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vendredi, 19 octobre 2007

Et pourtant.

 

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Sacrifier. Sacrifier ses rêves, ses ambitions, ses désirs peut-être. Se sacrifier soi-même, en acceptant ceux qui ne nous méritent pas. Faire taire les regrets, les remords et les espoirs mal étouffés. Souffrir de n'avoir plus vingt ans, mais se dire que le bonheur n'est pas un synonyme de la perfection. Se persuader qu'il s'améliorera, et que, malgré tout, il est gentil et prévenant. Ne pas penser aux embûches dont il peine à se débarrasser. Il fait des promesses et des mots d'amour, alors ça ne peut pas être un mauvais homme.

Et pourtant.

Est-ce bien la peine d'avoir franchi victorieusement plus de quarante années d'existence pour se retrouver dans les bras de quelqu'un que l'on n'arrive pas à aimer vraiment ? Est-ce la lucidité, cadeau des années, ou est-ce la méfiance, résultant des trahisons passées, qui souligne les défauts de l'autre ? Mais pourquoi, alors, se contenter de peu et ne pas tenter une nouvelle fois sa chance, ailleurs ? Par peur de la solitude, de vieillir seule ? Parce que, de toute manière, on n'y croit plus vraiment, et qu'il vaut mieux se distraire ? Parce qu'il est plus facile de cacher son mal-être quand on est en couple ? Peut-être, après tout, car on suppose toujours, consciemment ou non, qu'une femme maquée est toujours plus heureuse qu'une célibataire, et elle sourit parce que la Société lui fout la paix. 

Et pourtant, j'observe, et je me demande. Est-ce que la tranquillité d'esprit et un semblant de souffle justifient de renoncer à vivre vraiment ?

Je me demande, mais je ne dis rien.  

mercredi, 17 octobre 2007

Je pompe, donc je suis !

Instant nostalgie !

A l'occasion d'un petit délire entre amis, je ressors de derrière les fagots un monument de la télévision française, du culte de chez culte, le summum de l'absurde en trois traits de crayon, j'ai nommé : les Shadocks.  

Parce que c'est du bon, je vous remémore certains de leurs proverbes passés dans le vocabulaire commun :

- Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? (Devise que j'ai fait mienne)

- Je pompe, donc je suis.

- Pour qu'il y ait le moins de mécontents possible, il faut toujours taper sur les mêmes. (Notre omniprésident - copyright "Le Canard Enchaîné" - préféré serait-il un shadock dans l'âme ?!) 

- Quand on ne sait pas où on va, il faut y aller, et le plus vite possible.

- Il vaut mieux pomper d'arrache-pied même s'il ne se passe rien, que de risquer qu'il ne se passe quelque chose de pire si on ne pompe pas.

Etc. 


 
 
 
 
 
 
 
 
J'aime. 
 
Et pour les aigris, un petit lien pour vous défouler à moindre frais. 

mardi, 16 octobre 2007

Le poupon, instrument d'éducation ?

(J'avais écrit cette note, mais une fausse manip', à savoir un défaut de connexion à HautetFort, m'a fait tout perdre... rhââ la technologie ! )

 

Ce week-end, j'ai eu l'insigne honneur de recevoir ma famille maternelle. Pour vous planter le décor : mes grands-parents étaient là, ainsi que mon oncle, sa femme et leur petite fille de trois ans et demi, sans oublier deux caniches absolument infects qui ont passés leur temps à aboyer dans le vide et à pisser partout pour couvrir l'odeur de mon pauvre chat.

A un moment, ma mère s'en va fouiller dans les tréfonds de l'appart', et ressurgit avec un petit berceau et le poupon qui va avec, tous deux des cadeaux que l'on m'avait fait autrefois.

- Regardez ce que j'ai trouvé pour la petite !

- Ooooh !

Oui, tout le monde s'extasie, surtout quand la petite semble ravie par ce nouveau jouet, et fait le tour du salon avec son roadster de futur maman. Et soudain, c'est le drame, lorsque mon oncle, ma grand-mère ou ma mère (en tout cas les trois étaient d'accord) s'exclame à mon intention, avec un air de reproche :

- Au moins, elle, elle s'amuse avec ! Ca lui plaît ! Toi tu n'as jamais voulu jouer avec !

 J'en suis restée coite.

 

Mais merde, quoi.  Un petit garçon qui joue aux petites voitures ou à la guerre, c'est bien, mais s'il joue avec les petits Poneys de sa soeur, alors c'est un futur homo ? Et une petite fille qui préfère les Lego et les circuits de voiture aux poupons à l'odeur envahissante de plastique bon marché, c'est une future lesbienne ou pire, une potentielle féministe aigrie ? 

On fait de grands discours sur l'éducation de nos enfants, comme quoi la pédagogie est reine, qu'il faut être à l'écoute des désirs et des besoins de nos enfants, mais en réalité, aujourd'hui le clivage traditionnel entre les femmes et les hommes n'est jamais aussi vivace que dans notre manière d'éduquer nos gosses. A croire que la plupart des parents sont persuadés que leur petit garçon ne sera un homme viril, un mâle alpha, qu'à la condition d'avoir craché sur les poupées Barbie dans son enfance. Et une petite fille qui refuse de singer la mère au foyer parfaite (parce que c'est bel et bien l'image que nous renvoie l'assortiment de dinettes, d'aspirateurs et de berceaux qui pullule dans les catalogues de Noël), préfigure t-elle forcément dans l'inconscient collectif une mauvaise cuisinière et une mauvaise mère, c'est à dire une mauvaise femme ?

