lundi, 15 octobre 2007

Aaron Hawks

Aujourd'hui, j'ai envie de vous faire partager une découverte que j'ai faite ce week-end, à savoir le travail photographique d'Aaron Hawks. Je ne vais pas m'étendre sur la biographie de ce brave homme, son site web est très bien fait et il n'est pas nécessaire que je paraphrase inutilement. 

Son univers photographique est très particulier. S'y mélangent érotisme et humanité, dans une atmosphère sombre, destructurée, voire carrément flippante. Certains lieux ont des airs de décor de (bon) film d'horreur :

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Les deux dernières images, surtout la seconde d'ailleurs, me font très fortement penser à Silent Hill. Cette ambiance glauque et froide, où suintent le sentiment d'abandon et de décrépissement... Esthétique et désagréable à la fois. Dans la photo suivante, c'est toute la symbolique de "Psychose" qui nous revient en mémoire :
 
 
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Aaron Hawks pousse parfois le glauque à son extrême (bon sang, mon accent circonflexe ne marche quasiment plus - désolée pour l'interruption, mais il fallait que je m'exprime sur cette injustice profonde que mon ordinateur m'inflige). Je disais, donc, qu'A.H. va à certains moments très loin. Jugez-en vous-mêmes : 
 
 
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Je n'arrive pas à déterminer si j'aime ou pas cette photo. J'aime le nuancier de couleurs, j'aime l'atmosphère glauque parfaitement restituée, j'aime le fait que chaque détail anodin (l'échelle, le lavabo, le filet) contribue à créer un ensemble qui provoque l'émotion (qu'elle soit d'admiration devant l'oeil du photographe ou de dégoût). Mais la réduction de la femme à un objet pâle et automatisé (la jeune femme a tout d'une poupée), qui plus est dans une position de soumission totale qui n'a rien à envier aux pires tendances du BDSM... J'avoue que mon féminisme latent a du mal à accepter. Mais l'objectif de l'auteur étant de provoquer, il me semble que c'est réussi.
 
Ensuite, Aaron Hawks joue avec les meubles :
 
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Cette photo me fait furieusement penser à une série que j'ai vu récemment, The Lost Room. Pour ceux qui ne connaitraient pas, il s'agit de l'histoire d'un père qui perd sa fille dans une mystérieuse chambre de motel, une chambre qui n'existe plus depuis des décennies... Les six épisodes sont empreints de mysticisme et de ce glauque esthétique qui caractérise également le travail de Hawks. Celui-ci aime bien jouer avec les créations humaines, en les dotant d'une personnalité propre via une mise en scène déroutante.
 
Mais Hawks fait aussi dans le portrait :
 
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Ce jeune éphèbe a des yeux absolument sublimes... (Fin du mode groupie).
 
 
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Il a fait toute une série autour du jeu des échecs, en noir et blanc, qui est vraiment magnifique. Pour le coup, l'humanité est réellement mise en avant. 
 
En bref, une galerie de photographies qui méritent le coup d'oeil, pour ceux qui aiment les choses un peu déroutantes.
 
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Commentaires

Bonjour!

Merci de nous faire découvrir cet artiste ! Je serais curieux de voir ses courts-métrages ( en ligne prochainement ). L'univers me fait penser à certaines scènes du jeu vidéo " Resident Evil".
En revanche , j'aurais mis la photo de cette femme coincée entre des piles de livres, elle tiens une plante dessechée entre ses mains. Elle aurait pu illustrer votre " féminisme latent " ... En effet, elle illustre à merveille la femme-objet, la femme-meuble !

Puis-je vous mettre dans mes liens?

Anus Dei.

Ecrit par : AnusDei | mardi, 16 octobre 2007

Hé bien, je ne peux pas refuser une si aimable demande, et j'en suis très flattée par ailleurs.

En ce qui concerne la photo, c'est l'une des (nombreuses) images que j'ai hésité à publier, mais je ne souhaitais pas étaler l'oeuvre exhaustive de Hawks, mais simplement donner un avant-goût pour donner envie à mes lecteurs (et je suis contente d'y être un peu parvenue). Et puis, esthétiquement parlant, ce n'est pas ma préférée. Je trouve notamment très maladroit de sa part d'avoir laissé traîner la lampe, seule source de lumière, à moitié devant le visage du modèle.

A bientôt ici-bas ou en vos terres (je découvre votre blog, à petits pas attentifs).

Ecrit par : Nim' | mardi, 16 octobre 2007

j'aime beaucoup, je regarde mais ces photos me mettent pas très à l'aise. J'aime les décors, les couleurs mais c'est dérangeant. Ces femmes avec des cicatrices, certaines positions...
C'est comme les films d'horreur, on a peur mais on continue de regarder.
répulsion, attirance. Je serais cuieuse de voir ses court-métrage.

Ecrit par : joanna | mardi, 16 octobre 2007

C'est moi qui suis flatté ! Merci!

