l'arrivée des maoris et des pionniers, 95% du territoire était couvert de forêts. Aujourd'hui, même pas 20%.
 
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(Suite)

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" Non, pas déjà ?! "
 
 
 
Ce qu'il y a de bien avec la marche à pied, c'est qu'on a plus mal aux mollets lorsqu'on s'arrête que lorsqu'on marche. Question de refroidissement des muscles. Et lorsqu'on trouve son rythme, on peut marcher des heures, même si le corps crie sa douleur à travers des courbatures et autres points de côté. C'est pourquoi je me suis remise en route, direction le Botanical Garden, qui se trouve à l'autre bout de la ville.
 
 
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(J'aime bien les escaliers)
  
 
Je redescends gaillardemment l'escalier par un côté qui m'était inconnu, et me retrouve face à une montée vertigineuse. Tant pis, je prends mon courage à deux mains et entreprends la montée. J'enchaîne avec une centaine de marches (rien de mieux pour s'essoufler), et rencontre mon premier chat. Enfin ! C'est un petit gris tout gentil qui me fait des câlins pendant dix minutes, et qui me suit sur quelques dizaines de mètres. Bon, j'ai autant la cote avec les chats kiwis qu'avec les chats français.
 
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Après une énième grimpette, je finis par arriver au Botanical Garden. C'est un grand parc à flanc de colline où on trouve des spécimens d'arbres australiens et néo-zélandais. Une petite pancarte m'informe que le grand machin qui me surplombe est un sequoia. C'est diablement grand, en effet. Il y a des fleurs, des cascades (à sec), des bancs, et des montées. Argh. Je suis sur ma lancée, alors je tente le tour du parc. C'est très agréable, calme, et bien agencé.
 
 
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J'aperçois alors, sur le côté du parc, le cimetière communal. J'ai toujours bien aimé les cimetières, et celui-ci a un charme certain, d'autant plus que le crépuscule approche. La plupart des tombes date de la première moitié du vingtième siècle, mais j'aperçois quelques tombes plus récentes, des années 80 - 90, et même la tombe d'un bébé décédé en mai dernier. Celle-là me rend triste, et je me demande pourquoi il est enterré là alors que visiblement le cimetière n'est plus utilisé depuis des années. En effet, nombreuses sont les tombes décrépites qui s'écroulent sous l'effet des racines, et sur certaines l'inscription est quasiment effacée. Partout la nature reprend ses droits, les feuilles recouvrent le sol et les racines forcent le chemin.
 
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La nuit approche, je commence à avoir sérieusement faim et mes mollets se crispent à chaque pas, alors j'entame le retour vers ma chambre. Me fiant à ma carte, j'emprunte des routes que je ne connais pas, croise un gamin qui me salue et me raconte une histoire à propos d'un jeu où il doit faire sourire un maximum de gens. Je ne comprends pas tout, mais ça n'a pas l'air de l'inquiéter outre mesure et il retourne s'amuser. Plus loin, je me fais interpeller par un mec accoudé à son balcon. Les gens sont décidément bien cordiaux ici... Surtout les mecs envers les filles, bizarrement. Je retrouve enfin le centre-ville, achète mon sandwich et traîne la patte jusqu'à l'auberge. Je pense que je ne vais pas faire long feu ce soir, non plus... Quoiqu'il en soit, Napier est une ville très agréable, où je me verrais bien vivre. J'espère que j'aurai le même ressenti avec Nelson.