Loin de moi l'idée de critiquer l'éducation de tous les petits garçons qui jouent aux Lego et de toutes les petites filles qui s'éclatent avec leur poupon. Il serait simplement temps d'arrêter de dévaloriser ceux qui, par malchance peut-être, par inadvertance sans doute, ne marchent pas sur les rails à la suite de la locomotive de la tradition. 

lundi, 15 octobre 2007

Aaron Hawks

Aujourd'hui, j'ai envie de vous faire partager une découverte que j'ai faite ce week-end, à savoir le travail photographique d'Aaron Hawks. Je ne vais pas m'étendre sur la biographie de ce brave homme, son site web est très bien fait et il n'est pas nécessaire que je paraphrase inutilement. 

Son univers photographique est très particulier. S'y mélangent érotisme et humanité, dans une atmosphère sombre, destructurée, voire carrément flippante. Certains lieux ont des airs de décor de (bon) film d'horreur :

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Les deux dernières images, surtout la seconde d'ailleurs, me font très fortement penser à Silent Hill. Cette ambiance glauque et froide, où suintent le sentiment d'abandon et de décrépissement... Esthétique et désagréable à la fois. Dans la photo suivante, c'est toute la symbolique de "Psychose" qui nous revient en mémoire :
 
 
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Aaron Hawks pousse parfois le glauque à son extrême (bon sang, mon accent circonflexe ne marche quasiment plus - désolée pour l'interruption, mais il fallait que je m'exprime sur cette injustice profonde que mon ordinateur m'inflige). Je disais, donc, qu'A.H. va à certains moments très loin. Jugez-en vous-mêmes : 
 
 
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Je n'arrive pas à déterminer si j'aime ou pas cette photo. J'aime le nuancier de couleurs, j'aime l'atmosphère glauque parfaitement restituée, j'aime le fait que chaque détail anodin (l'échelle, le lavabo, le filet) contribue à créer un ensemble qui provoque l'émotion (qu'elle soit d'admiration devant l'oeil du photographe ou de dégoût). Mais la réduction de la femme à un objet pâle et automatisé (la jeune femme a tout d'une poupée), qui plus est dans une position de soumission totale qui n'a rien à envier aux pires tendances du BDSM... J'avoue que mon féminisme latent a du mal à accepter. Mais l'objectif de l'auteur étant de provoquer, il me semble que c'est réussi.
 
Ensuite, Aaron Hawks joue avec les meubles :
 
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Cette photo me fait furieusement penser à une série que j'ai vu récemment, The Lost Room. Pour ceux qui ne connaitraient pas, il s'agit de l'histoire d'un père qui perd sa fille dans une mystérieuse chambre de motel, une chambre qui n'existe plus depuis des décennies... Les six épisodes sont empreints de mysticisme et de ce glauque esthétique qui caractérise également le travail de Hawks. Celui-ci aime bien jouer avec les créations humaines, en les dotant d'une personnalité propre via une mise en scène déroutante.
 
Mais Hawks fait aussi dans le portrait :
 
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Ce jeune éphèbe a des yeux absolument sublimes... (Fin du mode groupie).
 
 
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Il a fait toute une série autour du jeu des échecs, en noir et blanc, qui est vraiment magnifique. Pour le coup, l'humanité est réellement mise en avant. 
 
En bref, une galerie de photographies qui méritent le coup d'oeil, pour ceux qui aiment les choses un peu déroutantes.
 
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dimanche, 07 octobre 2007

De la difficulté de sourire en toutes circonstances...

André Breton : Le surréalisme est un "automatisme psychique pur, par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale."

Le surréalisme au quotidien, ce sont toutes les scènes drôles, ridicules ou carrément saisissantes qui se révèlent à nous chaque jour, à la faveur d'un échange avec un autre membre de l'espèce humaine, fabuleuse s'il en est (même si parfois l'on doute de la réelle intégrité du patrimoine génétique dudit individu).

 

*****

 

 

-         Bonjour madame, qu’est-ce que je vous sers ?

-         La formule à 2 euros 90, là, c’est quoi ?

-       Hé bien, vous avez droit à un sandwich au jambon blanc ou au saucisson et une canette. Je n’ai plus que des jambon-fromage en vitrine, mais je peux vous faire tout de suite un jambon blanc ou un saucisson si vous voulez.

-         Ah. Je peux avoir un jambon-fromage ?

-         Ah ben, il ne fait pas partie de la formule à 2 euros 90.

-        Ah. Je vais prendre un sandwich au jambon blanc avec une canette de coca, alors. Et vous pouvez me le chauffer un peu ? C’est pour la petite vous comprenez.

-         [soupir] Bien sûr…. Un petit tour par la machine à panini, et voilà.

 

[Une minute plus tard, le sandwich est chaud.]

 

-         Vous n’avez pas mis de fromage dedans ?!

-        

-         Je veux du fromage dedans !

-         Ca va vous coûter 50 cents de plus, vous savez.

-         C’est pas grave, je veux du fromage, je vous l’ai dit !

-         Très bien… Donnez-moi le sandwich, je vais rajouter de l’emmental… [c’est pas comme si tu m’avais fait perdre dix minutes pour 2 euros 90 alors qu’en plus j’avais un sandwich jambon-fromage tout prêt dans ma vitrine…]

 

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