Je n'avais pas vu la lampe devant le visage. Vous avez l'oeil.
Etant plus sensible aux atmosphères et ambiances qu'aux détails, cela ne me dérange pas outre mesure. Par ailleurs, les imperfections ont pour moi beaucoup de valeurs. Dans une société ou tout se veux édulcoré, surfait et aseptisé, il me semble de bon ton de mettre en avant les défauts comme miroirs des imperfections humaines.
En ce qui concerne le côté « dérangeant » de son œuvre, je n’ai pas trouvé ça particulièrement choquant. C’est en retournant voir le site que j’y ai trouvé quelques photos un peu chocs ! Dans la section « nudes », il y a effectivement des photos qui heurtent. Mais j’y plonge mon regard avec plaisir. L’effet répulsion dont parle Joanna ne dure guère longtemps chez moi !
Vous avez su diriger notre regard sur Aaron Hawks avec talent, n’en doutez pas ! Et vous êtes la bienvenue sur mon blog qui se veut plutôt être un terrain d’expérimentations, d’intuitions et d’imperfections surtout…

Anus Dei

Ecrit par : AnusDei | mardi, 16 octobre 2007

> Joanna : Bienvenue par ici !
Il est vrai que le portfolio de cet artiste constitue un curieux mélange. J'espère également que ses courts métrages seront rapidement disponibles. S'ils sont de la même trempe que ses photos, ça devrait valoir le coup d'oeil.

> Anus Dei : A vrai dire, les imperfections ne me heurtent pas non plus, en règle générale, mais il se trouve qu'esthétiquement parlant cette photo-là ne me "touche" pas autant que les autres, alors il m'est assez facile de la critiquer. Surtout que j'ai l'impression, après avoir visionné le site en son entier ou presque, qu'Aaron Hawks se préoccupe du moindre détail. Je suis quasiment persuadée que le désordre que l'on peut voir sur certaines photos est savamment orchestré. Alors, forcément, cette lampe qui occulte un visage, ça me saute aux yeux. Mais il est très possible aussi que le photographe ait sciemment laissé cette imperfection, pour couper un peu l'effet "contrôle absolu".

Je n'ai publié aucune photo de la section "nudes" non pas par répulsion (au contraire, le glauque me fascine, de même que cette fascination que je ressens - que l'humain ressent - face à ce qui devrait nous dégoûter, m'intrigue énormément), mais plutôt parce que ce ne sont pas les meilleures photos de Hawks, selon moi. Je préfère quand il joue avec les ambiances ou quand il s'adonne à des portraits plus conventionnels (comme la série sur les joueurs d'échecs).

Si je peux me permettre une petite question, pourquoi Anus Dei comme pseudonyme (je n'ai trouvé aucune explication sur les quelques billets que j'ai lu jusqu'à maintenant) ?

Ecrit par : Nim' | mardi, 16 octobre 2007

« Simone » (la femme aux livres) ne met pas en branle ma sensibilité. En revanche, c’est le sens que cette photo me semble véhiculer qui me touche. Et votre féminisme latent ne devrait pas y être insensible ! Une femme-vase, une femme-bibliothèque, une femme-placard : c’est ce que j’y vois. La femme-objet par excellence. On pourrait aussi l’interpréter comme ceci « les femmes sont des bibliothèques, et donc, d’une grande richesse ». Mais les fleurs pourries qu’elle tient dans ses mains suggèrent la première hypothèse selon moi.

A propos d’imperfections, dans « Molly », le portrait de l’homme est à moitié visible. Pour le coup, je trouve que cela aurait gagné en richesse si il avait été complètement visible. Mais c’est du détail…

J’ai mis en ligne les nus que j’aime bien ici: http://blog.anusdei.net/post/2007/10/17/Aaron-Hawks
Mot de passe : Aaron.

En ce qui concerne Anus Dei, c’est une longue histoire…C’est aussi une idée que j’avais derrière la tête en créant ce blog. L’Agnus Dei, c’est l’Agneau de Dieu. On peut voir le texte latin (ce qui ne veut pas dire que je connaisse le latin) dans « A propos d’Anus Dei » ainsi qu’un lien vers wikipedia pour ceux qui ne connaissent pas.
Anus Dei, c’est donc l’Anus de Dieu. Et il avait derrière la tête un petit projet provocateur dans le but d’expier les péchés du monde contemporain. Anus Dei, c’est un personnage un peu mégalomane et prétentieux qui détiendrait la paix du monde entre ses mains. J’ai un peu mis l’idée de côté pour le moment, mais qui sait, je le garde sous mon bras. Prenez le comme un jeu de mot pour le moment !

D’un autre côté, ne cherchez pas trop de logique à mon blog. C’est un peu un Work in Progress. J’efface, je réarrange, je crée de nouvelles catégories, j’en élimine…je cherche Anus Dei en quelque sorte.