jeudi, 15 novembre 2007

Napier, l'océan et moi

Après une soirée tranquille où j'ai retrouvé une vieille habitude, celle de regarder des séries télé (en l'occurrence le pilote de Californication, qui est un régal), je m'endors à une heure correcte (23h). J'émerge pourtant à 4h30 du matin, sans trop comprendre pourquoi, vu qu'il fait encore nuit. J'essaie de me rendormir, et y réussis plus ou moins lorsqu'il est l'heure de se lever. Au programme de la matinée, le départ pour Napier, mais avant, je veux en profiter pour dépenser quelque argent en connexion internet et répondre à mes z'e-mails. A 9h30, le check-out est fait, j'ai presque deux heures avant de prendre mon bus. Je m'attèle donc à mes réponses, et découvre les joies du clavier qwerty. Au bout de quelques minutes, j'arrive à taper assez vite, mais mes doigts sont sournois et tentent souvent des incartades . Du coup, je suis contrainte de faire court, si je veux pouvoir envoyer plusieurs mails. Je papote également sur msn, mais renonce assez vite pour la même raison. Finalement je quitte l'usine à backpackers', et regagne le i-site, d'où mon bus partira. Je profite d'être en avance, et de la présence d'une cabine téléphonique, pour réserver mes deux nuits à Napier. J'opte pour un backpackers' vraisemblablement familial (les usines c'est pas top) et qui propose le free internet (diantre fichtre). Je m'impressionne d'ailleurs moi-même, en deux minutes l'affaire est emballée, je n'ai pas eu à répéter deux fois mes phrases pour espérer me faire comprendre, et je comprends ce que dit mon interlocuteur. En un mot, le test du téléphone est réussi. Au passage, le manager m'appelle "darling", et j'en suis toute émotionnée. C'est vrai quoi, j'ai eu l'impression d'être dans un film anglais.

Après une bonne demi-heure d'attente, mon bus démarre. Je constate qu'effectivement mon anglais progresse, parce que maintenant je n'ai plus de problèmes pour comprendre les baragouinements des chauffeurs dans le micro. Ô joie. Et c'est tant mieux, parce que celui d'aujourd'hui a raté sa vocation de guide touristique, et passe son temps à nous commenter le paysage. Je maudis d'ailleurs la saleté des vitres, parce que les paysages sont absolument somptueux : un enchaînement de collines boisées, avec par-ci par-là une rivière, et une maison tous les cinq kilomètres. Nous arrivons à Taupo, petite ville près du Tongariro National Park, où je n'ai malheureusement pas le temps de m'arrêter. Après une petite demi-heure de pause où j'en profite pour visiter les rues avoisinantes (la ville n'est pas géniale), nous repartons. Même que le chauffeur me reconnaît, et je n'ai même pas à dire mon nom comme les autres passagers pour être autorisée à monter. La suite du voyage est identique, des forêts immenses, des collines toutes rondes, beaucoup de virages, des rivières sans doute gavées de poissons, et des moutons. Partout. Lorsque la forêt s'éclaircit, c'est pour laisser la place à des milliers de moutons disséminés sur des centaines d'hectares de collines. J'entr'aperçois aussi quelques vaches et chevaux, mais le mouton est omniprésent. Des constellations de petites taches beiges broutant hardiment l'herbe d'un vert uniforme. A part ça, le paysage est très similaire à celui du Québec : de grands espaces, des lacs, des petits motels-bars éparpillés en bord de route.

Enfin Napier se profile, et la forêt s'efface devant l'océan Pacifique. Nous passons devant le port, assez loin du centre-ville donc je ne sais pas si je pourrais y aller, et arrivons à la gare. Napier est de même taille que Rotorua, avec à peu près le même nombre d'habitants, pourtant je m'y sens tout de suite mieux. Sans doute la proximité de la mer. Il se dégage de la ville une impression de simplicité (ce n'est pas péjoratif), et j'ai l'impression d'arriver pour la première fois dans la vraie Nouvelle-Zélande. Pas la capitale économique, pas le truc à touristes, mais une petite ville normale. Les gens sourient et ont le contact facile, peut-être plus qu'à Rotorua où ils doivent quand même en avoir ras-le-cul des touristes. Je mets un quart d'heure pour rejoindre mon backpackers', et j'ai excessivement bien choisi, le lieu est charmant. Je tourne un peu pour trouver le manager, qui fait sa vie dans la maison, on se débarrasse rapidement du check-in, et il porte galamment mon bagage (et il est lourd) jusqu'à la chambre, qui est carrément jolie. Et je m'en tire pour moins cher qu'à Auckland et Rotorua. C'est cosy, rénové récemment, bien décoré, et j'adore le concept "mini-véranda" avec les fenêtres qui occupent une bonne moitié de la pièce.
 
 
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La vue depuis ma chambre. 
 
 

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