Au plaisir de vous lire.

Ecrit par : Anus Dei | mercredi, 17 octobre 2007

A vrai dire, je doit être très mauvaise cliente pour la photographie. J'ai toujours du mal à trouver ce qu'une photo a d'exceptionnel par rapport à une autre... :? Du moins dans 90% des cas. Autant les autres arts me touchent, autant celui-ci m'est un peu hermétique. Je verrai toujours plus la prouesse technique et l'esthétique pure plus que le "génie" derrière.

La photo du vieux joueur d'échec est sympathique ; mais vu que par mon métier, j'ai accès à des portraits réalisés à des époques où la photographie avait encore la fraîcheur du témoignage et de l'instant vécu, il me paraît assez banal. Pour l'autre portrait, je ne vois pas trop la différence avec un beau mâle de pub de sous-vêtement.

Les autres photos me font penser à l'escalier de secours au travail, celui dont les murs pèlent et dont les paliers sont couverts de mégots. J'ai toujours eu envie de le photographier, plus pour l'incohérence contextuelle (si peu conforme au reste de la grande administration française entourée d'une aura de luxe feutré où je travaille) qu'en raison de son aspect pur. Mais cet escalier seul serait vide de sens. Ici, ces photos "trash" me font le même effet un peu "déconnecté". Je ne vois pas le sens derrière et le message est si cryptique qu'il en devient inexistant. Je suis même un peu horrifiée à l'idée de ce petit bonhomme touchant cette cuvette immonde sans doute pleine de germes... :P Mais c'est bien ma seule émotion.

Mais je crois que ce qui me hérisse le plus, c'est cette couche de filtres graphiques archi-galvaudés, style "ambiance prête à l'emploi" qui pourrait vaguement rendre une photo de ma baignoire vaguement onirique ;).

Suis-je blasé, élitiste, ou quelque peu dans le vrai ? Photos sympa, soignées (quoique certains déséquilibres sont trop ténus pour avoir l'air volontaires), mais qui ne m'évoquent rien de plus que des centaines d'autres balancées sur le web ou publiées dans les pages de revues d'art numérique que je dévore à l'occasion...

Ecrit par : Flamme | mercredi, 17 octobre 2007

> Anus Dei : Merci pour l'explication de texte. L'objectif initial de votre blog est étrange mais intéressant, je serai curieuse de voir ça quand l'idée sera remise au goût du jour. Mais après tout, un blog n'est pas censé suivre d'autre ordre que celui qui règne dans la tête de son propriétaire...

> Flamme : Je me doutais que tu aurais un peu de mal avec cette note. ;)
Déjà, je vais préciser que la photo de l'éphèbe est un choix purement "groupie". Je ne trouve pas cette photo fantastique, c'est le visage de l'homme qui m'a marquée, et ses yeux ! Un véritable éphèbe. Un modèle idéal pour les publicitaires, effectivement.

Pour le reste, je ne suis pas d'accord avec toi, mais tes arguments sont valables. Je ne peux pas honnêtement les rejeter, mais au final, on pourrait donner tous les arguments que l'on voudrait, il s'agit en dernier lieu d'une question de ressenti. Alors, peut-être as-tu raison, tu t'y connais sans aucun doute mieux que moi en art numérique et en photographies, de par ton métier et tes passions. Mais il n'en reste pas moins que ce genre de photos m'accroche énormément, et m'évoque tout un tas de choses, même dans leur côté "artificiel". ;)

Ecrit par : Nim' | mercredi, 17 octobre 2007

Je me doutais que tu aurais un peu de mal avec cette note. ;)

Diable, est-ce mon côté "vieille râleuse" ou mon côté "geek" qui est en cause ? ;) Peut-être ai-je perdu une capacité d'émerveillement ou peut-être que je n'ai pas/plus la capacité de m'émouvoir quand je dois logiquement l'être...

Je n'ai jamais réussi à apprécier une seule oeuvre de Picasso et de Chagall malgré un matraquage constant de l'école et des medias. La pyramide du Louvre restera toujours une froide et disgracieuse verrue vaguement pisseuse plantée sur une place aseptisée (malgré les rats qui y courent à la nuit tombante... ;)). C'est un peu la même chose pour les oeuvres des artistes qui pratiquent l'anti-conformisme conformiste jusqu'au dégoût... (je ne trouve pas de mot plus faible, pourtant j'ai cherché...)

Je suis bien plus émue par l'amateur qui photographie une rose en contre-jour pour saisir la transparence d'un pétale, parce qu'il veut partager son regard, pas manipuler le regard de l'autre...

Je pense que je dois être à jamais perdue socialement, privée d'un terrain d'échange et de compréhension basé sur un langage que je ne peux pas, que je ne sais pas pratiquer… Désolée ! ;)

Ecrit par : Flamme | mardi, 23 octobre 2007

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